Glyphosate saison 3 vient de sortir et s’annonce encore plus passionnant que Game of Thrones ou Prison Break. Quel suspense ! C’est que la Commission européenne doit bientôt se prononcer sur la prolongation de son autorisation et qu’au nom de la France, ce pauvre se débat pour nous maintenir médaille d’or des angoisses sanitaires. On se souvient que, dans la première saison, l’herbicide miracle fonctionnait à la plus grande satisfaction des jardiniers et ; sans oublier la qui, grâce à lui, désherbait confortablement ses 60.000 km de voies.

La saison 2 vit le débarquement des – toujours à la recherche d’une catastrophe millénariste à combattre – soupçonnant le produit d’être cancérigène. C’est paradoxalement une étude rassurante qui leur permit de s’engouffrer dans la faille, car elle s’avéra ultérieurement “polluée” par la prise en compte de certains passages copiés-collés de documents émanant du fabricant, le célèbre . Dont le nom seul, comme Seveso ou Tchernobyl, est prié de nous faire frissonner… À preuve, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) n’a-t-il pas classé le produit comme cancérogène “probable” chez l’homme ?

Mais la saison 3 s’ouvre par un coup de théâtre : une étude publiée le 9 novembre dans le Journal of the National Cancer Institute et reprise par Le Figaro affirme que cet herbicide n’augmente pas le risque de cancer chez les agriculteurs qui l’utilisent. Et, ce coup-là, rien à redire : la notoriété du journal est impeccable, la patronne de l’étude planche sur ce type de dossiers depuis 2004, aucun des chercheurs n’a le moindre lien avec l’abominable entreprise capitaliste et le travail a été entièrement financé par des institutions publiques de recherche américaines. L’enquête a suivi plus de 54.000 agriculteurs pendant vingt ans, dont 9.300 n’ont pas utilisé de glyphosate sur cette période, au bout de laquelle 7.290 avaient déclaré un cancer. Mais statistiquement, la proportion de cas de cancer est la même dans les deux groupes. Ce qui confirme les résultats obtenus en 2005 par les mêmes scientifiques sur une période plus courte.
Une telle conclusion sur une observation aussi longue, et d’un si grand nombre d’individus, ne manque assurément pas de poids. Mais il se trouve des esprits chagrins pour arguer que l’étude pourrait être biaisée par le caractère déclaratif de l’exposition au glyphosate : certains agriculteurs auraient pu la subir sans le savoir…

C’est un peu comme le linceul de Turin : chaque fois qu’un argument scientifique tend à prouver son authenticité, un autre vient plaider pour le faux moyenâgeux, et ainsi de suite depuis plus d’un siècle. Alors, attendons patiemment la saison 4.

23 novembre 2017

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