Ira ou n’ira pas ? La candidature éventuelle d’Éric Zemmour à la présidentielle suscite l’engouement médiatique. Quelles sont ses chances ? Et quelles en seraient les conséquences sur la de ?

Réponses de Jean-Yves Le Gallou au micro de Boulevard

Un jeune média Livre noir a publié, dans la soirée de dimanche soir, une interview d’une heure et demie du journaliste Éric Zemmour. Cette interview a été suivie par beaucoup, puisque des doutes subsistent encore sur sa volonté ou non de se présenter à l’élection présidentielle. Comment analysez-vous cette espèce d’engouement médiatique autour d’une simple interview d’un simple journaliste ?

Je crois que si la candidature Zemmour a lieu, elle apporterait un élément important de novation dans un paysage très sclérosé depuis cinq, dix, vingt, quarante ans autour du front républicain entre, d’un côté le Front national et tous les autres. Beaucoup redoutent que l’on en remette une couche supplémentaire en 2022. L’éventuelle candidature de Zemmour redistribuerait les cartes. Ce serait une candidature en dehors du Rassemblement national, mais pas hostile au Rassemblement national et qui ne se réinscrirait absolument pas dans la logique que l’on a toujours connue du barrage républicain, où tout le monde s’allie contre le fameux Rassemblement national au deuxième tour.

  

Selon vous, Zemmour ne ferait pas partie de ceux qui seraient visés par un éventuel front républicain ?

Serait-il visé ou non par un éventuel front républicain ? Je n’en sais rien. Le Rassemblement national ne se retrouverait plus tout seul. Il peut intéresser des électeurs souverainistes, des électeurs de la hors les murs ou des électeurs de . LR est aujourd’hui passé à la centrifugeuse.

Or, une partie des électeurs n’a pas envie de rejoindre Macron et les macronistes. Par conséquent, ils sont orphelins. Ils pourraient donc trouver un candidat tout à fait attractif avec Zemmour.

Les abstentionnistes ne sont pas satisfaits de l’offre des Républicains et ne sont pas non plus totalement satisfaits de l’offre de Marine Le Pen. Je crois qu’il y a un potentiel.

Zemmour a un pied hors du système et un pied dedans. En même temps, il a des positions plus radicales et plus claires que celles de Marine, qui peut parfois donner l’impression de répéter en plus affadi ce qui se disait il y a dix ou vingt ans.

 

D’un point de vue électoral, la candidature d’Éric Zemmour ne porterait-elle pas préjudice à celle de Marin Le Pen ?

Dans une élection, il y a deux tours. Il est vrai que pour être au deuxième tour, il faut être dans les deux premiers. Et pour gagner le deuxième tour, il faut avoir des voix en réserve. Manifestement, Marine toute seule n’aurait pas de voix en réserve. Peut-être que certains, autour d’elle, craignent pour ses qualifications du premier tour. Ce qui prouve qu’ils n’ont pas confiance. D’autres devraient pouvoir se dire que c’est peut-être la chance de gagner au second tour. C’est tout de même le plus important, si on ne veut pas se contenter de faire de la figuration.

 

Si la candidature d’Éric Zemmour avait lieu, cela nécessiterait une campagne, des moyens, des dons et une infrastructure. Croyez-vous qu’Éric Zemmour soit en capacité de mettre en place une telle machine de guerre ? On rappelle qu’un budget pour une élection présidentielle correspond à plusieurs millions d’euros.

Lorsqu’on voit l’intérêt que cette idée suscite, je crois qu’il aura les moyens de faire ce qu’il faut pour avoir les 500 parrainages et avoir des moyens de faire campagne. Il faut ajouter qu’il est extrêmement performant sur le plan médiatique, il dit des choses fortes de manière claire. Par conséquent, à partir du moment où il déciderait de franchir le Rubicon, il aurait beaucoup de chance de se faire entendre.

8 juin 2021

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