« J’ai mis mes filles dans le privé » : Isabelle Saporta ou le retour au réel

Pour le bien de ses enfants, la journaliste de gauche a préféré mettre ses convictions dans sa poche.
Capture d'écran X
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Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Ainsi pourrait être résumée la morale de l’histoire contée ce mercredi matin, sur RTL. La journaliste Isabelle Saporta a profité de sa chronique matinale pour se pencher sur un sujet qui lui est cher : celui de l’école. En tant que « fervent défenseur du public », « fruit de la méritocratie républicaine », elle n’a pas manqué de rappeler son attachement indéfectible à l’école publique. Quoi de plus normal, pour une femme de gauche ? De manière plus surprenante, elle a aussi livré un véritable plaidoyer en faveur de l’enseignement privé. « En attendant de redresser le public, par pitié, ne cassez pas le privé ! », a-t-elle supplié à l’antenne. Pourquoi une telle inquiétude de la part de la journaliste, par ailleurs compagne du sénateur écologiste Yannick Jadot ? Parce qu’un obscur rapport recommande de sauver l’école publique en fermant des classes dans le privé. Mais aussi pour un autre motif, plus personnel, avoué par l’intéressée elle-même : « Moi aussi, j’ai mis mes filles dans le privé, a ainsi révélé Isabelle Saporta. Oui, mais voilà : on a des convictions, et puis un jour, on a des enfants, et là, on veut le meilleur pour eux »...

Un bon point pour l’honnêteté. La journaliste a au moins le courage d’avouer une incohérence très fréquente, à gauche, mais généralement cachée. Cette sincérité appréciable ne suffit cependant pas à éteindre toute lecture critique de son cas.

Une « croyance de luxe » mise à nu

D’apparence anodine, cette petite scène est au contraire très révélatrice. Elle illustre à merveille le concept de « croyances de luxe », ces préceptes humanistes prêchés par la gauche, la main sur le cœur, et qui finissent irrémédiablement par se fracasser sur le mur du réel. Comme le dit Isabelle Saporta, « on a des convictions, et puis un jour… » Et puis un jour, vous voyez l’état de l’école publique, le niveau d’endoctrinement de l’institution, la baisse de niveau des professeurs, la dangerosité de certains enfants scolarisés. Et ce jour-là, vous inscrivez votre enfant dans le privé. C’est le choix qu’ont également fait le socialiste Jérôme Guedj et de très nombreux ministres de l’Éducation, de Luc Chatel à Pap Ndiaye en passant par François Bayrou et Amélie Oudéa-Castéra.

Une autre croyance de luxe très populaire à gauche porte sur l’immigration. Nos élites bien-pensantes jurent leurs grands dieux que le bouleversement démographique que subit actuellement la France est chose merveilleuse. Elles nous invitent au « vivre ensemble », tout en se gardant bien d’en faire elles-mêmes l’expérience, protégées derrière les hautes clôtures de leurs résidences cossues. Il faudrait les croire sur parole et accepter sans broncher les conséquences de leur idéologie, sous peine d’être traité de raciste. C’est exactement ce qu’a fait Isabelle Saporta, le 25 février dernier, sur LCI. Alors qu’un entrepreneur français vivant aux États-Unis rapportait l’inquiétude des investisseurs américains face à l’islamisation de la France, la journaliste l’a immédiatement renvoyé aux « fachos proches de Trump ». « Peut-être qu’ils sont devenus racistes aussi, non, les Américains ? », a-t-elle balayé, méprisante.

Cette croyance de luxe finira cependant, elle aussi, par se fracasser contre le mur de la réalité. Sur le thème de l’immigration comme sur celui de l’école, « on a des convictions, et puis un jour… » On pense que c’est formidable d’accueillir toute la misère du monde, et puis un jour, on se retrouve face à une insécurité endémique, des conflits ethniques incessants et une enclave islamique en bas de chez soi. Et ce jour-là, on ouvre enfin les yeux et on s’adapte. Les mieux lotis déménagent, les autres prennent des cours de self-défense ou croisent les doigts en espérant ne pas se retrouver dans les pages faits divers de la presse locale.

Manifestement, Isabelle Saporta n’a pas encore fait l’expérience de ce magnifique « vivre ensemble ». Tant mieux pour elle. Privilégiée, la journaliste peut encore se payer le luxe de prôner des croyances erronées. Mais le réel finit toujours par nous rattraper.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

82 commentaires

  1. C’est celà l’égalité : les bobos ont les moyens de mettres leurs enfants dans de bonnes écoles privées tandis que les gens modestes doivent ce contenter de l’écolle publique médiocre .
    Ils appelle celà la démocratie .

