Editoriaux - Histoire - 15 août 2019

Il y a 75 ans, le débarquement en Provence (3/3)

Comme la Sicile ou la Corse, le débarquement sur les côtes de Provence, le 15 août 1944, est une opération éclipsée par le gigantisme du débarquement en Normandie qui a eu lieu deux mois plus tôt.

Dans la journée du 15 août, les défenses allemandes sont rapidement submergées par l’ampleur et la rapidité des attaques menées par les trois vagues d’assaut alliées : Alpha Force (3e division d’infanterie américaine), qui prend position entre Cavalaire et Saint-Tropez ; Delta Force (45e DI américaine), qui débarque entre Saint-Tropez et Fréjus ; Camel Force (36e DI américaine et 1re division blindée française), qui s’enfonce entre Saint-Raphaël et Anthéor. Les Allemands résistent toutefois sur la plage de Fréjus-Saint-Raphaël, où le débarquement s’avère impossible et est détourné vers Le Dramont et Agay. Partout ailleurs, les résultats dépassent les prévisions et les espérances. Le 15 au soir, les Américains tiennent deux zones, l’une couvre l’Estérel, l’autre enjambe les Maures et rejoint le secteur de la 1st Air Borne Task Force. Les pertes (tués, blessés, disparus) sont estimées à moins d’un millier d’hommes.

Le 16 août, les FFI et gendarmes libèrent, seuls, Draguignan, la préfecture du Var et le siège de l’état-major du 62e corps d’armée allemand, qui se trouve isolé. Les blindés du colonel Sudre (1re DB), débarqués à Sainte-Maxime, sont dirigés au-delà des Maures et s’emparent du Luc le 17.

Le 16, à 19 heures, le premier échelon de l’armée B débarque : la 1re division de la France libre (DFL), la 3e division d’infanterie algérienne (DIA), le combat command n° 2 de la 1e division blindée, le 2e régiment de spahis algériens de reconnaissance, les 7e et 8e régiments de chasseurs de chars, deux groupes d’artillerie lourde et des éléments du train et des transmissions, soit 37.000 hommes et 5.860 véhicules. Le général de Lattre réussit à convaincre les Américains d’engager rapidement ses propres troupes dans le combat. Faire entendre la voix de la France dans ce contexte était d’autant plus compliqué que l’armée B était essentiellement dépendante des Américains : équipement, armement, munitions…

Le 17 voit débarquer la 9e division d’infanterie coloniale (DIC), les goums ainsi que les premiers éléments de la base d’opération 901. Les hommes du général de Lattre ont pour mission de libérer les ports de Marseille et de Toulon, le premier avant le 4 septembre et le second avant le 23 septembre.

L’ordre de repli est donné à la 19e armée allemande les 18 et 19 août, sur une ligne Sens-Dijon-Suisse, sauf pour Toulon et Marseille qui, coûte que coûte, doivent tenir.

Mais le rouleau compresseur allié est trop puissant. Les ports de Marseille et Toulon sont finalement repris les 26 et 28 août !

Au 20 août, les troupes libératrices ont fait 14.000 prisonniers. Il y en a trois fois plus le 24 août. À cette date, 190.000 hommes et 41.000 véhicules ont été débarqués.
Malgré quelques résistances sporadiques, l’avancée franco-américano-canadienne est fulgurante.

La 3e DI suit la RN 7, libère Aix-en-Provence le 21 avant de pousser sur Salon, Arles et Avignon. La 45e ferraille le long de la Durance. La 36e est dirigée vers Sisteron, libérée le 19 août, et Grenoble, redevenue libre trois jours plus tard. La capitale des Gaules attendra le 3 septembre pour connaître un sort identique. En trois semaines, les troupes alliées ont effectué une percée de près de 400 kilomètres et libéré le quart sud-est de la France.

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