Hygiène, urbanisme, sécurité : les fast-foods halal et la loi, ça fait deux

Les autorités multiplient les fermetures de fast-foods halal pour non-respect des règles.
Capture d'écran Crépy News
Capture d'écran Crépy News

Quatre heures, c’est la durée d’exploitation du Bills Burger de Crépy-en-Valois, dans l’Oise. Le fast-food halal, inauguré à midi le mercredi 13 mai, a été contraint de fermer ses portes aux alentours de 16 heures par arrêté municipal. Gabriel Melaïmi, le maire UDR de la commune de près de 15.000 habitants, a pu prendre cette décision puisqu’il a constaté que « des travaux et/ou un aménagement ont été réalisés sans dépôt préalable d'une demande d'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un ERP », qu'« aucune autorisation de travaux n'a été délivrée par l'autorité compétente » et qu'« aucun avis favorable de la commission de sécurité n'a été émis ».

Il a, en outre, indiqué que « la réouverture de l'établissement ne pourra intervenir qu'après le dépôt et l'obtention d'une autorisation de travaux au titre des établissements recevant du public, la régularisation de l'ensemble des prescriptions administratives et techniques applicables et, le cas échéant, l'avis favorable de la commission de sécurité compétente ». Autrement dit, ce n’est pas demain la veille.

Non-respect des règles

Évidemment, cette fermeture administrative fait parler. La chaîne de burgers a commenté la décision de l’édile en essayant de se faire passer pour une victime : « Nous avons dû fermer en plein service suite à une décision de la mairie, sans explication claire à ce jour. » L’arrêté municipal est pourtant on ne peut plus clair. Bills Burger s’est affranchi des règles, le maire n’a pas laissé passer, fin de l’histoire.

Ce n’est pas la première fois qu’un fast-food halal ne respecte pas la législation française, ce n’est pas la première fois que cela engendre une fermeture administrative. Avant Bills Burger, le Master Poulet d’Argenteuil a aussi été sommé de baisser son rideau après un contrôle d’hygiène mené par la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Celui-ci a révélé la présence de 80 kg de poulets périmés, de préparations dont les dates limites de consommation étaient dépassées, de matériel et d’équipements sales ou mal entretenus, de problèmes de stockage et de respect de la chaîne du froid. Rien que ça !

Mise en danger des consommateurs

Même chose, ou presque, à Vaulx-en-Velin où le Seven Times, qui avait fait parler de lui pour sa salle réservée aux femmes, a été fermé, en avril dernier, après la découverte de nuisibles morts et la mise en évidence d’un défaut de maintenance et de nettoyage des locaux ainsi que de mauvaises conditions de stockage et de conservation des matières premières. Non loin de là, courant avril également, le Naan Factory de Villefranche-sur-Saône a connu le même sort après un contrôle anti-fraude qui a mis au jour la présence de trois employés non déclarés (dont deux en situation irrégulière). Des manquements à l’hygiène ont aussi été constatés, tout comme au sein de l’établissement Le 111 de Saint-Priest qui, en plus de cela, aurait raccordé illégalement une gaine d’extraction au conduit de l’immeuble. Il a définitivement fermé en février dernier et son gérant se dit, depuis, victime de discrimination.

Faut-il comprendre que, pour ne pas être accusés de racisme, maires et préfets devraient laisser faire, ne pas se soucier du respect des règles d’urbanisme et fermer les yeux sur les manquements à l’hygiène ? Ce n’est évidemment pas sérieux.

Vos commentaires

62 commentaires

  1. Et les… « restaurants »… chinois… où le seul ustensile de cuisine est … la paire de ciseaux, pour ouvrir les paquets « made in china » et qui servent de « machine à laver » à l’argent sale…

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Les meurtriers de Quentin Deranque sont désignés comme des camarades
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois