Editoriaux - Médias - Radio - Télévision - 30 mars 2019

Indépendance de l’audiovisuel public : c’est pas gagné !

Ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin vient de proposer de supprimer la contribution à l’audiovisuel public, car prélevée avec une taxe d’habitation en voie d’extinction ; sa perception deviendrait problématique. D’autant qu’avec les diverses technologies, la possession d’un téléviseur n’est plus, aujourd’hui, et de loin, la seule façon d’accéder aux programmes.

Toutefois, quatre milliards de manque à gagner, ce n’est pas rien. Mais le ministre ajoute : “On affecte cet argent à Radio France et à France Télévisions, ce qui pose la question de la réforme de Radio France et de France Télévisions.” Long frisson sur les échines de leurs 17.000 salariés ! Lesquels se rappellent peut-être ce qu’Emmanuel Macron assenait devant les députés de la commission des affaires culturelles en décembre 2017 : “L’audiovisuel public, c’est une honte pour nos concitoyens, c’est une honte en termes de gouvernance, c’est une honte en ce que j’ai pu voir ces dernières semaines de l’attitude des dirigeants”, fustigeant “une synergie quasi inexistante entre les différents piliers des entreprises publiques” et un système “complètement incestueux” qui profite à des entrepreneurs “abonnés à la commande publique”.

Apparemment tiré du sommeil aux petites heures par des journalistes, le ministre de la Culture, Franck Riester, a réagi à la proposition de son collègue en disant qu’il était légitime de “se pencher sur la question, mais il faut un financement fort pour un service public fort et indépendant”.

Indépendant de quoi, voilà la bonne question. Pour être honnête il faut reconnaître que les grands médias privés ne brillent pas d’une audace héroïque, mais c’est sans doute parce que le service public de l’audiovisuel donne le la de ce qu’il faut penser et dire. Nous ne sommes certes plus aux temps de l’ORTF où Alain Peyrefitte, ministre du Général, dictait directement le journal télévisé. Mais la “pensée unique” l’a remplacé.

Ainsi, on espérera longtemps d’y entendre approuver UNE SEULE mesure d’un Trump, d’un Salvini ou d’un Poutine, dont la totalité des activités est présentée comme négative. Sans parler d’Orbán ou de Bolsonaro… C’est une étrange fatalité que toutes les autres nations élisent systématiquement des imbéciles ou des salauds, et nous… seulement des décevants !

Vous avez vu, une seule fois, un climatosceptique à la télé, vous ? Ou quelqu’un qui ferait remarquer qu’un avortement est un peu différent de l’avulsion d’une dent de sagesse ? Ou que l’immigration n’aurait pas éventuellement, peut-être, à la rigueur, des effets exclusivement positifs ?

Bien sûr, dans cet éventail de fonctionnaires-conformateurs, il y a deux champions au coude-à-coude pour le podium du gauchisme sournois. Vous aurez reconnu Arte et France Culture… Quel régal pour l’amateur que de voir, pour cette dernière, comment – qu’il s’agisse de la théorie reptatoire des courroies ou d’une thèse sur l’influence de la coquille d’huître sur l’architecture bretonne au XIIIe siècle – elle arrive systématiquement à injecter sa petite dose de marxisme décanté !

Alors, Monsieur Riester, pour l’indépendance d’un service public de l’audiovisuel dont, en réalité, nous n’avons plus nul besoin, vous avez du pain sur la planche.

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