Economie - Editoriaux - 10 janvier 2019

Impôts et taxes : les plus “aisés” sont les plus lésés !

Les grosses têtes de Bercy doivent avoir le tournis. La taxe d’habitation est l’objet d’une étrange valse-hésitation qui menace le beau et nouveau calendrier fiscal promis aux agents nationaux.

La suppression était promise en 2017 à 80 % des ménages, mais laissait sous la drague fiscale 20 % de ménages prétendument riches – base de référence hollandaise -, en fait la classe moyenne des Français travailleurs, cadres actifs ou retraités, ces gens que la doxa gouvernementale nomme plus prosaïquement et communément « aisés » pour mieux les plumer sans les fustiger !

Pris d’un soudain sursaut de générosité à l’approche de Noël, le Président décidait, le 30 décembre 2017, d’accorder le bénéfice de sa générosité républicaine à ces 20 % initialement exclus. Mais seulement à compter de 2021, soit un an avant la fin de son mandat. Manière d’appâter ces citoyens pesant dans les urnes, en vue d’une seconde campagne ?

Cependant, voici que les turbulences jaunes jettent le trouble dans les promesses et laissent soudain l’initiative d’un nouvel arbitrage oral au ministre de l’Économie, lequel envisage, le dimanche, la possibilité de revenir sur cette décision, mais qui l’entérine finalement le mardi en la soumettant, éventuellement, à discussion. Avec qui ? Les gilets jaunes ? Le résultat serait alors assuré, car je doute que ceux qui réclament le retour de l’ISF ne placent pas ces « nantis » dans le même panier.

Quoi qu’il en soit, on nage momentanément dans la confusion la plus totale…

En réalité, la menace d’une sanction du Conseil constitutionnel pour cause « d’inégalité des contribuables devant l’impôt » semble être le vrai motif de ce manège gouvernemental infernal.

Cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de Bercy comble le futur “déponctionné” de 2021 que l’égalité me promet. Mais je ne comprends guère, alors, où se niche l’égalité devant l’impôt qui ne concerne, pour l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques), que 43 % des ménages ou citoyens solitaires. Je m’en était déjà ouvert dans ces lignes, rappelant que cette ségrégation est encore plus abusive avec la progressivité qui lui est attachée !

Certes, ceux qui en sont dispensés n’en font guère mention dans leurs requêtes et je doute qu’un référendum sur la question réclamerait sa suppression quand les malheureux assujettis pèsent moins dans les urnes que dans les caisses du Trésor.

En son temps, je crois me rappeler qu’un candidat – mon candidat – proposait une augmentation de deux points de la TVA pour, au moins, diminuer cet IRPP inégalitaire, sinon le supprimer. Car, dans les faits, cet impôt peu ou prou indolore rapporte déjà deux fois plus – 150 milliards – que l’IRPP. Las, l’acquis en matière fiscale est irrémédiablement marqué par l’ADN “bercynien”.

Et quoi qu’il advienne pour cette future feue taxe d’habitation, et ceci à l’insu du plein gré de nombre de maires, elle sera compensée à l’évidence par une autre ponction fiscale soigneusement orchestrée par les agiles petites mains de Bruno Le Maire.

Et ce seront encore ces ménages « aisés » qui en feront derechef les frais !

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