Insécurité : les femmes de plus en plus attirées par les sports de self-défense

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Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’essayer aux sports de combat, dits « self-défense », pour gagner confiance en elles et apprendre à se défendre face à diverses agressions ponctuelles ou du quotidien : violences, harcèlement sur la voie publique, dans les transports en commun et, plus largement, dans la sphère privée.

Le phénomène d'une pratique de self-défense de plus en plus féminine concerne particulièrement l’Île-de-France.

La mairie de Paris propose, par exemple, des cours de self-défense pour les femmes du 6 juillet 2023 au 30 juin 2024. Elle entend mettre les caractéristiques féminines à leur avantage : sensibilité, intuition, fluidité, spontanéité.

Nous avons interrogé Nicolas, président du Boxing Club de Lagny-sur-Marne dans le 77, où il est aussi professeur de krav-maga : dans son cours, on trouve 30 % de femmes. Un cours de boxe française est aussi assuré avec 50 % de femmes dans le public ainsi que de la boxe de rue. Si, dans le krav-maga, la part des femmes est à peu près constante, dans la boxe française, leur proportion a largement augmenté, puisque les femmes représentaient 20 à 25 % du public, il y a cinq ans.

Nicolas nous explique que les femmes sont souvent harcelées dans la rue, ajoutant que « la pratique de sports de self-défense, et notamment du krav-maga, va leur permettre de maîtriser des techniques pour y faire face, sur le plan physique, et elles vont pouvoir éliminer leur sentiment d’insécurité, à gérer leur émotion, sur le plan psychologique. »

Il reprend : « Pour les hommes, nous savons facilement les raisons de leur venue : apprendre à se défendre, se défouler, alors que chez les femmes, c’est beaucoup plus compliqué. C’est souvent intime et douloureux : il y a des histoires de viol, de maltraitance, de femmes battues. Nous avons eu un cas dont nous avons eu connaissance après quatre ans, lors de son départ. Elle nous a remercié pour tout le travail réalisé, car elle se sentait renforcée physiquement et psychologiquement et que, maintenant, elle n’avait plus peur de son mari. »

« Une autre de mes élèves de 40-45 ans m’a déclaré, un jour, après quatre ans : "J’avais des problèmes dans le métro, mais maintenant, je n’ai plus de problèmes, car mon attitude a changé. Je pense que cela se voit parce que je suis plus agressive", et non plus soumise, avec le sentiment d’être une victime », raconte-t-il.

De jeunes femmes témoignent de leur pratique de krav-maga et de kung-fu auprès de BV

BV est allé à la rencontre d’Emma, étudiante de 20 ans qui pratique aussi le krav-maga. Cette jeune femme souhaitait se remettre au sport et apprendre des techniques de self-défense simples et efficaces. Un ami militaire grand et musclé la met en situation en jouant l’agresseur.

« Je suis un peu plus rassurée, car désormais, je sais quoi faire : plutôt que me débattre ou hurler, j’ai en tête une technique qui permet de parer une agression, si un homme grand et fort m’attrape par-derrière, même si je suis une femme pas très grande et pas très costaud. Pour autant, quelle que soit l’heure du jour, je ne suis pas très rassurée », explique Emma. « Ce sport donne confiance en soi, au-delà du champ de l’agression, car il développe des aptitudes, il permet d’avoir un impact qu’on n’aurait pas soupçonné », conclut-elle.

Laure-Hélène, une jeune femme ceinture noire de kung-fu qui pratique ce sport depuis onze ans, depuis le bac, dans la forme wushu, a également accepté de se livrer auprès de BV. Adhérente au club AFAC, Association française d’art chinois à Paris, depuis ses débuts, elle prépare sa 2e dan. « Il y avait dix femmes, au début ; maintenant, nous sommes quatre. Les femmes sont parties pour des raisons familiales ou pour cause de déménagement. Il y avait des périodes où les femmes étaient plus nombreuses que les hommes. Les femmes avec qui j’évolue qui se sont livrées expliquaient qu’elles souhaitaient se libérer et être moins timides. »

Elle se confie : « Pour ma part, j’étais très stressée par le bac, et c’était même beaucoup plus profond. J’avais besoin de me défouler d’abord, mais de gagner aussi confiance en moi, de m’affirmer et d’apprendre à me défendre. Fascinée par le kung-fu mis en scène dans les films d’action, je me suis naturellement tournée vers cet art martial. Je me suis rendu compte que ce sport m’aiderait à avoir moins peur de certaines personnes de mon entourage qui exerçaient sur moi une domination parce que j’étais une femme, et à leur faire face. »