  2. La sociologie de ces gens est celle de bourgeois de centre villes , ils ne côtoient jamais les gens dont ils seraient censés défendre les intérêts.
    Ni les prolos , ni les immigrés , ni les communautés .
    Et donc , ils en suivent les réflexes de classe , en mettant leurs progénitures dans des écoles qui ne dispensent pas spécialement les préceptes wokistes et inclusifs . Ce qui prouve qu’ils ne se font pas d’illusion sur le degré de crédibilité de leur propre politique ? En gros ce sont de cyniques imposteurs
    De plus , lors de l’affaire concernant Quentin , il est apparu que les antifas et autres agresseurs gauchistes de rue , sont majoritairement issus du même milieu sociologique que ces politiques , y compris que ce sont souvent des fils de politiques de gauche , de magistrats et autres profs gauchistes .
    Ces gens ont engendrés des monstres capables de lyncher un jeune qui aurait le tort de ne pas partager leur vision gauchisante de la société .
    Ils nous donnent l’impression de privilégiés qui se cachent derrières leurs nervis de rues . Vraiment odieux !
    J’ai connu mieux dans mon très jeune temps , des gens de gauche des syndicalistes des communistes qui avaient tout de même des valeurs , et vivaient au milieu des travailleurs dont ils défendaient la cause ,Même si ces gens n’étaient pas la tasse de thé des sympathisant de BV , je témoigne de ce que j’ai pu constater à l’époque ;CHarles Fitermann habitait dans le 13 ème ,dans les années 60 qui a viré vert depuis , Henri Krasucki a vécu à Paris mais dans le vrai Paris populaire , Marchais habitait Champigny et ..

    • Ben ! vous en avez connu du beau monde ! et vous n’avez pas été contaminé ? quelle chance !
      Sinon, si vous pouviez ne plus employer le mot »wokiste », car si vous regardez sa définition exacte
      dans un dictionnaire, vous n’aurez plus envie de l’employer dans un sens péjoratif …

  3. L’hypocrisie de la gauche qui veulent le meilleur pour leurs enfants mais quand ils sont au gouvernement ils sont incapables de prendre des décisions pour améliorer l’enseignement public faisant comme le privé.ces personnes sont toujours dans leurs idéologies Marxiste .

  4. L’école privée est plus sure pour les enfants, les gens de gauche le reconnaissent. Il faut prendre exemple sur ce qui fonctionne dans ces écoles pour réformer l’école publique! Et si les salaires étaient plus corrects et en adéquation avec le niveau d’études exigées, on aurait certainement aussi des profs plus compétents! A la société de savoir si elle veut que ses enfants aient le maximum de chance de s’en sortir et si, comme je l’ai vu souvent (un homme de gauche puissant à Lyon mettait également ses enfants dans le privé!) les gens de gauche préfèrent l’école privée pour leurs enfants, il est vraiment temps de réformer l’école publique.

    • Oui mais dans le privé, on demande des résultats aux profs. Il y a en a qui donnent de leur temps à leurs élèves pour préparer les examens. Je n ai pas vu ça dans le public.

    • Ce n’est pas la compétence des profs qui est en cause. Dans les années 50/60, les écoles
      publiques ou privées étaient de niveau comparable, et ceux qui choisissaient le privé, c’était
      plutôt pour des questions religieuses et il fallait aussi en mettre un peu de sa poche ! De nos
      jours, la différence vient surtout de ce que le publique est obligé de prendre tout le monde
      avec beaucoup d’immigration ce qui, forcément, joue sur le niveau général. Le travail n’est pas
      du tout le même ! Donc, ne critiquons pas trop sans savoir …

  5. Ce qui est frappant, ce sont ces gens qui sont d’un cynisme extrême mais ne s’en aperçoivent pas pour la plupart. On dirait que leur système moral est complètement déréglé.

  6. L’enseignement privé permet également de « meilleures fréquentations  » pour nos enfants. Dans mon cas personnel, dans les années 60, en ne connaissant que le public, je fus étonné à l’époque en constatant le changement brutal du niveau intellectuel de mes camarades quand je suis entré en classe preparatoire.

  7. Rien de nouveau sous le soleil de France . Tous les responsables de quoi que ce soit mais de gauche, mettent déjà tous leurs enfants dans les écoles privées .

  8. Martine Aubry , grande figure de la Gauche bien pensante sort de chez « Ginette » à Versailles……

  9.  » on a des convictions, et puis un jour, on a des enfants, et là, on veut le meilleur pour eux  »
    Tout est résumé !
    Plus je les connais et moins j’aime les gauchistes !

  10. Une honnêteté plutôt rare à gauche mais ira-t-elle au bout lors des prochains votes, j’en doute beaucoup.

    • Vous plaisantez ? Jamais ils ne mettrons le pied dans ce qu’ils ont générés comme chaos , à force d’immigration incontrôlée et incontrôlable ;? Mais moi si je pouvais je leur ferait vivre à Barbès sous la ligne de métro aérienne, à proximité d’un camps de rom , dans une cité de banlieue du 93 . Partout où ces cyniques personnages , nous disent que tout cela est une chance pour la France .
      Mais si ils le faisaient , ils sortiraient tous de là pour s’engager chez Reconquête .Mais ils préfèrent se cacher la vérité et vivre derrière l’illusion de leurs certitudes grotesques et dangereuses , et refaire le monde dans le cocon de leurs petite vie confortable .

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