« Providentiel » : qui arrive opportunément par un heureux hasard ou par la main de Dieu. Attention, pour les prochaines élections présidentielles, nous avons peut-être l’homme providentiel, mais chut ! Ne le désignons surtout pas aujourd’hui ! Certains bien connus se feraient un malin plaisir de le détruire.

Qui n’a pas été marqué, à l’école ou dans les livres, par un ou plusieurs personnages héroïques de l’Histoire ? Et surtout par ceux qui ont sauvé notre pays dans ses crises les plus graves ou contre les agressions de l’extérieur et de l’intérieur. En observant le mauvais état de la France aujourd’hui, qui ne rêve pas de l’homme providentiel ?

Cincinnatus en est l’exemple parfait. Homme politique romain du Ve siècle avant J.-C., il est considéré comme un des héros du premier siècle de la République qu’il a sauvée deux fois. Et comme un modèle de vertu et d’humilité.

Vers 509 avant notre ère, la noblesse romaine se soulève contre le dernier roi de Rome, le tyran Tarquin le Superbe. Elle instaure une république aristocratique calquée sur le modèle grec. Le roi et sa cour autoritaire sont remplacés par des magistrats élus : des préteurs, puis des consuls. Malgré quelques périodes chaotiques, ce régime durera cinq siècles. Jusqu’à la prise du pouvoir par Jules César.

En attendant, la jeune république a prévu de faire face aux pires situations. Rome est justement en butte aux attaques de minorités et aux pratiques démagogiques des élus du peuple. Elle est au bord de la guerre civile et de l’anarchie. Or, en cas de troubles majeurs, le romain peut faire nommer un « dictateur extraordinaire », tenu par un cadre et des règles précises (je cite) : il est choisi parmi les anciens consuls, et pour une durée maximale de six mois. Il reçoit les pleins pouvoirs, les autres magistrats sont alors suspendus, y compris les tribuns de la plèbe, c’est-à-dire les élus du peuple.

L’ancien consul Lucius Quinctius Cincinnatus est une sorte de gentleman-farmer qui jouit depuis toujours d’une séduction innée et d’un prestige naturel. Il possède le talent de dompter les caractères les plus retors et de dominer son entourage par la seule force persuasive de sa présence.

Or, l’équivalent de nos ou de l’extrême gauche vient de prendre le Capitole par surprise. Pour sauver la situation, le romain décide donc en catastrophe d’offrir les pleins pouvoirs à Cincinnatus. Une équipe est envoyée pour le chercher dans sa campagne. Alors qu’elle le trouve en train de cultiver son champ, il accepte de quitter sa vie paisible et son domaine à condition d’y revenir aussitôt sa mission accomplie. Et ce sera le succès. Cincinnatus recrute tous les hommes en âge de porter des armes et inflige une sévère défaite aux fauteurs de troubles en les battant en deux semaines. Plus tard, il sauvera Rome de l’anarchie une deuxième fois.

Quant à la France d’aujourd’hui, elle aurait bien besoin d’un Cincinnatus. Une fois celui-ci élu au suffrage universel, il s’agirait de revenir à la source de la Constitution de notre Ve République. Celle-ci est clairement pervertie par le pouvoir abusif et démesuré des et des juges (n’oublions pas le scandaleux « mur des cons » du Syndicat de la magistrature). Il suffirait alors d’appliquer, référendum à l’appui, l’article 16*. Le grand consul a peut-être inspiré le général de Gaulle, qui sait ?

Oui, nous avons notre Cincinnatus, et une grande majorité de Français sont d’accord avec lui. Mais chut ! Il ne faut pas le nommer maintenant. Commençons par préparer le terrain de cet homme providentiel et dire haut et fort ce que veulent 70 % des Français. À suivre…

 

* Cet article 16 donne au chef de l’État les pleins pouvoirs, « lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu ».

7 mars 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.