, celle qui est à l’origine du mouvement des gilets jaunes, se déclare candidate à la . Elle s’explique au micro de Boulevard Voltaire : c’est l’interview du Président Macron au média Brut qui l’a décidée à se déclarer plus tôt que prévu

Que vous fait-il dire que la France est en état d’agonie ?

La France n’allait déjà pas bien en 2018. À ce moment-là, tous les pans de la société ont commencé à s’effondrer. Aujourd’hui, on est en train de maintenir artificiellement la France. Toutes les aides maintiennent tant bien que mal le tissu, mais en 2021, lorsque tout cela va s’arrêter, tout le monde aura la gueule de bois.

Votre politique est issue des gilets jaunes. Ces mêmes gilets jaunes avaient essayé de se constituer en liste pour les européennes de 2018 avec le succès qu’on leur a connu… Qu’est-ce qui vous fait dire que, dans le cadre d’une élection présidentielle, le message que vous portez pourrait trouver davantage d’écho que celui des européennes ?

Il ne vous a pas échappé que je me suis détachée du mouvement des gilets jaunes parce qu’il était devenu violent. Tout ce qui s’est passé après les événements de l’Arc de Triomphe, je les ai dénoncés. Je ne suis donc pas du tout sur cette ligne politique. Je ne me suis pas présentée aux élections européennes. J’estimais qu’il fallait être préparé, avoir de l’argent et avoir un programme. Ma ligne a pour but de redonner à la France du bon sens. C’est ce qui pèche depuis plus de quarante ans. Toutes les décisions qui ont été prises n’ont été prises que par manœuvre électoraliste. On caresse les gens dans le sens du poil et on se fout de ce qui se passe dans les territoires. Aujourd’hui, on est dans le summum de l’exacerbation de la décision parisienne. Les technocrates parisiens et le gouvernement ne sortent jamais de leur bureau pour aller voir ce qui se passe dans les territoires. Aujourd’hui, tous les Français sont en train de pâtir de cette politique.

Ce que vous dénoncez, on peut l’entendre chez beaucoup d’opposants à Emmanuel Macron. En quoi votre candidature va-t-elle porter une voix que l’on peut peut-être trouver chez d’autres leaders politiques de l’opposition ?

La différence, c’est que moi, je fais partie des gens ordinaires. Avec les décisions, j’ai perdu 70 % de mes revenus. Je comprends ce que subissent actuellement tous les restaurateurs, les artistes et tous les autres. Tous les gens dans les stations de ski vont perdre leur travail. À , tout le monde s’en fout. Moi, je sais, puisque je fais partie de ces gens-là.

Du spectre politique de Marine Le Pen à M. Mélenchon, y a-t-il des gens qui font réellement partie du peuple ?

Vous avez déclaré que vous vouliez attendre le mois de janvier pour annoncer votre candidature, mais après l’interview d’Emmanuel Macron, vous avez décidé d’avancer cette annonce. En quoi l’interview d’Emmanuel Macron a suscité en vous une candidature plus rapide que ce que vous aviez prévu ?

Lorsque j’ai entendu les propos du Président Macron, qui normalement doit être le Président de tous les Français, on a bien compris que le candidat a été plus fort que le Président.

On avait un candidat Macron en qui caressait dans le sens du poil les personnes qui lui posaient des questions. Il dit aux gens ce qu’ils veulent entendre. Pour moi, la campagne est lancée. Il a eu des propos totalement inacceptables.

Si j’ai bien compris, vous voulez être la candidate des artisans, des petits commerçants et des laissés-pour-compte de la « mondialisation heureuse ».

Je me propose d’être la candidate de la majorité silencieuse, de toutes ces personnes dont tout le monde se moque. On dirait qu’en France, il n’y a que Paris qui existe. J’adore Paris, mais Paris est la capitale de la France. Il y a des territoires partout et des gens y habitent. Ils ont le droit au même traitement que les Parisiens. Il n’y a pas de raison. On est tous des citoyens français, on a tous le droit au même traitement et, aujourd’hui, ce n’est pas le cas !

Y a-t-il une fracture entre Paris et la province ?

Bien sûr. Combien les technocrates ont-ils perdu ? Les petits entrepreneurs sont en train de tout perdre !

8 décembre 2020

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