Peut-on faire confiance à la loi Immigration pour régler le désastre dans lequel les gouvernements de droite et de gauche plongent la France depuis Giscard d’Estaing, soit depuis près de cinquante ans ? Le gouvernement tente l’équilibre entre le tour de vis et la main tendue… « Gentil avec les gentils, méchant avec les méchants », dit le ministre de l’Intérieur. Dans une intervention magistrale, en à peine plus de trois minutes, le sénateur Reconquête Stéphane Ravier a accueilli, ce 6 novembre, de la tribune du Sénat, l'ouverture du débat qui entoure cette trentième loi sur l’immigration par un état des lieux daté, chiffré, argumenté. « Plus de deux millions d’étrangers sont entrés sur le territoire français sous la Macronie, soit l’équivalent de la ville de Paris. Selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, entre 700.000 et 900.000 clandestins vivent sur notre sol : c’est l’équivalent de la population de Marseille. 95 % des OQTF ne sont pas exécutées », poursuit l’orateur, qui ne fait aucune concession. L’aide médicale d’État nous coûte 1,2 milliard d’euros par an, les « prétendus mineurs isolés » 2 milliards d’euros par an, 2,6 millions d’Algériens vivent sur notre sol : « 42 % sont chômeurs ou inactifs tout en bénéficiant des aides sociales dont ils ne sont pas contributeurs. La France n’est pas un eldorado mais un radeau ! » Un mitraillage en règle de la loi Immigration.

De quoi parle-t-on ? D’un dispositif de 27 articles qui commence par cette phrase claire et nette : « La France est fière d’être un pays d’immigration ancienne et riche de ce que cette immigration lui a apporté. » On se demande, dès lors, pourquoi c’est un sujet. Pourquoi une loi ? La phrase suivante campe tout de même le décor : « Depuis vingt ans, les flux migratoires s’accélèrent dans toute l’Europe. » Eh oui… La loi cite quelques chiffres : les demandes d’asile, par exemple, augmentent de 60 % dans l’Union européenne en 2022. Il s’agit donc « de mieux contrôler nos frontières et lutter contre l’immigration irrégulière, pour faire droit à la demande d’asile légitime et assurer l’intégration effective des immigrés arrivant légalement sur notre territoire ». En somme, très « gentil avec les gentils ».

Pas sortis des ronces

Le ministre Darmanin se jette quelques fleurs, comme ce cap clair donné par la loi de septembre 2018 « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ». Dans la série des satisfecits faciles, on peut lire celui de « la plus grande fermeté ». « Depuis 2017, plus de 700 étrangers radicalisés ont été expulsés », explique le projet de loi, soit une centaine pas an… Voilà pour le côté « méchant avec les méchants ». « En deux ans, plus de 90.000 titres de séjour ont été retirés ou refusés, et 3.200 étrangers représentant une menace pour l’ordre public ont été expulsés du territoire français. » 3.200... Comme dit notre ami Georges Michel, « on n’est pas sorti des ronces ».

En 1975, elle aurait été parfaite, cette loi, mais aujourd’hui… Ainsi, « conditionner la première délivrance d’une carte de séjour pluriannuelle (CSP) à la connaissance d'un niveau minimal de français » (art. 1) semble un minimum. « Organiser la contribution des employeurs à la formation en français des travailleurs étrangers » (art. 2) est tout simplement surréaliste. Comment peut-on exiger des employeurs français, parmi les plus imposés de l’OCDE, d’éponger les conséquences d’une politique d’immigration folle, aveugle et sourde en restant compétitifs ? Le fameux article 3, qui « crée, à titre expérimental, une carte de séjour temporaire mention "travail dans des métiers en tension" » et permet ainsi de passer l’éponge et même de récompenser les fraudeurs les plus endurcis, ceux qui ont réussi à travailler illégalement en France en leur octroyant un titre de séjour légal, dépasse l’entendement. Toute la droite s'y oppose.


L’article 4 va encore plus loin : il ouvre l’accès « au marché du travail sans délai pour les demandeurs d’asile dont il est fortement probable, au regard de leur nationalité, qu’ils obtiendront une protection internationale en France ». Une forme de présomption de légalité, avant tout examen et tout jugement ! Seules quatre demandes sur dix sont aujourd’hui satisfaites. Que dira la France aux six autres ?

La loi prévoit (art. 7) « une nouvelle carte de séjour pluriannuelle "talent – professions médicales et de la pharmacie" dédiée aux professionnels de santé et à leurs familles dès lors qu’ils sont recrutés par un établissement public ou privé à but non lucratif de santé, social ou médico-social ». Ben voyons !

L'immigration coûte 35 milliards d'euros

Certes, l’employeur d’un clandestin risquera 4.000 euros d’amende (art. 8) et l’article 9 facilitera (un peu) l’expulsion des étrangers qui « ont fait l’objet d’une condamnation pour des crimes ou délits punis de dix ans ou plus d’emprisonnement ». L’article 10 réduit un peu les innombrables obstacles à l’exécution des OQTF. L’article 11 entend contraindre les immigrés illégaux à donner leurs empreintes digitales et à se faire photographier. Un demi-tour de vis, vite compensé par l’article 12 qui empêche de retenir les plus jeunes immigrés ou déclarés tels : « Compte tenu de la vulnérabilité particulière des mineurs de moins de 16 ans, ils ne pourront plus être placés en centre de rétention administrative, y compris lorsqu’ils accompagnent un adulte. » Quant à l’article 13, il « a pour objet d’imposer à l’étranger qui demande un titre de séjour de s’engager à respecter les principes de la République ». On est sauvé !

