Editoriaux - Histoire - International - Politique - Religion - 29 septembre 2017

Une exposition bruxelloise sur l’islam dans l’ADN… européen

En plein centre de la capitale belge (et européenne), en face d’un café typiquement brusseleir (bruxellois), se tient en ce moment une exposition sur les liens qui se sont tissés au fil de l’Histoire entre la civilisation musulmane et l’Europe, avec en filigrane une tentative de démonstration que l’islam fait intégralement partie de… l’ADN européen.

À l’entrée, Soumaya, jeune fille aux cheveux cachés par un voile discret – moderne, diront les bien-pensants -, accueille curieux et touristes, mais aussi tout le Landerneau politiquement correct accouru au slogan de “l’islam, c’est aussi notre histoire”.

Si l’exposition rappelle l’influence linguistique du monde arabe par l’intrusion de mots dans notre vocabulaire (en réalité, moins de cinq cents, dont le mot alcool, dérivant de l’arabe “kohl”), la recherche d’exotisme d’artistes épris d’orientalisme (Madame de Pompadour peinte en sultane) ou l’apport positif de soldats musulmans lors des guerres mondiales, l’observateur attentif aura surtout remarqué que les relations entre l’Europe et l’islam ont été marquées du sceau du conflit.

Aux antipodes de la conclusion servie au public naïf par les organisateurs de l’exposition qui veulent « casser les préjugés » en associant l’islam de façon intemporelle au projet européen, nos peuples ont toujours été en conflit avec les musulmans présents sur le territoire européen (ou réduits à l’état de dhimmitude).

La religion mahométane aura même réussi à structurer l’ADN européen dans l’opposition qu’elle a toujours suscitée sur le continent : la bataille de Poitiers, la Reconquista ou la bataille de Vienne ont bien davantage nourri l’identité d’une Europe fondamentalement chrétienne que l’apport de quelques mots dans nos dictionnaires.

Pour ceux qui auront survécu aux contresens historiques, un étage entier étale des œuvres d’art, dont une représentant les drapeaux de quatre pays (notamment la France) transformés en autant de… burqas, comme si la soumission de la femme ressortait de notre histoire.

Détail qui ne manque pas de piquant, l’exposition devait ouvrir ses portes au printemps 2016, mais a dû être reportée en raison des attentats de Bruxelles du 22 mars. Les organisateurs craignaient les réactions du grand public qui, lui, a sans doute compris que les attentats actuels sont un des avatars du conflit multiséculaire entre l’Europe et l’islam.

La bataille pour la sauvegarde de notre identité et de notre fierté d’avoir une histoire est, décidément, loin d’être gagnée.

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