Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 30 janvier 2019

Erik Tegnér : “La candidature de François-Xavier Bellamy est une rupture : c’est une bonne nouvelle !”

Après l’annonce de la candidature de François-Xavier Bellamy comme tête de liste des LR aux élections européennes, réaction au micro de Boulevard Voltaire d’Erik Tegnér. Selon lui, Laurent Wauquiez a eu raison d’imposer François-Xavier Bellamy, capable de rassembler tous les conservateurs.

François-Xavier Bellamy conduira la liste des Républicains aux européennes avec Arnaud Danjean et Agnès Evren. Le candidat Bellamy recueille-t-il vos suffrages ?

Tout à fait. C’est la preuve de la volonté de Laurent Wauquiez à la fois d’une rupture, mais aussi de parler à un électorat conservateur, l’électorat de la droite, l’électorat Fillon. Et c’est une bonne nouvelle.
Durant ces dernières semaines, nous avons pu constater la polémique complètement hallucinante y compris de la part d’En Marche ! d’essayer de critiquer François-Xavier Bellamy sur ses positions, pourtant personnelles, concernant l’IVG. Laurent Wauquiez a choisi de ne pas l’abandonner et de le mettre malgré tout en tête de liste aux européennes. C’est donc la preuve qu’il assume la droite des valeurs et celle pour laquelle nous plaidons. C’est aussi une façon de parler à l’électorat. François-Xavier Bellamy a des convictions assez fermes sur les sujets européens, économiques ou encore sur les sujets de société. Mais il s’adresse aussi aux Français d’une façon différente avec une approche plus intellectuelle qui me semble aujourd’hui opportune.

Vous aviez fait campagne pour les jeunes LR en mettant en avant l’union des droites. Est-ce que le fait d’avoir Jordan Bardella, Nicolas Dupont-Aignan et François-Xavier Bellamy dans trois listes distinctes ne va pas contre ce que vous préconisiez ?

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen n’ont même pas su s’entendre pour faire une liste commune. On ne pouvait donc évidemment pas imaginer qu’aux élections européennes, il y aurait une grande liste qui puisse rassembler des personnes des Républicains, de Debout la France ou encore du Rassemblement national.
Je pense qu’aujourd’hui, pour les élections européennes, il va falloir faire l’union des droites par les idées et non par les partis. C’est tout l’objectif d’avoir François-Xavier Bellamy en tête de liste.
Le Rassemblement national me déçoit depuis le début de la campagne. Marine Le Pen disait clairement dans un article de Valeurs actuelles que le conservatisme était incompatible avec ses valeurs nationales et républicaines. De facto, elle nous renvoie. De même, hier, sur Twitter, Julien Odoul, haut responsable du Rassemblement national, rappelait encore cette incompatibilité entre le Rassemblement national et les conservateurs.
J’observe que cette grande famille des conservateurs, qui était à une époque partagée entre Les Républicains et le Rassemblement national avec cette fameuse alliance entre Damien Philippot, qui représentait les socio-souverainistes et Marion Maréchal, qui représentait les conservateurs, n’est plus d’actualité.
Il faut pourtant rassembler cette grande famille. François-Xavier Bellamy peut le faire dans le cadre des élections européennes pour, enfin, se détacher de cette droite orléaniste qui devrait définitivement rejoindre La République en marche.

La question de la ligne politique du parti sur l’Europe est un problème qui agite depuis quelque temps les Républicains. François-Xavier Bellamy est taxé d’être plutôt très conservateur. Arnaud Danjean s’était, lui, fait connaître parce qu’il avait refusé de voter contre la censure décidée par l’Europe à l’encontre de Viktor Orbán. Agnès Evren, proche de Valérie Pecresse, n’est pas spécialement à l’aile droite du parti. Les Républicains arriveront-ils, selon vous, dans ces conditions à avoir une ligne politique claire pour cette campagne ?

Ce qui compte, dans le fond, ce n’est pas le numéro 2 et le numéro 3. Agnès Evren et Arnaud Danjean sont inconnus du grand public. On en parle très peu depuis leur nomination.
C’est simplement pour essayer de satisfaire certains membres des Républicains. J’ai envie de dire tant mieux, ce n’est pas si grave. Dans tous les partis politiques, il y a un peu cette envie de concilier différentes sensibilités. Le choix le plus important est celui de François-Xavier Bellamy, d’autant plus dans un moment où il paraît totalement clivant.
Hier, durant le Conseil national d’investiture, a été acté qu’il y aurait 50 % de renouvellement dans les vingt premiers de la liste aux élections européennes. Cela montre encore une fois qu’on va essayer de ne pas reconduire un certain nombre d’élus qui auraient pu ne pas voter. J’aurais, évidemment, espéré que des personnes qui ont voté contre Viktor Orbán ne soient pas reconduites.
Ce qui est important est de savoir comment on avance. On avance plutôt dans une direction où ces personnes qui ont mal voté vont être mises de côté.
Il y a bien une problématique interne. On le voit bien aujourd’hui avec les sarkozystes qui essayent de s’opposer à Laurent Wauquiez. Je trouve que les attaques de Debout la France et du Rassemblement national disant que, parce qu’il y aurait Arnaud Danjean et Agnès Evren autour de François-Xavier Bellamy, il ne faudrait pas soutenir cette ligne. Je trouve qu’elles sont tout simplement de mauvaise foi. On attendait depuis longtemps un signe des Républicains. On attendait que ce grand réveil des conservateurs initié avec la Manif pour tous soit concrétisé politiquement. C’est enfin le cas. Il faut donc être capable de le reconnaître et de soutenir Les Républicains pour la campagne des élections européennes. En tout cas, c’est ma position.

À lire aussi

Erik Tegnér : “J’espère que, grâce à Thierry Mariani, Marine Le Pen va enfin s’assumer de droite !”

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleThierry Mariani, ancien député UMP et ministre…