Hugues Moutouh (photo) n'est pas n'importe qui. Agrégé et docteur en droit devenu conseiller d'État puis préfet, il était en poste dans la Drôme quand a été giflé au cours d'un de ses déplacements. Vous vous en souvenez sans doute. Légaliste, le haut fonctionnaire, pourtant proche de Claude Guéant et passé par le privé après l'élection de François Hollande, avait immédiatement porté plainte. Une attitude responsable.

Et pourtant... Nommé à la préfecture de l'Hérault, volontariste comme il l'a toujours été, depuis son premier poste à Guéret où il fut le plus jeune préfet de France, Hugues Moutouh s'est saisi du sujet de l'insécurité. Quiconque a passé un peu de temps à Montpellier (ne serait-ce que vingt minutes, place de la Comédie, en attendant une correspondance) sait que ce sujet n'a rien d'anecdotique dans la ville de feu Georges Frêche, jadis intouchable maître de la Septimanie. Les faits divers abondent et les migrants « mineurs isolés » aussi.

Le préfet Moutouh s'est donc fendu d'un tweet pour faire un bilan d'étape de sa politique de sécurité.


Et là, scandale. Alors, comme ça, s'insurgent les associations de des migrants, il y aurait plus d'Algériens et de Marocains parmi les agresseurs ? Et quand on est délinquant, voire criminel, et qu'on est clandestin, on ne serait « pas le bienvenu » ? La gauche s'étrangle si fort qu'elle ne sait pas par quoi commencer. Propos qui tirent « extrêmement vers la droite », dit l'avocat de la Ligue des droits de l'homme, qui prouve par l'absurde que, décidément, le réel n'est pas de gauche. Stigmatisation du « métèque », disent les « assoces », citant Georges Moustaki avec la dialectique ringarde qui caractérise les boomers (de gauche, dois-je préciser, car je ne voudrais pas, à mon tour, « stigmatiser » toute une génération).

Le préfet a retiré son tweet moins de deux heures plus tard. Il ne veut pas d'ennuis et il a raison : il aura au moins les mains libres pour faire son travail, puisque la gauche n'est pas prête à se confronter aux résultats de sa propre politique.

N'étant pas préfet mais simple citoyen, je pense pouvoir dire que, dans un pays qui veut survivre, les délinquants clandestins ne sont effectivement pas les bienvenus et qu'il y a objectivement (Darmanin lui-même a dû le reconnaître, tout récemment) un lien entre immigration - africaine et maghrébine, pour être exact - et délinquance. Ce n'était pas le cas des vagues italiennes, espagnoles, polonaises ou portugaises. Ce n'est pas le cas de la communauté chinoise, ni des enfants de boat people que la a accueillis dans les années 70-80 et qui lui ont souvent rendu au centuple sa générosité.

Le cas de ces derniers est particulièrement intéressant : venus de l'ancienne Indochine, ils auraient pu débarquer chez nous avec une rage décoloniale comparable à celle de l'immigration afro-maghrébine. Nous n'avons pas été (et c'est d'ailleurs une honte) beaucoup plus corrects avec les partisans indochinois qu'avec les harkis. Nous avons, par ailleurs, réellement perdu la en Indochine, tandis que le FLN algérien, détruit, fut remplumé par des cadres qui, après avoir fui en Tunisie, se posèrent en libérateurs. Constatez-vous, amis lecteurs, une surreprésentation du Cambodge, du Vietnam ou du Laos dans les arrestations ou les faits divers ?

Hugues Moutouh n'est peut-être pas au bout de ses peines : au lieu de lutter silencieusement contre l'invasion migratoire et le francocide du quotidien, il en a parlé. « On sortira l'épée pour pouvoir affirmer que les feuilles sont vertes en été », avait prophétisé Chesterton. Eh bien, on y est. La droite étant toujours à la remorque de la gauche, je m'en voudrais (je plaisante, bien sûr) de ne pas citer à mon tour un chanteur ringard. « Le premier qui dit la vérité... »

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30 septembre 2022

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71 commentaires

  1. Le courage de ce Préfet me fait penser à celui d’un autre Préfet en 1940: celui de Jean Moulin.

    1. Moi je pense aussi au Préfet du Vaucluse, Paul Girot de L’Anglade et à ces déclarations sur  » Les Gens du Voyage  » qui ne voyagenet plus que de communes en communes et dont l’habitat ne correspond plus à nos sociétés modernes. Démis de ses fonctions par Nicolas Sarkosy le 23/10/2002.

  2. Bravo et soutien à ce représentant de l’état qui ose, a osé dire la réalité du vécu de ceux qui sont sous sa responsabilité. Combien sont-ils à réprimer leur désir de faire comme lui pour que la délinquance, soutenue par les bien-pensants qui n’acceptent aucun protégé chez eux, si elle ne cesse en absolu le soit un tant-soit peu plus qu’actuellement?
    Jusqu’où laisserons-nous faire avant de réagir autrement que par le vote pour nous faire entendre des élus à tous les niveaux?
    Et en agissant comme l’ont fait les GJ seront-nous libre de nous exprimer ou subirons-nous les foudres macroniennes associées aux antifas qui eux agissent impunément?

  3. Je l’aimerai encore plus ce préfet quand il maintiendra son tweet et assumera ce qu’il pense.
    Après, on peut s’interroger sur le fait qu’un préfet communique avec des tweets.
    Quand on représente l’État, on pourrait peut-être s’élever au travers de modes de communication un peu plus nobles…

    1. des chefs d’état s’expriment aussi par tweets; on ne les en blâme pas . Lui, a joué finement en laissant à son message le temps de circuler suffisamment pour ne pas ruiner sa carrière. Jadis, beaucoup d’officiers supérieurs français ont aussi fait ce choix de piétiner leur honneur pour une solde assurée…personne n’en a parlé.

  4. Ancien combattant d’Indochine, j’admire ce peuple. Les anciens, surtout ceux qui ont combattu à Diên Biên Phù qui vont en  » pélerinage  » au Viêtnam sont reçus comme des frères par leurs anciens adversaires. Les viêtnamiens vivants en France ont un comportement exemplaire et ne vivent pas aux crochets du pays mais de leur travail.

  5. J’aime bien ce prefet qui semble vouloir agir, mais le carcan politique emprisonne leur liberté d’opinion comme celui d’agir ce qui en fait des pions d’immobiliste.

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