[GUERRE AU MOYEN-ORIENT] La stratégie du faible au fort de l’Iran à bout de souffle ?
Le président Trump et le Premier ministre Netanyahou maintiennent le cap. Cette semaine, la tentative américaine pour fluidifier le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a tourné court et a dégénéré même, parfois, en combat naval. Jusqu’à présent, les attaques iraniennes contre les destroyers américains n’ont pas eu beaucoup d’effet et les lancements de drones et de missiles contre les installations pétrolières émiraties ont pu être déjoués, mais il n’en reste pas moins qu’en vingt-quatre heures, seuls deux navires, sur mille cinq cents, ont pu être évacués lors de l’opération « Projet Liberté » et vingt mille marins restent toujours bloqués dans le détroit. Parallèlement, les négociations semblent avoir toujours lieu via des intermédiaires pakistanais, omanais ou turcs (on ne sait plus vraiment) et l’ultimatum initialement fixé le 8 mai a été allégrement transgressé. Mais Donald Trump attend toujours une réponse diplomatique de l’Iran à ses propositions de négociations entre deux coups de canon.
Droit de péage illicite : rien de neuf sous le soleil d'Ormuz
Comme nous l’avions évoqué il y a quelques semaines, le détroit d’Ormuz est devenu « l’arme fatale » des Gardiens de la révolution après la fin des bombardements israéliens et américains. Cette arme illicite, d’après la convention de Montego Bay, n’est pas nouvelle. En effet, dès le début du XVIe siècle, le deuxième vice-roi des Indes portugaises, Don Alfonso de Albuquerque, avait déjà décidé de faire payer un droit de péage aux navires non portugais qui franchissaient le détroit d’Ormuz. Ce précédent donna même l’occasion au juriste hollandais Grotius d’écrire une ébauche sur le droit de prise en haute mer suite aux luttes entre navires anglais, français, hollandais et portugais visant à faire cesser cet état de fait. Les Portugais sont intraitables et il faut attendre 1620 pour que les Anglais (pas encore britanniques) et les Perses remportent conjointement une bataille navale et, au terme d’un siège de dix semaines, capturent la garnison portugaise d’Ormuz. C’en fut ainsi fini du droit de péage que s’étaient attribués pendant plus d’un siècle les Portugais.
Aujourd'hui, les Perses ne sont pas alliés aux Anglais, mais aux Chinois et aux Russes. Si ces derniers sont actuellement en période de faiblesse, comme pourrait en témoigner le défilé « au format réduit » du 9 Mai à Moscou, les Chinois, pour leur part, pourraient être en mesure de faire pression sur le président Trump lors de sa visite à Pékin des 14 et 15 mai prochains. Le gouvernement iranien estime donc qu’il a, faute d’avoir vaincu, au moins mis en échec, les Américains et les Israéliens qui n’ont, jusqu’à présent, pas encore mis un pied sur son territoire et ne sont plus capables d’assurer au commerce mondial un avenir serein.
À ce sujet — [POINT DE VUE] Guerre contre l’Iran : ne nous y trompons pas, la stratégie de Trump est claire
Les limites du chantage iranien
Comme en a témoigné, ce samedi 9 mai, la première « nappe importante de pétrole » détectée aux alentours du principal terminal pétrolier de l’île de Kharg, les réservoirs d’hydrocarbures en Iran semblent déjà partiellement saturés. Sans ravitaillement de navires qui iraient ensuite prochainement ravitailler les raffineries dans le reste du monde, notamment en Chine ou en Europe, les puits de pétrole iraniens pourraient, à terme, devoir être arrêtés de manière plus ou moins permanente. Cette situation aggraverait encore la situation économique mondiale et pourrait être à l’origine d’un choc pétrolier comparable à celui de 1973 après la guerre du Kippour. Les présidents Trump et Xi Jinping pourraient ainsi évoquer cette situation et probablement aussi la mettre en perspective avec l’évolution du marché mondial des matières premières. En outre, la situation financière de l’Iran est devenue aujourd’hui catastrophique et le cours actuel du rial ne permettrait plus, aux Iraniens, d’échanger autrement que par le troc. La résilience de l’économie iranienne connaît ainsi des limites qui pourraient être rapidement atteintes, en dépit de l’optimisme de certains.
