Festival d’Avignon : Emmanuel Macron interpellé pour quémander plus de subventions

Les membres du festival d’Avignon adressent une tribune au président et lancent une pétition.
Le monde de la culture s'adresse à Emmanuel Macron. Capture d'écran Instagram sarahlegrain
Le monde de la culture s'adresse à Emmanuel Macron. Capture d'écran Instagram sarahlegrain

Le festival d’Avignon a tourné à la tribune politique. Le 12 juillet dernier, des intermittents du spectacle, accompagnés de la CGT spectacle et du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, ont exhorté le président de la République à venir en aide au monde de la culture.

Selon eux, le milieu serait en proie à la montée de la pensée réactionnaire et aux coupes budgétaires à répétition, fragilisant davantage le statut des artistes. « Monsieur le Président, à l’heure où nous sommes confrontés à une puissante offensive réactionnaire, à la fragmentation du débat public et à une défiance envers les institutions, nous affirmons qu’affaiblir le service public de l’art et de la culture serait une erreur historique. Les coupes budgétaires à répétition et celles qu’on nous annonce nous obligent à crier, tant il y a urgence », a notamment déclaré l’une des participantes, face à une salle comble et visiblement enjouée.

Ensemble, ils dénoncent les coupes budgétaires et réclament l'ouverture d’un « véritable débat sur le service public de l’art et de la culture », mais également à ce qu’au moins 1 % du budget de l’État soit consacré à la culture (contre 0,7 % actuellement, selon eux) pour que les artistes « retrouvent leur indépendance », ainsi que la garantie, pour chacun, d’un « accès égal à l’art et la culture » sur l’ensemble du territoire. En s’adressant directement à Emmanuel Macron et en incitant les spectateurs à filmer la scène et la relayer sur les réseaux sociaux, les intervenants espèrent obtenir des signatures pour leur pétition grâce au hashtag #1pourcentculture. Des membres de la classe politique se sont saisis de cet événement, à l’instar de la députée insoumise Sarah Legrain, qui en profite au passage pour faire la promotion de Jean-Luc Mélenchon.

 

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Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, il est intéressant de noter que le festival d’Avignon In est déjà biberonné aux subventions avec près de 8 millions d’euros attribués par l’État et les collectivités, pour 60 millions d'euros de retombées économiques pour le Vaucluse. Dans le détail, l’État subventionne cet événement à hauteur de 4,27 millions d’euros, la ville d’Avignon à hauteur de 950.000 euros, le Grand Avignon 950.000 euros également, le département de Vaucluse 627.400 euros, la région Sud 756.000 euros, entre autres. Le festival d'Avignon Off, quant à lui, bénéficie d’un total de 152.500 euros de subventions. Un joli pactole dans un contexte croissant de restriction économique. Nous sommes ainsi loin des « attaques d’une brutalité inédite faites à la culture » dénoncées sur scène ou du « paysage de ruines » déploré.

Enfin, rappelons que, bien que le montant du budget de l'État alloué à la Culture ait diminué, il s'élève toutefois à près de 3,74 milliards d'euros, en 2026.

Vos commentaires

73 commentaires

  1. SHEN YUN se produit à guichets fermés tellement la demande est grande et ce partout dans le monde! Si ces quémandeurs avaient le talent de s’interroger peut être arriveraient ils à toucher un large public. Même réflexion pour le Puy du Fou.

  2. A l’image de la France, la  » culture » est bien malade dans ce pays, ne produisant plus rien de qualité…. Aussi bien au cinéma qu’au théâtre.
    Un vide comblé de médiocrité, inversement proportionnel aux subventions encore bien généreuses pour les résultats offerts.

  3. le talent du festival d’Avignon a tellement baissé depuis ses 10 dernières années, que finalement je n’y vais plus – Ce n’est pas plus d’argent qui fera revenir le talent, mais le travail et sans doute aussi un prisme plus large des sujets et des idées, parceque là on tourne en rond et franchement ras le bol de ce microcosme qui se veut  » élitistes » en plus !