« L’immigration coûte, selon l’OCDE, 35 milliards d’euros aux finances publiques chaque année, poursuit implacablement le sénateur Ravier. Les immigrés représentent 10 % de la population française et 25 % de la population carcérale. » Et il appelle : « Faisons de cette trentième loi sur l’immigration la première et unique loi sur la non-immigration ! » Le débat est lancé.

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06 novembre 2023 à 22:20

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50 commentaires

  1. Félicitations et encouragements nourris à cet élu qui remplit dignement ses hautes fonctions en criant la vérité, dénonçant les forfaitures et les mensonges des traitres au peuple de France. Oui Macron et ses tristes sbires comme tous leurs prédécesseurs avilissent la plus haute fonction dénigrent notre peuple galvaudent notre histoire ignorent vos valeurs. Macron veut voir dissoudre la France dans l’Europe qu’ils chérissent plus que tout. Ils sont notre plus grand danger et nous devons les combattre

  2. Monsieur RAVIER mérite d’être complimenté pour avoir publiquement dénoncé les incohérences de la politique du pays en matière d’immigration.Le problème est de savoir ce qu’en diront aussi publiquement les représentants des autres partis siégeant au Parlement ( députés et sénateurs) L’éventualité d’un référendum se pointe également par le truchement de notre Jeune Premier en charge de la République…..???

  3. Je partage votre analyse…Cependant il y a une petite(?) ERREUR .Ce n’est pas depuis 50 ans .Les Accords avec l’Algérie de 1968 0nt été publié le 18 Mars 1969 au journal Officiel par le décret signé par le Président C. de Gaulle,le premier Ministre Couve de Murville et le ministre des affaires étrangères M. Debré…Cherchez l’erreur et les racines .car celà fait 55 ans …soit 6 ans aprés que LES signataires sus-nommés aient abandonné des citoyens de toutes confessions au sort désiré par l’Algérie FLN :La Valise ET le Cercueil.

  4. le Grand Homme avait dit : « les musulmans ne sont pas des Français, ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri ! » Concernant l’immigration, nombre d’Européens de l’Est souhaiteraient travailler en France, non ? Au lieu de ça, pour des raisons qui m’échappent on va chercher de l’autre côté de la méditerranée, des gugusses dont les dirigeants nous haïssent; nous ont foutus à la porte. Cherchez l’erreur, ou les combines non avouables de nos ‘chers ?’ élus. Au travers de ça, ceux qui en sont responsables le font dans le but de réduire la France au rang de république bananière.

  5. Il n’y a pas de métiers sous tension il n’y a que des Français refusant le travail. Pourquoi? là est la question. Un employeur qui utilise de la main d’oeuvre illégale devrait être embastillé et ses biens confisqués.

  6. J’ai du mal a comprendre que cette immigration soit une chance pour la France, je vis dans un autre pays depuis 50 ans et je n’ai jamais pense etre une chance pour ce pays qui m’a accueilli bien au contraire bien que j’ai amene avec moi un certain savoir.

  7. Dans mon lycée d’excellence Parisien dans les années 1950, j’avais des camarades issus de l’immigration, des Tchèques, des Roumains, des Arméniens, des Yougoslaves, ….. réfugiés de la II° Guerre-Mondiale. Ils étaient Catholiques, Orthodoxes et Juifs ! Bons élèves, ils sont devenus ingénieurs (comme moi ), médecins , entrepreneurs, hauts fonctionnaires, avocats, … et ont fondé des familles tout bonnement …Françaises ! Certains sont restés de bons copains et j’en ai retrouvés certains au … service militaire !?

  8. Faut-il ajouter à cet excellent article que toutes ces lois sont inutiles, tant l’arsenal juridique permet déjà (dans le livre) tout ce que cette loi prétend ajouter? Qu’empiler des lois pour en faire un véritable mille feuilles est parfaitement inutile, car ce qui compte est leur application? Et là, rien bien sûr; strictement rien. Il s’agit de poudre aux yeux: « Voyez comme on vous fait une loi » – pour ne rien faire. Et comptez sur les ONG, les tribunaux complaisants, les patrons émus, les familles éplorées, les politiciens complices, pour en faire capoter les mesures soi-disant les plus « radicales » dans tous les cas par cas qui se multiplieront. On peut être étonné que le RN soi tenté de voter cette loi: peut-être pour avoir déjà toutes les raisons juridiques en main pour l’après Macron? (le « prends l’oseille et tire-toi »?)

  9. On ne peut que partager le point de vue de M. Ravier , et encore il n’a pas une vision globale de ce qui se passe sur notre sol . Dans son projet M. Darmanin par des tours de passe-passe essaie de faire valider l’obtention d’un droit au travail pour les métiers en tension , qu’il commence avec son compère Dussopt d’obliger nos français (un peu trop récalcitrants voire allergiques au travail) à aller au boulot ; bien sûr certains métiers sont dévalorisés voire sous payés , mais que l’Etat au lieu de dépenser à tout va , compense les salaires inférieurs à 2000€ par un complément , l’argent sera ainsi mieux employé . Et avec un certain regard ironique , ces travailleurs clandestins trouveront durant cette période probatoire de 8 mois (il me semble) un emploi même sous payé , puis au delà de cette période se mettront au « vert » , pour grossir les effectifs des sans emplois , de la pure « soupe politicienne » , et ceci dans le meilleur des cas. Cette loi est quasi obsolète avant même d’être amendée et seul un référendum est indispensable pour juguler cette immigration devenue plus qu’envahissante mais étouffante.

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