Enfin, malgré les apparences d’un pouvoir encore centralisé avec des messages lus du Guide suprême toujours invisible, le gouvernement iranien semble plus divisé que jamais. En effet, depuis la reprise des négociations avec les Américains à la fin des frappes, il apparaît à ces derniers que tous les négociateurs du gouvernement iranien ne parlent pas d’une même voix. Cela donne souvent un prétexte à Donald Trump pour prétendre que les Iraniens n’ont plus de gouvernement capable de les diriger. Alors, que faire ?
La stratégie du faible au fort mise en œuvre par l’Iran n’a pas permis aux mollahs d’imposer leur volonté aux Américains et aux Israéliens, mais de durer artificiellement grâce à l’aide de la Chine et, d’une façon moindre, de la Russie. Le chantage exercé par l’Iran sur le reste du monde, y compris la Chine, à travers le moyen du contrôle du détroit d’Ormuz, ne peut pas durer autant qu’à l’époque des Portugais. Les discussions entre les présidents Trump et Xi Jinping, la semaine prochaine, pourraient être à cet égard décisives.
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45 commentaires
On peut remercier RIRI 06 d’avoir su démontrer de façon étayée que par son article, cet « expert » n’en est pas un et qu’il est avéré que dans cette crise iranienne, prolongation d’une crise interminable du Proche-Orient, les Etats-Unis, poussés par Israël y ont une large part dans son déclenchement. Qu’on se le dise et que les Etats-Unis veillent à ne pas « refaire le coup » de la guerre du Viet-Nam (une guerre non déclarée), de la guerre d’Irak (une guerre non déclarée) et de la guerre du Pakistan (une guerre non déclarée… décidément).
Sa Sainteté s’en prend à Donald pour lui dire qu’il ne faut pas jouer avec la représentation de Dieu pour faire la guerre…Je pensais qu’il en avait aux mollahs iraniens…Mais non semble-t-il , il en a aux USA. Il faut dire que c’est plus facile, moins de vagues, pas d’attentat islamiste, pas d’émeute à Rome, la garde suisse en alerte…avec Trump, juste des échanges de mots et les seconds de DT pour éviter la dispute !
Vous inversez la réalité. C’est l’évangéliste Trump qui a outragé le pape Léon XIV lequel a répondu avec dignité qu’il ne voulait pas polémiquer avec lui.
Vos sources ???
Anonyme67. Question déplacée d’un trumpiste ne prenant pas la peine de se renseigner avant d’écrire. Primo, concernant l’outrage de Trump au pape Léon XIV, allez sur le site Truthsocial.com, et vous trouverez facilement son long message posté le 13 avril 2025 à 15h03, et commençant par « Pope Leo est WEAK on crime, and terrible for Foreign Policiy. Etc.» (Le pape Léon est faible contre le crime, et nul en politique étrangère. Etc ».
Secundo, pour la réponse très mesurée et digne du même jour du Saint Père disant qu’il ne veut pas polémiquer avec Trump, vous y accéderez en intégralité au choix sur The Guardian, Associated Press, CBS News, l’AFP, la BBC, Fox News, The New York Times, ABC, Reuters, France Info. J’arrête là, tellement la liste est longue. Bonnes recherches.
Les anciens ambassadeurs et ex-généraux vont tout nous expliquer cette semaine sur les plateaux télé…
Bof ! Les émissions de plateau sur TOUTES les chaînes de télévision en continu sont le lieu de toutes les manipulations idéologiques et gouvernementales.
À éviter.
Signalement/urgence… L’auteur de l’article aurait toute sa place sur les plateaux de LCI et BFM…
À bon entendeur salut !
Et voilà! tous les anti trump de pacotille y vont de leur commentaire alors qu’ils ne savent rien et c’est heureux. Ah connerie quand tu nous tiens.