  4. Il fut un temps, bien lointain, où le Festival d’Avignon présentait de vraies pièces de théâtre. Depuis les années 1990, il n’y a plus rien de ce que Vilar désirait. Jean Vilar fonde le Festival en 1947 avec une mission :
    « Rendre le théâtre classique accessible à tous. » On est à des années lumières de ce pourquoi ce festival a été créé.

    • @angele : il faut se rappeler qu’à cette époque le public avait de la culture, porte indispensable pour emmagasiner ce qu’il y avait « d’emmagasinable » et admirer ce qu’il y avait d’admirable. Les échanges qui s’en suivait ne faisaient que susciter l’échange avec l’autre : mais ça c’était avant, avant la plongée dans le vide intersidéral actuel de la culture ou rien n’est échangeable si ce n’est le désintérêt voir le dégoût.

  5. D’après ce que j’ai pu voir, il n’y a pas de pièces du répertoire classique français sinon du Molière revisité. Il s’adresse donc à un spectateur connaissant Molière. Pour ma part, je n’aime pas ce genre de choses.

    • @angele : Molière revisité! La démonstration, si besoin était, que les  » auteurs du festival  » n’ont rien à raconter et en sont réduits à plagier ce que d’autres ont écrit avec talent avant eux. Et il faudrait subventionner l’absence de créations ? Si le public en redemandait en masse pourquoi pas, gaspiller les deniers publics non merci.

    • Je n’ai, également, aucun goût pour le  » revisité » dans tous les domaines….
      Je préfère l’authentique.

  6. Le Festival d’Avignon (In + Off) reçoit près de 8 millions d’euros de subventions publiques chaque année, provenant de l’État, de la Région, du Département, du Grand Avignon et de la Ville d’Avignon. copilot
    Vu tout l’argent investi dans un Festival pour un public français très restreint (environ 1 % de la population maximum), je trouve que cette demande est indécente surtout quand on sait que les Français ont du mal à boucler les fins de mois. Le Festival d’Avignon attire surtout des publics culturellement très engagés, souvent cadres, diplômés, et urbains.

  7. A priori Le Puy du Fou ne bénéficie d’aucune subvention. Pourquoi donc Le Festival d’Avignon exige-t-il de plus en plus de « participation » publique ? Comme on aimerait savoir ce qu’en penserait aujourd’hui son créateur, Jean Vilar. Certains vont se fâcher et affirmer qu’une chose n’a rien à voir avec l’autre. Il y aurait le vulgaire spectacle d’un côté et la noble Culture de l’autre…Il n’y a de lecteur ou de spectateur que si l’offre artistique et culturelle attire . En quoi une subvention peut-elle créer le talent qui fait venir le monde ? Elle aide à faire connaître, mais si l’intérêt suscité diminue, la subvention n’arrangera rien durablement. Souhaitons néanmoins beaucoup de talent et longue vie au Festival d’Avignon

    • « Retrouver de l’indépendance… grâce aux subventions ». Pour sortir des inepties de ce niveau, il n’y a que la gauche.
      La gauche ne vit QUE de subventions, c’est dans leur ADN.

  8. Des subventions pour mieux engraisser ces artistes de gauche qui desservent du n’importe quoi dans le domaine artistique pour se faire plaisir et satisfaire leurs idées .

    • @jamyang : déjà que la « télé » s’est rendue imbattable dans le service du non consommable car trop avarié, il faudrait en plus subventionner des saltimbanques, sans public, se croyant artistes?

  9. Et oui il va falloir se mettre au boulot, faire de vrais spectacles avec ses sous pas ceux des autres, des spectacles pour lesquels nous voudront bien payer pour les voir, pas de grosses « m..des » financées avec l’argent des travailleurs.

  10. Ne dit on pas que la culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale? Et actuellement on est vraiment servis ….incroyable le nombre d’artistes et créateurs auto proclamés et subventionnés qui se sentent indispensables .

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