Je commence mon édito par des remerciements francs et sincères à la rédactrice en chef de Boulevard Voltaire, Gabrielle Cluzel, qui, lorsque je lui ai annoncé mon choix de partir à Beaumont-sur-Oise pour la manifestation en soutien à , m’a recommandé de faire attention à moi, au regard du contexte actuel et de mes prises de position assumées.

Je ne suis généralement pas un fanatique des marches, manifestations et autres mouvements sociétaux, mais la curiosité m’a poussé à me rendre à cette manifestation afin d’y recueillir in situ les avis, les réactions et les attentes.

Ainsi, au-delà de la convergence de lutte entre les écolos et le comité La Vérité pour Adama Traoré, au-delà de la présence habituelle des professionnels de la contestation, au-delà des postures des uns et des autres, force est de reconnaître que la manifestation a mobilisé un nombre important de participants.

Une fois qu’on a dit ça, on peut parler de ce qui fâche.

Tout le monde déplore la mort d’Adama Traoré et tout le monde espère que les conditions de son décès seront clarifiées. Mais pourquoi cette insistance à mettre en accusation des forces de l’ordre qui ont fait leur travail en présence d’un fugitif ?

Pourquoi cette insistance à affirmer qu’Adama Traoré a été tué (par les forces de l’ordre) parce que NOIR ?

Pourquoi cette insistance à accuser la France de racisme ?

Il y a un slogan qui a fait florès et qui risque de devenir le nouveau cri de ralliement des personnes présentes à la manifestation, c’est « On ne fait plus confiance à la justice française ».

Comment peut-elle très sérieusement tenir ces propos alors qu’elle enchaîne à tour de bras les procédures auprès de la Justice contre tout ce qui ne va pas dans son sens ?

Les manifestants défilant fièrement derrière ce panneau ne peuvent pas remettre en question l’une des institutions de notre démocratie, sachant que la Justice est garante de l’équilibre des pouvoirs.

Une chose est de ne point se satisfaire d’une décision judiciaire et une autre est de contester cette institution.

Finalement, pour ces manifestants, il faut que la justice soit rendue en leur faveur. Toute décision contraire sera contestée, ce qui porte atteinte aux préceptes philosophiques s’appuyant sur le fait que la justice doit permettre d’établir une égalité véritable et anonyme qui ne tienne pas compte des situations des individus.

Dans le livre 1 de La République de Platon, Socrate s’attarde sur la définition, selon Polémarque, de ce que serait la justice : « Faire du bien à ses amis et causer des dommages à ses ennemis. » C’est bien vers cette conception que veut nous faire tendre Assa Traoré. Ce qui est dommage pour le combat qu’elle mène afin que la vérité soit faite sur les conditions du décès de son frère.

Que les partisans d’Adama Traoré fassent confiance à la Justice, qu’ils soient rassurés, la France, leur pays, n’est absolument pas raciste, elle donne les mêmes chances à tout le monde et chaque citoyen est traité au même niveau que l’autre par toutes les strates de l’institution judiciaire.

Je vais conclure mon édito par un vœu pieux : Mme Assa Traoré, faites confiance à la Justice française et laissez-la travailler sereinement.

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