Je suis très fier d’être un anti Trump de pacotille lorsque je lis les énormités de ce que pensent les pro-Trump de pacotille…
20/20
De deux choses l’une : soit Trump a menti et son oération war Hammer a été un demi fiasco …et du coup les iraniens disposent de prés d’une demi tonne de matière fissile ..Soit il n’a pas outré ses résultats et donc ils ne constituent plus une menace pour longtemps …
Mais aux anti -Trump primaires et secondaires je cobseillerai de revoir sur Tumblr . l’i tetview d’Hillary Clinton déclarant » Moi présidente , je déclarerai la guerre à l’Iran pour les empêcher de se doter de l’arme nucléaire …. » Pour être pris au sérieux les américains feraient bien de faire une démonstration de leur puissanceatomique sur les yémenites qui menacent bien plus notre commerce que leurs grands frères et commanditaires iraniens …
Cet article et les commentaires sont a pleurer par leurs stupidité hémiplégique.
Et bien, pleurons.
Je vous donne un citron pour cela, en pensée… numérique !
parfait !
Je réitère on message de ce 10 mai 2026 à 13 heures 08, lequel justifie le rectificatif étant écrit à 13 heure 09 et figurant dans ce courrier des lecteurs :
Nous n’en serions pas là si les Etats Unis avaient respecté les principes élémentaires du droit international sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique de ne déclarer la guerre (pas de faire une agression sans déclarer la guerre, je précise) pour complaire à Israël qui, en tant qu’Etat souverain et membre de l’ONU ne respecte pas ses obligations internationales.
En fait, le véritable agresseur, c’est Israël.
Ben tient ! Et le 7 octobre, le HAMAS, soutenu par l’Iran, a bien « respecté les principes élémentaires du droit international sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique » ?
Pour autant que l’on admette que l’histoire commence à une date précise en omettant, délibérément ou par ignorance, tout ce qui s’est passé auparavant durant près de 80 ans, on n’en est pas pour autant dispensé de se souvenir qu’Israël a longtemps trouvé dans le Hamas le moyen d’affaiblir le Fatah. Et l’Histoire montre malheureusement que l’on ne gagne pas forcément à favoriser l’émergence d’un nouvel ennemi aux seules fins de se débarrasser de celui que l’on combat de longue date.
François47. Ben tiens ! N’est-ce le gouvernement de Netanyahou qui en, réplique à l’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas qui a fait 1.200 morts, a massacré au moins 73.000 civils gazaouis (60,8 fois plus) et détruit la Bande de Gaza à 95 %? Je vous rappelle que depuis le 21 novembre 2024 Netanyahou et son ministre de la défense Yoav Gallant sont inculpés et recherchés en vertu de mandats d’arrêt internationaux de la CPI pour crimes de guerre et contre l’Humanité.
Pour commencer, mon propos évoque le comportement des États souverains, donc capables d’assumer des responsabilités internationales et l’on constate qu’Israel, en refusant systématiquement de négocier une situation de crise dont il a une large part, ne les assume pas.
Quant au terrorisme, il me semble qu’Israël lors de sa formation y a eu, lui aussi, recours. Ce n’est certes pas une excuse pour « les autres » qui y ont eu recours, mais cela mérite d’être souligné, surtout lorsque l’on se dit État exemplaire avec armée exemplare.
Alors, dans ces conditions, qu’Israël ait au moins l’humilité et la décence de négocier.
Vous êtes le Bisounours de service ce matin. Quant on voit l’arsenal militaire utilisé par les Iraniens je remercie Israël et les usa d’être intervenus avant l’apocalypse prévisible pour l’ occident .
Mais l’apocalypse occidental s’est abattu déjà en Irak et su Gaza et Israel y a une large part.
Il est urgent de revenir aux fondamentaux du droit international.
Je suis de votre avis. Mais c’est une histoire très compliquée et les US se servent de tout le monde pour mettre le feu partout. Je vais me faire l’avocat du diable : Israël doit rendre les « territoires occupés » et se contenter de ce qu’on lui a donné. L’Iran a le droit d’avoir de l’uranium enrichi comme d’autres pays. Chaque pays a aussi le droit de vivre comme il l’entend avec sa religions, ses habitudes etc…Charbonnier est maître chez lui. De quoi se mêle t’on? ON ferait mieux de faire le ménage chez nous. Comme je ne cesse de le répéter, c’est une guerre d’usure…La Perse millénaire …
L’auteur oublie que le détroit d’ormuz appartient aussi aux omanais les eaux territoriales omanaises définissent le sud du détroit .
