Monsieur le Président,
Cher Monsieur

Vous me pardonnerez tout d’abord ce qualificatif qui pourrait laisser supposer quelque lien d’affection de vous à moi. Il n’en est rien et si je vous dis cher, n’y voyez de ma part aucune familiarité ; c’est seulement eu égard à votre générosité si dispendieuse qu’elle me laisse entrevoir un avenir de douleur. Pour moi, pour mes proches, mes enfants qui me sont chers et mes petits-enfants tout autant. Chers de cœur, j’entends.

Je vous le dis d’emblée : je ne vois pas, en effet, comment vous pourrez financer tous ces milliards que vous jetez au vent mauvais, sinon en ponctionnant jusqu’à l’os nos maigres économies et nos pauvres retraites.

Je vous le dis d’emblée, aussi, cessez de vouloir plaire à tout le monde en général et à chacun en particulier. Vous n’y gagnez pas l’estime de ceux qui, quoi que vous fassiez, vous haïssent, et vous perdez chaque jour un peu plus celle des braves gens qui vous ont porté au pouvoir.

J’ai voté pour vous après avoir cru, naïve que je suis, à ceux qui se disaient fiers d’être Français. Cru aux réformateurs, aux promoteurs du travail bien fait, de l’étude, de la culture, de l’ordre et de la méritocratie… Hélas, comme disait feu Charles Pasqua, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.

Je me voulais fière d’être Française. Aujourd’hui, j’ai honte de mon pays, et si je voyage, je préfère me dire Belge ou Suisse.

Dans les premiers jours d’avril, le bruit a couru que le FMI, dirigé aujourd’hui par la Bulgare Kristalina Gueorguieva, envisageait de « taxer l’épargne privée » ; précisément confisquer 10 % des économies de tous les particuliers, idée déjà émise en 2013. Puis on a dit bien vite que c’était une infox… mais l’idée revient avec insistance. Et comment pourrait-il en être autrement ?

Je ne suis pas économiste. Je suis seulement une Française très moyenne, coincée dans cette tranche qui est depuis des lustres bonne à payer pour tout et tout le monde. Celle qu’en réalité on désigne à la vindicte sous-populaire parce que se débrouillant de son autosuffisance, n’émargeant pas aux minima sociaux, ayant au fil du temps acquis son logement et évité d’aller quémander sa prise en charge par la collectivité.

Mes semblables – et je vous assure que nous sommes fort nombreux – ne descendent pas dans la rue, ou fort rarement. Ils ne gueulent pas, ne cassent pas. Ils payent leurs impôts car, force est de l’admettre, nous sommes les dernières vaches à lait de nos États faillis.

Notre pays, hélas, n’a pas attendu le Covid-19 pour être malade. Il lui faut des soins intensifs et si rien de drastique n’est entrepris (ce que vous aviez promis et ce pourquoi vous avez été élu !), la réanimation n’y suffira plus. Insensibles à votre chimiothérapie et vos perfusions de milliards, le cancer de la CGT et les métastases des gilets jaunes sont repartis de plus belle. Alors, naïvement là encore, je vais vous faire une suggestion.

Je vous implore, Monsieur le Président, prenez les Français au mot, puisqu’ils prétendent vouloir changer de vie. Faites un programme de retour aux fondamentaux et chiffrez-le. Expliquez clairement ce que signifie la réindustrialisation de la France, le rapatriement des entreprises, le passage à une économie verte. Demandez aux Français s’ils sont prêts à changer leurs modes de consommation, à réformer la fiscalité, à faire le ménage dans les aides publiques et la fonction du même nom ; chiffrez les nationalisations, repensez la Constitution, proposez et… laissez-nous disposer.

Vous prétendez enfiler les habits du général de Gaulle ? Alors prenez le risque du référendum. Mettez réellement les Français face à leurs responsabilités. Qu’ils votent, qu’ils choisissent. Et tirez-en les conséquences.

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