Dans une vidéo, seul face caméra, Éric Dupond-Moretti est venu assurer le service après-vente du discours sur le séparatisme de son Président. La jeunesse des cités pourrait avoir pris ombrage de tout ce remue-ménage autour de l’islamisme. Il tient à la rassurer. Sur le ton de la causerie d’un bon papa au coin du feu, le ministre de la démarre sa plaidoirie en déclarant tout d’abord sa flamme à la nation. Bouleversé de voir un Français siffler « La Marseillaise », horrifié par un autre crachant sur le drapeau, bref, le voilà révulsé par la mentalité de ses partenaires de baby-foot. Il ne jouera plus avec eux. Terminé.

Sans transition arrive la séquence émotion. Après passage à la moulinette enchantée d’Éric Dupond-Moretti, les déclarations d’Emmanuel donnent ceci : « Le président de la République, il a adressé des mots d’amour aux musulmans. » Le silence se fait lourd. Puis il ajoute, l’air plus accablé que jamais : « Et ils en avaient bien besoin. » Éric retient quelques sanglots. Les jurés sortent leur mouchoir. est trop injuste.

Avec des accents de Jean Valjean dénonçant les Thénardier, le ministre de la Justice poursuit sa plaidoirie : « Il leur a dit qu’ils étaient nos compatriotes, la grande majorité des musulmans le savait déjà. » Tout compte fait, le monde est beau, mais hélas : « Il y a des gamins qui doutent. Des p’tits Rachid, des p’tis Mouloud qui se demandent s’ils sont Français. » La moulinette tourne à plein régime. La qui envoie le Céfran à l’hôpital ou au cimetière pour cause de mauvais regard devient, sous le coup de la baguette magique gauchiste, « le p’tit Mouloud et le ‘ptit Rachid ». Des p’tit gars qui, entre deux lâchers de blocs de béton sur les , se posent des questions existentielles. La nationalité inscrite sur leurs carte d’identité ne parvient pas à les convaincre. Que faire ? Le ministre est passé en mode « Petite maison dans la prairie ». Plus rien ne peut l’arrêter dans sa vision idyllique des quartiers de non-droit.

« Quand le Président, hier, évoque ces sujets avec beaucoup d’émotion, il rappelle à ces gamins à qui je m’adresse à cet instant que nous savons tous qu’ils sont parfois issus de familles qui ont eu un parcours chaotique, difficile. » L’ malheureuse était attendue. Le ministre ne déçoit pas. La voici qui arrive sous un flot de paillettes… « Mon client a beaucoup souffert. » La routine.

« Tout ça, ce n’est pas la culture de l’excuse, pas du tout », s’empresse-il d’ajouter, contredisant, sans aucun complexe, l’empathie à bon compte dont il a fait preuve quelques secondes auparavant.

Après un sursaut surprenant : « Tout sera fait pour lutter contre le trafic de stupéfiants » et un nouvel au patron : « Il y a très longtemps que j’attendais les mots qui ont été prononcés hier. » Éric Dupond-Moretti prend congé et donne rendez-vous pour une prochaine séance de vidéo-compassion qui se déroulera dans un bureau que nous espérons rose bonbon.

8 octobre 2020

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 10 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Jean Castex tente de vendre des mesures de répression d’occasion

Face à l'inacceptable, quantité de Darmanin et de matamores d'un jour se sont faits les sp…