Les navires pourraient aussi longer les côtes omanaises pour franchir le détroit.
Sous la menace des missiles iraniens dans une zone où la navigation est difficile.
Tant que ce n’est qu’une menace, ça va. Les eaux d’Oman ne sont pas les eaux iraniennes. Les eaux françaises de la Manche ne sont pas les eaux britanniques et dans le Pas de Calais, ces eaux se touchent comme pour Ormuz. A savoir aussi que le golfe persique a des eaux internationales, comme la Manche mais il faut passe par le détroit, soit par l’Iran, soit par Oman.
1/ – VERT100. Oui vous avez raison, à son endroit le plus resserré (entre la pointe omanaise de Kumzar au sud et l’île iranienne de Larak au nord), le détroit d’Ormuz est large d’à peine 30 milles nautiques (env. 48 km). Au niveau de ce goulet d’étranglement, il n’y aucunes eaux internationales, mais une mer irano-omanaise.
2/ – EAUX TERRITORIALES. Depuis leurs traits arrondis de côte, les eaux territoriales respectives du sultanat d’Oman et de l’Iran ont des largeurs égales de 12 milles nautiques chacune (soit 22,2 kilomètres).
3/ – NAVIGATION MARCHANDE. Deux rails MONTANTS (un en entrée) et DESCENDANTS (un en sortie) de navigation sont aménagés dans chacunes des eaux territoriales. Selon la configuration de la zone (profondeur, hauts fonds, etc.), chaque rail (genre de chenal) est large d’environ 1,19 mille nautique (2,20 kilomètres) à 2 milles nautiques (3,70 kilomètres), le tout séparé par un corridor de sécurité de même largeur pour éviter les collisions et permettre les manœuvres.
En conséquence, les navires marchands peuvent (en cas de feu vert des affréteurs, des armateurs et surtout des assurances) emprunter les deux rails omanais. Voilà ce qu’il en est au plan technique.
4/ – DROIT DE LA MER. Il est défini par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) dite Convention de Montego Bay du 10 décembre 1982. Celle-ci s’applique pleinement au sultanat d’Oman qui l’a signée le 1er juillet 1983, l’a ratifiée le 17 août 1989 et la respecte en tous points.
Concernant l’Iran et les Emirats arabes unis, ces deux pays ont signé le 10 décembre 1982 cette convention de Montego Bay. Toutefois ces pays ne l’ont pas ratifiée par la suite dans l’attente du règlement des différends territoriaux non résolus qui les opposent sur la possession de petites îles dans le détroit d’Ormuz (Abou Moussa, etc.), avec incidence sur la délimitation des eaux territoriales respectives. La convention ne leur sera applicable qu’après ratification, mais j’ignore s’ils parviendront à un accord.
Quant aux Etats-Unis, ils sont très mal placés pour parler du respect du droit international maritime dont ils n’ont rien à faire. Considérant qu’ils peuvent agir à leur guise, les USA ont effet refusé de signer-ratifier ou d’adhérer à la Convention de Montego Bay.
On imagine à peine ce que serait la faiblesse de l’Iran armée du nucléaire ! Mais on craint de devoir constater la passivité du monde devant ce fléau terroriste capable de le paralyser. Possible que le guide suprême iranien ne parle que par la ventriloquie de ses Gardiens, devenus sanitaires. L’influence de la Chine ira au pacifisme. Ce commerçant inné même en endossant l’habit militaire et un budget exponentiel d’armement ne peut changer sa nature. Montesquier l’avait habillé pour la vie et les Vietnamiens, expérimentés, lui ont donné une leçon de guerre. Bref, si Trump, de gré ou de force ne libère le monde en même temps qu’il ne décolonise le pays de ses dictateurs en turbans, obligera Israël a faire le sale boulot…et il le fera encore sous les hourvaris des couards, ingrats comme à l’ordinaire, le droit international en echarpe et en charpies.
Au fait, qu’en pense l’ONU ? Allo… New-York !? Allooo..
Mais on peut commencer par les membres du conseil de sécurité et à l’assemblée générale (le groupe des 77). Tout n’est pas de la compétence du Secrétaire général .
