L’étude publiée par The Lancet a été rapidement brandie comme démontrant l’inefficacité, voire la nocivité, du traitement à la chloroquine prôné par le Pr Raoult. Olivier Véran n’a pas manqué de sauter sur le prétexte pour saisir le Haut Conseil de la santé publique afin qu’il révise – sous 48 heures ! – les règles dérogatoires de prescription du produit, aujourd’hui interdit en France aux médecins de ville et réservé aux hôpitaux, alors qu’il était en vente libre depuis des décennies.

Après la consternation de Philippe Douste-Blazy rapportée ici, le Dr Maudrux, ancien président de la Caisse de retraite des médecins libéraux, fait partager aujourd’hui sur son blog d’intéressantes remarques sur les 96.000 patients compilés par The Lancet.

Primo, leur traitement a été commencé en moyenne 10 à 12 jours après les premiers symptômes ; secundo, ils étaient tous hospitalisés, donc déjà porteurs de complications.

Cette fameuse étude ne contredit donc en rien les préconisations du Pr Raoult qui, d’une part, recommande le traitement à l’HCQ dès les premiers symptômes, d’autre part n’a pas nié qu’au stade de « l’orage immunitaire », il était devenu inutile (voire toxique).

De fait, l’étude révèle plutôt que le décret préconisant de réserver l’usage de l’ (HCQ) aux Covid-19 graves hospitalisés était au mieux inopportun, au pire dangereux. Au surplus, leurs auteurs reconnaissent honnêtement que leurs constatations ne s’appliquent pas aux patients traités en ambulatoire dans les pays où, contrairement à la France, la chose était possible (These data do not apply to the use of any treatment regimen used in the ambulatory, out-of-hospital setting).

Et le Dr Maudrux de poursuivre : « Il manque une chose, dont nos autorités ne veulent pas, préférant entretenir le doute et la polémique : une étude sérieuse de la prescription en première intention, par les généralistes, dès les premiers symptômes, afin de vérifier le bien-fondé ou non des constatations du Pr Raoult. […] C’est en cours depuis dix jours par le National Institute of Health aux États-Unis, et cela a été fait dans une étude au Brésil qui n’a pas fait autant de bruit que les publications à charge : 636 patients avec symptômes Covid, traités au tout début de la maladie. Un groupe (412) avec protocole, un groupe sans protocole (224). 1,9 % d’hospitalisations dans le groupe traité, 5,4 % dans le groupe témoin, soit 3 fois plus, avec des courbes montrant que plus c’est prescrit tôt, plus c’est efficace. »

D’ici à ce qu’il soit démontré que nos pléthoriques autorités sanitaires, à commencer par le successeur d’Agnès Buzyn, ont préconisé l’exact contraire de ce qu’il fallait faire, il n’y a peut-être pas loin…

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