Editoriaux - 15 avril 2019

Hugo, 15 ans, menacé de mort pour une blague sur La Mecque…

Je riais, vendredi dernier, en évoquant la poignée d’abrutis qui protestent à l’entrée de la Grande Halle de la Villette contre l’exposition Toutânkhamon, laquelle serait l’expression aboutie du racisme des Blancs. Je dirais bien que je riais jaune, mais je crains que cette expression ne soit aussi suspecte de racisme, même si nos frères aux yeux bridés se montrent, en ce domaine, infiniment plus intelligents que d’autres « discriminés ».

Les temps incitent, en effet, à la prudence car le monde est maintenant peuplé d’abrutis fanatiques en embuscade derrière leur tout petit écran, avec leur tout petit cerveau, prêts à bondir et même à tuer au moindre mot qu’ils prennent ou comprennent de travers.

C’est ainsi qu’un pauvre gamin de 15 ans se retrouve insulté et menacé après avoir publié, sur Twitter, une blague sur La Mecque. C’est une photo de pèlerinage où l’on voit la foule tourner autour de la Kaaba, avec ce commentaire : « Ptdr y’a du monde à InZeBoite », allusion à un jeu télévisé de la chaîne Gulli qui se termine par l’épreuve de la boîte noire.

S’ensuit une avalanche de messages haineux, jusqu’à des menaces concernant son domicile et le lycée qu’il fréquente ; établissement dont certains donnent le nom quand d’autres réclament de connaître l’adresse personnelle du jeune homme. Affolé, il publie aussitôt des excuses : « Je ne savais pas que ça allait prendre autant d’ampleur, encore désolé laissez-moi en vie. »

Action-réaction : des personnalités entrent dans le jeu pour défendre Hugo (c’est son nom) qui, depuis, reçoit de nombreux soutiens sous le hashtag #JeSoutiensHugo. C’est sympa, toutes ces belles personnes qui se précipitent sur leur clavier, mais je vous le confie, d’une certaine façon, ça m’effraie autant que la meute d’imbéciles qui le conspuent.

En tête, il y a notre ministre Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, dont on se dit qu’elle doit avoir le téléphone greffé au bout des doigts tant elle passe de temps à tweeter des banalités… « La France est une République laïque où chacun peut critiquer et se moquer des religions sans être menacé de mort pour cela », écrit-elle. Précision utile, tout de même, dans un second tweet : « Le blasphème n’existe pas. En revanche, le cyber-harcèlement en meute est puni depuis cet été par la loi. »

Il paraît que la cyber-police a été saisie. On traque les abrutis derrière leur écran. Vaste entreprise.

Voilà donc où nous en sommes…

Secouriste-philosophe, Raphael Enthoven a tweeté lui aussi, évoquant « la fin de la liberté, qui arrivera très vite si, par peur ou par flemme, on laisse agir les censeurs » ». Là encore, il me semble que le futur est superflu : c’est au présent que ça se passe. La censure ET la flemme. Parce qu’on continue, au nom d’un pseudo-respect de la personne, à accepter tous les délires, les contre-vérités, les inepties, les mensonges péremptoires et les menaces qui vont avec. Parce qu’on ne veut pas « discriminer » les crétins, on laisse le relativisme devenir fanatisme et s’imposer par la violence.

La grande peste est de retour. Elle n’est pas arrivée par les rats mais elle est plus virale que jamais. Elle court sur les réseaux sociaux à la vitesse de la lumière et, cette fois, pas de quarantaine possible !

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