Là où la diplomatie échoue, le recours à la force s’impose !
Vous allez un peu vite dans votre raisonnement : Il se trouve que la diplomatie était en cours, mais Israël a tenu à la faire échouer et a poussé les Etats-Unis en ce sens.
Ce n’est vraiment pas la même chose !
Ca fait 40 ans que l’Occident use de diplomatie avec l’Iran qui s’en moque et, pendant ce temps, continue à enrichir son uranium pour fabriquer une bombe avec laquelle les mollahs ne cachent pas qu’ils veulent rayer Israël de la carte… Un fois qu’ils l’auront fait avec Israël il s’en serviront pour étendre leur dictature islamique à tous leurs voisins. Ce n’ est pas pour rien qu’on les appelle les « FOUS de Dieu ». Il arrive un moment où il faut dire « stop ! ».
Chez les Chiites la Taqiyya (le mensonge, la dissimulation) est une règle de vie. Merci à François 47 de remettre un peu d’ordre dans ce qu’on peut attendre du régime des mollahs et de sa milice qui massacrent leur propre population et qui tue les femmes iraniennes qui portent mal leur voile. Comment pourrait-on leur faire confiance pour respecter la parole donnée à des “mécréants”.
ANTISYSTEMES59. Vous dites « Là où la diplomatie échoue, le recours à la force s’impose », cela est inexact. Les pourparlers ont commencé le 6 février 2026 à Mascate (Oman) entre les Etats-Unis (Steve Witkoff, Jared Kushner) et l’Iran (Abbas Arragchi). Elles se sont poursuivies en février à Mascate puis Genève, à la résidence de l’ambassadeur d’Oman. C’était plutôt encourageant.
La dernière réunion bipartite s’est tenue le 27 février 2026 à Genève sous l’égide d’Oman. Au cours de celle-ci les délégations USA-Iran sont convenues de se revoir en Suisse toujours sous intercession omanaise au début mars 2026.
C’est donc en rompant unilatéralement les négociations en cours et sans prévenir que Trump et Netanyahou (qui préparaient leur offensive depuis des mois) ont brusquement déclenché le lendemain 28 février 2026 leur guerre d’agression contre l’Iran. En l’espèce, il n’y a pas échec de la diplomatie, mais piège des Etats-Unis.
C’est curieux comme on peut interpréter la réalité différemment.
Vous affirmez que la stratégie du faible au fort est à bout de souffle alors que Trump n’a rien obtenu et qu’il en est à quémander auprès de la Chine qu’elle joue les intermédiaires, ce qui n’est sans doute pas pour lui déplaire.
Pour l’instant, je n’ai guère été impressionné par vos analyses mais je vous promets que je vous rendrai justice si l’Iran capitule, change de régime, livre son uranium et s’engage à ne pas prélever de péage dans le détroit d’Ormuz.
Jean-Paul Ledoux, bonjour. Vous écrivez à l’auteur M. Arbarétier « Je vous promets que je vous rendrai justice si l’Iran…livre son uranium ». Je veux bien, mais de quel uranium parlez-vous ?
Je vous signale ainsi qu’au rédacteur de l’article que ce stock d’uranium 235 (408,6 kg et pas 440 kg) n’existe plus, ou du moins qu’il n’est pas récupérable.
Le 20 avril 2026 (il y a à peine 20 jours), Donald Trump a lui-même écrit, officiellement annoncé ceci sur son site Truth Social et confirmé sur les média comme la TV Fox News :
1/- Son opération Midnight Hammer de juin 2025 (il y a 10 mois et demi) a permis de complètement anéantir (obliterated) les trois centres nucléaires iraniens de Fordo, Natanz et Ispahan ;
2/- Ses raids aériens et frappes navales ont réduit en poussières ce stock fissile, et l’ont enseveli profondément sous la montagne iranienne (avec ses bombes géantes anti bunker GBU57 et ses missiles Tomahawk) ;
3/- Il a précisé que de ce fait, il est très difficile et long (voire irréalisable) d’excaver et d’exhumer cet Uranium 235.
