Editoriaux - Politique - 3 avril 2019

François Hollande : gare au syndrome de la grenouille, celle qui « s’enfla si bien qu’elle creva » !

À force de se rengorger, tout gonflé de l’importance qu’il s’accorde, François Hollande va finir par exploser.

Un an, la semaine prochaine (le 11 avril), qu’il a publié ses Leçons du pouvoir (Stock). Fort de ses succès dans la France des giratoires, l’ancien Président sort une version en poche. Elle est augmentée d’un addendum sur l’état actuel de la France et du monde devant « la montée des populismes », ainsi qu’un chapitre sur son histoire d’amour avec les Français si heureux de le rencontrer qu’il se berce d’espoirs sur un possible retour en politique.

François Hollande se gargarise de cette célébrité qu’il pense due à ses mérites. Il gonfle, glousse, donne des leçons de bonne gouvernance… tellement infatué qu’il en oublie toute retenue.

C’est Alba Ventura qui l’épinglait, ce mercredi matin, sur RTL. Éditorialiste politique, elle connaît bien le personnage et ses désirs rentrés : « Il aurait rêvé d’être chef de service politique ou éditorialiste. Quand il était au Parti socialiste, il passait son temps avec les journalistes et quand il était à l’Élysée, idem… Deux journalistes du Monde en ont même fait un livre : Un président ne devrait pas dire ça… » Alors, elle propose un nouveau titre pour la réédition des Leçons du pouvoir : « Un ancien président ne devrait pas dire ça… »

À la question « Qu’est-ce qui pousse François Hollande à continuer d’écrire ? », elle répond avec pragmatisme : chacun sait qu’en politique française, quiconque veut passer dans les médias doit faire un livre, et « comme François Hollande n’a pas le temps de refaire un livre, il fait une version “augmentée ”. […] Quelques pages de plus et quelques vacheries de plus, et hop ! vous gagnez votre droit d’entrée dans les médias. Et il adore ça, François Hollande, passer et repasser dans les médias, à s’en saouler ! Ça lui donne l’occasion de chroniquer la vie politique française. C’est ce qu’il a toujours fait. »

C’est qu’avec ses rondeurs de faux débonnaire, il prend tout le monde de haut, l’ancien Président. L’état actuel de la France ? Il n’y est pour rien. Donner des leçons, « de la part d’un Président qui n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage, qui a proposé, puis renoncé à la déchéance de nationalité, qui a fait demi-tour sur l’écotaxe et qui a fait voter la taxe carburant que les gilets jaunes ont rejetée. Et qui n’a pas réussi à maintenir l’unité de son propre parti derrière lui ! C’est osé ! », dit Alba Ventura.

Et il ose… parce que là est le tropisme de la gauche en général, et du Parti socialiste en particulier. D’où sa minable tentative de recentrer le débat sur « la montée de l’extrême droite ».

Comme l’explique fort bien Claude Robert sur Contrepoints.org : « Une fois de plus, Hollande a raison de brandir ce hochet mitterrandien, car tel une puissante baguette magique : il permet de resserrer les rangs d’une gauche dépourvue de la moindre vision politique pour le pays ; il donne bonne conscience à la gauche caviar et bobo que le souci de la pauvreté et de la précarité semble avoir abandonnée progressivement ; il permet de dévier l’attention du peuple sur l’échec économique de la gauche ; ultime raffinement, il ménage à l’ancien Président la possibilité de revenir aux affaires ! »

La ficelle est grosse, mais que faire quand on « ne peut finalement exister qu’en opposition à quelque chose d’autre » ?

L’aspect le plus insupportable du personnage Hollande est son absence totale de retenue et de pudeur, sa suffisance satisfaite, sa certitude d’être toujours du bon côté de la morale et du cœur. Travers qu’il partage, d’ailleurs, avec son ex-compagne, Ségolène Royal, elle aussi enfant chérie d’un Mitterrand dont ils ont, l’un comme l’autre, appris l’art de la manipulation et du mensonge.

Ces gens-là devraient relire La Fontaine : « Regardez bien », Français ;
« Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ? » C’est l’histoire de la chétive Pécore, la grenouille qui « s’enfla si bien qu’elle creva ».

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