Editoriaux - Société - 3 août 2019

Il n’y a pas de fumeurs sans feu !

La France est championne des paradoxes qui mériteraient un recueil exhaustif, avec cependant des mises à jour périodiques pour respecter l’actualité…

De subits et grands élans de nettoyage ont saisi, cet été, des associations et citoyens pour débarrasser les lieux publics, rivières, canaux, lacs et mer des détritus abondamment jetés par des individus négligents ou rêveurs – ou raveurs. Parfois par les mêmes ou leurs proches…

Cependant, la rubrique incendie enflamme en ce moment les ondes et garrigues. On accuse d’abord la canicule aidée par des vents violents, tout cela, bien entendu, à cause du réchauffement climatique !

Curieusement, cet épisode suffocant ne retient guère les adeptes de Nicot dans leurs aspirations addictives et répétitives. Lesquels trouvent dans toutes villes, cités et même villages le buraliste qui satisfait leurs pulsions d’achat et de ravitaillement compulsif. Beaucoup plus facilement qu’une officine de médecin généraliste ou, évidemment, de spécialiste en tabacologie…

Déjà, les rues et trottoirs, en particulier sous les terrasses de bistrots, sont jonchés de mégots, jetés par les mêmes, dont les plus attentifs prennent le temps de les écraser. On doit à la vérité que peu d’incendies éclatent en milieu urbain pour cause de cigarette mal éteinte. La pollution, plus subtile, est tout autre…

Mais, pauvre conducteur qui lâche son portable pour tirer un clope – autrefois, c’était une clope avec les Gauloises sans filtre, ou les Gitanes, – il est peu aidé, voire maltraité par le fabricant de sa voiture. En effet, pas d’allume-cigare transformé en prise USB, et encore moins de cendrier, sauf si le gueux, impécunieux, n’a pu bénéficier de la prime de l’État pour changer sa caisse fabriquée en 1992 ! Résultat : pour ne pas brûler la moquette, éjection du petit brûlot par la portière.

On connaît la suite et les centaines d’hectares de pinèdes, garrigues et désormais de céréales consumées chaque semaine d’été.

Les super-transhumances annoncées qui bloquent les vacanciers dans des bouchons gigantesques sont propices à ces impatiences enfumées et les gestes corollaires de nettoyage rapide de l’habitacle, surtout si des mômes surexcités chouinent à l’arrière, ne pouvant manipuler leur Nintendo pour cause d’éternuements allergiques…

Mais miracle et lueur d’espoir, une sénatrice de la Gironde, Nathalie Delattre, peut-être saisie personnellement par le syndrome « cibichien », vient d’interpeller le ministre de l’Intérieur – sans doute ès qualités, plutôt que le ministre des Transports ? – pour contraindre les constructeurs d’automobile à installer des cendriers dans les véhicules commercialisés. Et pourquoi pas une surprime pour incitation à l’acquisition de tout véhicule ainsi équipé ?

Et, mieux encore, pourquoi pas une « taxe ignition » – c’est plus facile et rapide à mettre en œuvre – sur les paquets de cigarettes, qui serait directement versée aux SDIS – service départemental d’incendie et de secours – concernés ?

P.S. : le crash d’un bombardier d’eau sur le site de Générac, dévasté une seconde fois, est intervenu après la rédaction de ce papier. Le drame de la mort d’un pilote chevronné et dévoué ne fait qu’exaspérer mon sentiment sur les désinvoltures et inconsciences parfois criminelles. Et l’ex-aviateur que je suis en est doublement affecté.

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