« En faisant un sport de combat, en adoptant certaines positions, on montre qu’on est fort et qu’on n’a pas peur. C’est ainsi que j’ai pu avancer. C’est la confrontation physique en me battant qui m’a permis de grandir », remarque Laure-Hélène.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 05/04/2024 à 22:37.
Gabriel Decroix
Gabriel Decroix
Étudiant journaliste

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Cela ne sert à rien si la surprise est là et qu’ils sont, comme d’habitude, plusieurs à vous tomber dessus.
    Ce qu’il faut, ce n’est pas apprendre un sport de combat mais changer de régime, changer d’État ! Un vrai gouvernement avec tolérance zéro et hop, retour en 1970 où les gamins pouvaient aller à la bliblio sans risques, les jeunes filles sortir en mini jupes etc…

  2. Ma petite-fille Julia, a un oncle qui a servi dans les US-Marines. Cela lui permis de suivre des cours de  » Self-Defence « . Et aussi de passer son brevet de pilote d’hélicoptère.

  3. Et elles ont bien raison ! De cette manière elles peuvent se défendre en cas d’agression ! Il y en mare que les femmes se fassent agresser par les matchos qui ne considèrent pas la femme, comme leurs égales ! Il y en a assez des Féminicides ! Hervé de Néoules !

  4. Dans ces sports d’auto-défense, il y a maintenant autant de femmes que d’hommes ( environ ). Le seul « problème » est que , dans la rue, la « défense » _ légitime_ doit être proportionnée à l’attaque. Comment préjuger de la dangerosité et de l’intention d’un agresseur ?

  5. En France, pays des droits de l’homme et des libertés, ce qui est scandaleux, c’est que les populations autochtones et en particulier les femmes, soient obligées de se protéger contre les agressions sexuelles ou crapuleuses, venues essentiellement d’immigrés islamistes, que l’état ne sanctionne pas, alors que c’est son rôle. Français réveillons nous, virons tous ces pourris politicards et judiciaires, qui nous asservissent tous les jours un peu plus. Aux échéances de juin prochain et 2027, il va falloir faire en sorte que ça change, ou alors faudra pas se plaindre.

  6. Ce sont les français qui devraient être plus courageux, se faire craindre et respecter, défendre leur femme et tous les français devraient lutter contre l islamisatio de leur pays

  7. Mesure dérisoire face à une meute haineuse qui frappe à terre jusqu a ce que mort s en suive, les européenses sont pour eux des putes , de la viande.. du consommable dont ils peuvent profiter , s ils sont 10 , la faute est partagée en 10 et ils s en sorte avec une peine minimale, et derrière ils vont menacer la victime pour qu elle se rétracte. Elle devient dès lors provocante et consentante

  8. L’auto défense devrait être enseigné à l’école très tôt surtout par les temps qui courent . J’encourages toutes les femmes à suivre des cours parce que dans ce pays le taux de violence augmente considérablement à l’égard des femmes , pas un jour , pas un endroit ou l’on est à l’abri dans ce pays .

    • Malheureusement, pour neuf personnes sur dix, le niveau de ces cours de self défense, ne seront pas au niveau des agresseurs, qui bien souvent « chassent » en meute, ça donne seulement un « sentiment » de sécurité. C’est à l’état que revient la mission de protéger sa population et c’est à la population de voter pour de gens qui les défendront vraiment, donc acte, aux urnes citoyens.

  9. Cela ne date pas que de « quelques années » que les femmes sont attirées par apprendre à se défendre ! … Sauf que « Savoir se défendre » ne s’apprend pas en quelques semaines ou quelques mois ! … Sans vouloir me vanter, je suis « haut gradé » et en même temps, pour avoir fait mon « temps militaire » comme instructeur de « Close combat », j’ai vu beaucoup de personnes qui perdaient leurs moyens dès qu’ils étaient saisis à la gorge ! … Les agressions génèrent des réactions qui sont tellement variables que n’importe quel quidam ne peut pas se dire en toute quiétude qu’il sait se défendre face à n’importe quelle agression ! …

    Il pourrait être dit qu’il faut « connaître » 10 gestes « réflexes » d’auto défense, avoir des notions de biomécanique et d’anatomie, connaître des gestes de « premier secours » … Et pourquoi pas insérer ce genre de connaissance dans le cursus « civique » des collégiens ? ! … EN lieu et place des « initiations au « genre » ! …

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