[EUROPE] Macronistes et LFI unis pour accuser la police de racisme

Les eurodéputés Renaissance ont voté un texte dénonçant violences policières et discriminations systémiques.
Capture d'écran Parlement européen.
Capture d'écran Parlement européen.

Le vieux démon du « racisme systémique » ressurgit au Parlement européen avec le soutien assumé des eurodéputés macronistes. Un vote du 29 avril dernier passé relativement inaperçu jusqu’à ce que l’eurodéputé RN et ancien policier Matthieu Valet s’en empare publiquement, sur X.

L’élu dénonce un « texte anti-flic et anti-juge » voté par Renaissance « main dans la main avec LFI ». Le document en question est le rapport sur les droits fondamentaux dans l’Union européenne adopté au Parlement européen.

Un texte accusatoire envers la police

Le passage incriminé affirme que « les pratiques discriminatoires des forces de l’ordre demeurent une préoccupation grave » et que « les groupes racisés sont disproportionnellement visés par les contrôles d’identité et les fouilles, l’usage excessif de la force et les harcèlements ». Le texte évoque également « la persistance généralisée de la discrimination et du racisme » au sein des institutions publiques, notamment dans « les forces de l’ordre et le système judiciaire ».

Autrement dit, le Parlement européen reprend désormais à son compte les concepts de « racisme systémique » et de violences policières structurelles. Des notions longtemps défendues par les mouvances indigénistes et l’extrême gauche. Le rapport adopté est consultable sur le site officiel du Parlement européen.

Le retour du « moment Brut » de Macron

Difficile, en découvrant ce vote, de ne pas repenser à l’interview accordée par Emmanuel Macron à Brut, en décembre 2020. Le chef de l’État y évoquait alors des contrôles au faciès et appelait à mieux lutter contre les discriminations policières. Une séquence qui avait provoqué une immense colère chez les syndicats de police et jusque dans la majorité.

Six ans plus tard, ses eurodéputés semblent avoir franchi un cap supplémentaire en validant un texte européen qui présente les forces de l’ordre comme porteuses de discriminations structurelles. Et l’alignement idéologique du parti présidentiel avec la gauche radicale n’a rien d’anecdotique. Rappelons qu'en septembre 2025, au micro de France Info, dans un contexte marqué par plusieurs incidents visant des policiers relayés sur les réseaux sociaux, Mathilde Panot déclarait sans détour : « La police tue, c’est un fait. » Une phrase qui avait suscité une vague d’indignation chez les syndicats policiers.

Une vision militante de la police

Cette défiance structurelle envers les forces de l’ordre irrigue désormais une partie importante de la gauche radicale française. Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, expliquait ainsi auprès du média militant L’Insoumission vouloir faire du désarmement de la police municipale « un levier d’action prioritaire pour faire face aux violences systémiques de l’institution policière ».

Même logique, chez Jean-Luc Mélenchon. Dans son programme pour la présidentielle de 2027, le leader insoumis propose de « créer une commission "Vérité et Justice" sur les violences policières ayant entraîné la mort ou la mutilation de citoyens pour en établir toutes les responsabilités ». Il souhaite également supprimer l’IGPN afin de la remplacer par « une autorité indépendante incluant des magistrats, des universitaires, des citoyens, rattachée au Défenseur des droits ».

Le RN à l’offensive

Ce vote intervient dans un contexte français particulièrement tendu. Agressions de policiers, refus d’obtempérer, attaques contre les prisons, violences urbaines : les forces de l’ordre dénoncent depuis des années un manque de soutien politique. Voir des élus censés appartenir au camp de l’ordre voter un texte évoquant des pratiques discriminatoires systémiques apparaît, pour beaucoup de policiers, comme une véritable trahison.

Dans ce contexte, le vote des macronistes prend une portée hautement politique. Si le texte mentionne finalement que « la violence à l’encontre des agents publics doit être efficacement combattue », c’est grâce à un amendement défendu par le RN et le groupe Patriotes pour l'Europe. Une concession arrachée dans un rapport qui reprend pourtant les principaux marqueurs idéologiques de la gauche radicale sur les violences policières et le « racisme systémique ».

Dans une France où l’autorité est devenue un sujet central, ce type de vote pourrait laisser des traces. Car à force de vouloir parler le langage des ONG bruxelloises et des militants intersectionnels, Renaissance finit surtout par donner le sentiment d’avoir rompu avec une partie du pays réel.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Il y a certains quartiers où des populations originaires de pays extra communautaire sont majoritaires. Cela peut expliquer déjà, la « surreprésentation » des contrôles. Ce n’ est pas du délit de faciès. Il faut prendre aussi en compte dans quel cadre s’ effectue les contrôles policiers: la nuit? Lors d’ échauffourés? Lors de pillages ? Enfin, les conditions d’ interpellations: sont-elles simples? Accord tacite du contrevenant? Ou bien insulte, refus d’ obtempérer, mise en danger d’ autrui ou des Forces de l’ Ordre, elles -mêmes? Un peu facile de sortir les choses de leurs contextes. Je ne défends en rien les FOD, le CRS qui avait bottée méchamment les fesses d’ une manifestante apeurée et incapable de courir, ne représentant immédiatement aucun danger pour le fonctionnaire, m’ avait outré ! Ce genre d’ attitude a bien plus sali une majorité de policiers et apporté de l’ eau « au moulin de leurs détracteurs à l’ affût ». mais rendons à César, ce qui lui appartient, SVP. Stop aux désinformations , aux généralisations et exploitations orientées…

