Editoriaux - Table - 4 juillet 2018

Femmes au foyer, pensions de réversion : des économies (trop) faciles !

Nombreux sont ceux qui veulent faire des économies à juste titre, aussi l’épineux problème des pensions de réversion a été, est et sera remis sur la table. Par souci d’égalitarisme, de mutualisation, de fusionnement, certaines futures veuves ont du souci à se faire, tant je suis convaincu que celles-ci subiront une baisse dite d’harmonisation de leur pension de réversion.

Au royaume de la pensée unique, et de l’ère du petit roi, il est rassurant de voir qu’on pense pour vous, qu’on est pédagogue afin de vous convaincre de ce qui est bon, mais aussi de ce qui est moins bon.

Les réversions ne baisseront pas ? Les pensions de retraite ont déjà été sacrifiées, le retraité est déjà spolié, sans avoir eu son mot à dire.

Ce qui me gêne le plus, c’est que le nouveau système, héritier des anciens, est peut-être pire, car il finit d’achever une espèce en voie de disparition, clef de voûte d’un mot désormais honni : la mère au foyer.

Par choix, elle n’est pas rémunérée, elle élève trois, voire plus d’enfants, en absorbant les difficiles contraintes professionnelles de cet homme qu’elle aime, qu’elle a épousé, suivi, épaulé et, il faut bien le dire, auquel elle a permis d’éviter que le chapiteau de la famille “traditionnelle” ne s’effondre, avec beaucoup d’abnégation, aucune reconnaissance, jamais invitée sur les plateaux, et dont le seul défaut est d’avoir tout donné aussi pour ses enfants…

Que je sache, elles n’ont pas droit au RSA, ces femmes de l’ombre, elles ne sont pas payées à l’heure comme les nounous, au tarif justifié que tout le monde connaît.

Elles se dévouent, tout simplement gratuitement, mettant entre parenthèses leur carrière, leurs passions, le temps d’élever les enfants avec responsabilité et certaines valeurs.

Alors, quand “les vieux mariés”, comme le chante Michel Sardou, prennent le temps de penser à eux enfin (quoique, de plus en plus, ils aident les leurs qui n’ont droit eux aussi à rien), s’il advient que monsieur s’en aille voir là-haut si la vue est meilleure qu’en bas, la femme, vraie, authentique, si peu reconnue, aura droit à une pension de réversion, moins que celle de deux, mais le juste retour de temps d’années d’amour et d’abnégation, de solidarité de couple “ancienne génération”.

Quand je compare une handicapée de ma famille qui a travaillé 30 ans en CAT et touche une retraite de 793 euros à l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) de 800 euros dont bénéficiera (depuis 2016, semble-t-il) une personne au RSA qui n’a pas travaillé de toute sa vie, et lorsque j’imagine qu’on va aller raboter la pension de réversion d’une veuve, mère au foyer, jamais payée ni aidée, ne serait-ce que de quelques euros, je pense (“Vladimir Ilitch”, de Sardou, encore) que “les Femmes peuvent être en colère aux portes des moulins” car “ils sont devenus fous” !

Il est vrai qu’une Femen est plus entendue, vue, écoutée qu’une femme qui ne réserve sa poitrine qu’à celui qu’elle aime, et sort pudiquement un peu de son sein pour allaiter.

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