Dans ces conditions décrites par lui-même et qu’il vous est facile de vérifier sur Truth Social et la presse américaine, comment Tump pourrait-il raisonnablement exiger aujourd’hui des Iraniens la remise de cet uranium 235 que lui-même décrit comme enterré sous des millions de tonnes de roche depuis l’année dernière ? Concernant le président US, il ferait bien de se montrer un minimum sérieux et cohérent.
Il y a une chose que l’auteur de cet article n’a pas compris, c’est que le reste du monde est du côté de l’Iran, comme il est du côté de la Russie en Ukraine. Le reste du monde est tellement content de voir que les occidentaux, auto qualifiée de « camps du Bien », se cassent enfin les dents après avoir porté la guerre, la peur et la mort dans tant de pays qui voulaient juste rester indépendant et ne pas se plier aux injonctions. Le problème sur terre c’est le nihilisme occidental mais le monde ne se laisse plus faire à l’exception des européens qui ont remplacé de grands pays (Allemagne, France, Italie…) par un tout petit qu’ils ont appelé UE. Cette UE qui gonfle le torse mais qui rentre dans son trou, comme les marmottes, dès que leur « daddy » fait les gros yeux. Même l’Afrique nous rejette. La France y était présente d’ouest en est au niveau du tropique du Cancer et en 2/3 ans, elle en a complétement disparu (à part Djibouti).
À part une leçon d’Histoire, qu’apporte cet article ?
De l’eau au moulin des anti Trump primaires, des soutiens à la barbarie chiite et des contempteurs d’Israël ? Même pas.
Puis-je rappeler à l’auteur de l’article, fervent trumpiste et netyanahouphile, que le Détroit d’Ormuz était OUVERT et entièrement LIBRE à la navigation avant la guerre américano-israélienne de février 2026, laquelle constitue une agression armée au regard du droit international ?
Puis-je aussi rappeler à M. Arbarétier, visiblement mal informé, que le nombre de navires marchands coincés dans le Golfe Persique est à ce jour très inférieur au 1.500 qu’il cite ? Depuis mars 2026, l’Iran a en effet laissé sortir plus de 500 bâtiments de commerce, dénotant ainsi sa volonté d’un blocus très relatif, je dirais même sélectif.
Exemple : il en est ainsi du M/T qatari Al Kharaitiyat, tanker de gaz naturel liquéfié, IMO 9397627, long 315 m, tonnage 107.153 t, charge 216.200 t, propriétaire Nakilat HHI inc. Qatar, battant pavillon du Libéria. Ce méthanier a quitté hier 9 mai le terminal gazier qatari de Ras Laffan et fait actuellement route vers le le port pakistanais de Qasim avec le feu vert de l’Iran.
Cela signifie que Téhéran autorise le passage des navires de commerce des pays considérés comme non hostiles comme le Qatar (jusqu’à éventuel renversement de tendance) et le Pakistan, pays négociateur entre les USA et l’Iran.
« laquelle constitue une agression armée au regard du droit international… » On ne peut plus désormais ignorer que le « droit international » n’est rien d’autre que celui du plus fort. Il se trouve néanmoins que le « plus fort » en question ou, tout du moins, celui que la terre entière percevait comme tel, peut être ostensiblement mis en échec par un pays sous embargo depuis près de 50 ans. Pire encore, ce fameux « plus fort » semble incapable de mettre fin au problème qu’il a lui même créé et qui affecte l’économie de toute la planète. L’équilibre des puissances est en train de changer et peut-être que ce pays qui n’a cessé de déclencher des guerres sur tous les continents va finir par comprendre que mettre fin à sa longue série de défaites devrait lui éviter de subir de nouvelles et toujours plus cuisantes humiliations.
Pourtant, ni l’Iran ni les USA ne peuvent accepter de donner l’impression qu’ils ont été battus. Les USA ne le peuvent pas car ils ne pourraient plus prétendre à leur pré-éminence. Et les Iraniens non plus, car ce serait une perte d’influence inacceptable pour le monde Chiite et tous ceux qui s’en réclament.
Et bien tirons les conclusions de ce que vous écrivez : il faut revenir à la table des négociations qui étaient en cours avant le 27 février dernier.
Rectificatif : c’est d’Israël dont je parle dans mon message de l’instant.