  2. Cadre fonctionnaire de Police, Matthieu Valet a l’autorité et la légitimité pour parler au nom de la police, et, élu des Français, au nom des Citoyens.
    M Valet es-qualité d’élu Rassemblement National à Bruxelles, dénonce la macronie et s’oppose aux dégâts que ce communautarisme provoque. Du courage citoyen, c’est bien, mais ça ne suffit pas pour balayer ces « députés internet », leurs complices et leur chef.
    Il faut aider l’Union Nationale, le RN de Bardella et l’UDR ciottiste, pour qu’une écrasante majorité populaire leur donne les outils du retour de la France à l’état de Nation souveraine de son avenir.

  3. Il n’est pas étonnant que l’extrême droite mondialiste (la seule vraie extrême droite, celle privilégiant l’élite richissime apatride de conviction) et l’extrême gauche fasciste (le fascisme a toujours été et demeure à gauche, comme ses compères le nazisme et le communisme) se retrouve pour combattre leur ennemi commun : les (vrais) démocrates, les patriotes, ceux qui veulent protéger les nations sans qui la démocratie ne peut pas exister.
    Tout cela est logique.

  4. Je respectais la police jusqu’aux interventions TROP musclées chez les agriculteurs. A part un lot (limogé sans doute), tous ont fait du « racisme systémique » dans les étables, mais pas dans les prés contre les raveurs. Sont ils si bêtes pour obéir à des ordres si injustes ?

  5. Il faudra se rappeler au moment de la présidentielle que Gabriel Attal est le secrétaire général du parti Renaissance.

  6. Qui approuve les violences policières et la discrimination systémique ?
    La discrimination systémique c’est mieux que la systématique ?

  7. « Tu obéis pour que ça s’arrête… Et c’est parce que tu obéis que ça continue! » Voilà ce que peut se dire la police. Elle a obéit pour taper sur la manif pour tous, pour éborgner les gilets jaunes, pour verbaliser lors du covid les promeneurs, pour perquisitionner des opposants… La police protège le système. Elle ne protège plus le peuple. Alors la caste va continuer à prendre les policiers pour taper sur la police. Mais désormais, je ne la soutien plus. Il ne faut pas soutenir quelqu’un qui ne se rebiffe même pas contre les mauvais coups. Demain, c’est elle qui viendra nous chercher, au lever, pour nous éliminer socialement juste pour avoir re-twitter un message de résistance… C’est ça notre avenir en UE.

    • Cyrano 24, je suis ancien flic depuis juste 3ans et je partage votre avis, c’est démoralisant de vérité ce que vous dîtes et que j’avais déjà commenté ici. Cordialement.

    • Je partage totalement votre avis. Je ne crois pas la police coupable de racisme . Mais je la crois capable d’aller taper ,sur ordre , sur le brave français qui aurait l’impudence de manifester son amour de son pays . C’est pour cette raison que moi non plus je ne la soutiens pas.

  8. Pas l’ombre d’un doute… attal a déjà appeler à voter lfi et nulle doute que le fumeux micron votera lfi aux prochaines présidentielles…
    Nul doute non plus, notre pauvre France est dernière de la classe partout, sauf pour la délinquance , qui elle prospère !

  9. Et dire que la police protège ce genre d’élus !
    C’est comme les artistes avec Bolloré. Genre : « Encu… protégez-nous ! »

  10. Supprimer l’IGPN ? Parce que c’est, selon M. Mélenchon, anormal que des policiers inspectent le travail des policiers et que des quidams seraient mieux placés pour le faire. J’en déduis que si M. Mélenchon se fait opérer d’une péritonite aiguë et que ça tourne mal, il jugera anormal que l’expertise médicale soit menée par un chirurgien, un plombier devrait faire l’affaire haut la main pour explorer sa tuyauterie.
    Quant aux contrôles « au faciès », soit c’est la « nouvelle France » de M. Mélenchon où l’on contrôle des gens d’origine étrangère qui constituent la population des quartiers, soit c’est la France de M. Zemmour, blanche et catholique, où l’on contrôle les Français blancs et catholiques. Faudrait savoir ce qu’il veut le sieur Mélenchon … s’il veut une France créolisée, il faut des contrôles créolisés !

    • Je suis certain que les contrôles de police à Kinshasa visent essentiellement des Noirs.

    • Ils sont tous de gauche surtout , les LR n’ont plus rien de républicain de droite ; cela fait longtemps qu’ils ont pactiser avec le diable, c’est tout juste si ils ne mange pas dans la main de Méluche.

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