Le film My Beautiful Boy, d’un réalisateur d’origine belge, se déroule aux . Il relate la descente dans l’enfer des drogues du jeune Nicolas Steff (Nic) qui, dès l’âge de 12 ans, s’adonne au cannabis et s’inscrit bientôt dans l’escalade du « toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort », caractéristique du comportement toxicomaniaque. Après le cannabis et l’ viendront la methamphétamine, l’ecstasy puis l’héroïne. C’est à un stade déjà avancé de cette spirale que son père (David) réalise que Nic, à qui l’existence aurait pu sourire, est en train de s’abîmer dans les toxicomanies.

Pourquoi cela ? Pourquoi lui ? On dispose de quelques éléments qui pourraient être explicatifs. Ses parents se sont séparés alors que Nic était encore très petit ; son père s’est remarié et a eu deux autres (adorables) bambins avec sa nouvelle épouse ; l’argent de poche fut sans doute dispensé généreusement (Nic dérobe les économies de ses demi-frère et sœur). Nic fait état d’une sensation de grand vide. Pour parler comme Françoise Dolto, ayant perdu sa carapace de l’enfance, il n’a pas encore élaboré celle d’adulte jeune. C’est alors qu’il expérimente des drogues aisément disponibles comme le cannabis. Cela intervient en dépit de la démonstrative affection que son père lui témoigne, comme pour le dédommager de l’avoir privé de sa mère. Ajoutons à cela une certaine cécité sur les fréquentations de Nic, ses loisirs, son temps extra-familial, jusqu’au jour où le drame devient patent.

Une belle d’amour paternel, d’échanges, d’efforts de compréhension ; au point que David va expérimenter un sniff de méthamphétamine pour essayer de comprendre ce que ressent Nic, quand il consomme ce toxique. Un père qui fait tout pour éviter la rupture, en dépit des multiples promesses d’abstinence non tenues, des dissimulations, des exactions même : Nic, avec une compagne en toxicomanies, cambriole la maison familiale.

David sait néanmoins résister aux demandes d’argent de Nic, dont il sait l’usage qu’il en ferait.

Nic multiplie les tentatives d’arrêt de consommation, certaines étant suscitées après s’être approché de la par une overdose. Les caractères irrésistible, inéluctable de plus fort que soi restituent parfaitement la tyrannie du besoin, de la dépendance, de l’addiction. Nic est tout sauf un sale type, c’est un pauvre type, débordé, dépassé, subjugué, paumé.

Je rageais en quittant la salle contre ceux qui, absents de toute démarche de prévention, viennent pérorer d’abondance (car nombreux sont ceux qui leur tendent des micros) pour requérir la puis de toutes les autres drogues. Il est temps de faire taire, en priorité parmi eux, ceux qui ont le front de se prétendre « addictologues », en attendant de leur demander des comptes.

Un film à voir et à faire connaître !

16 février 2019

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