Gestion de crise du coronavirus : les ministres intègres et la Cour de justice

Le 18 mars, à 9 h 03, suite à la lecture des confessions d’Agnès Buzyn, celui qui n’est rien et surtout pas un juriste mais qui signe ces quelques lignes envoyait sur la Toile de l’oiseau bleu deux petits pépiements, des gazouillis à l’adresse de M. François Molins, qui affiche parmi ses responsabilités « ministère public de la Cour de justice de la République ».

Bonjour @francois_molins
Les révélations d’@agnesbuzyn ne devraient-elles pas amener à l’ouverture immédiate d’une instruction à la #CourJusticeRépublique sur la mise en danger de la vie d’autrui sciemment décidée par bon nombre de ministres dans le cadre du #COVID19 ? La possibilité de requalifier cette impéritie en homicide involontaire / par imprudence existe-t-elle ? À 38 % de taux de contagion quotidien, ça me semblerait fondé, certes par de seules statistiques …

Ce n’était pas original. Un bien plus versé dans les arcanes des lois et de la justice, Régis de Castelnau, avocat et blogueur, avait publié, la veille, un texte dans lequel il appelait à une telle comparution des ministres devant la Cour de justice de la République et argumentait de façon détaillée, et certainement plus exacte, le fondement que pourrait avoir une telle action.

C’est bien le coronavirus qui cause la mort, mais c’est l’absence et le retard dans la prise de décision publique qui favorise la contagion précoce et une mortalité plus élevée. La responsabilité indirecte des ministres n’est pas une irresponsabilité devant la loi. Le seul qui échappe à cette mise en accusation est le Président, du fait de son immunité.

La saisine de la Cour de justice de la République peut être demandée soit par le plus haut parquetier de France, soit par toute personne qui s’estimerait lésée par un crime ou délit commis par un membre du gouvernement dans l’exercice de ses fonctions.

Un collectif de professionnels de la santé qui s’est baptisé C19 et est représenté par le cabinet d’avocats Di Vizio a décidé de saisir la haute juridiction pour incriminer les ministres, selon CNews. Le recours judiciaire contre ce scandale d’État pourrait, malgré tout, faire flop, la mise en cause des puissants étant chose compliquée, en France.

Bien sûr, il n’est pas question, ici, de proposer à une foule de se substituer à la justice pour lyncher des ministres ayant du sang sur les mains. Mais ne serait-il pas opportun que tous les professionnels de santé mis en danger par l’impéritie des ministres se joignent au collectif et qu’il donnent, ainsi, à cette action un poids suffisant pour que les échappatoires des politiques visant à se protéger entre eux ne puissent fonctionner ?

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