J’avais évoqué, précédemment, l’argument principal des tenants de la vaccination obligatoire, à savoir que celle-ci évite de transmettre le virus à ses proches – en gros, la vaccination altruiste qui cible le court terme, argument mis à mal par les dernières études.

Leur deuxième argument phare, de long terme cette fois-ci, pour justifier cette vaccination obligatoire ou son avatar du est la prétention à viser un objectif d’éradication définitive de l’épidémie, affirmant qu’une vaccination quasi généralisée permettra d’atteindre un seuil d’immunité collective. L’atteinte de cet objectif est-elle possible ?

Je passerai rapidement sur la modélisation mathématique du seuil d’immunité collective, calculé par une formule absconse à partir du taux de reproduction du virus (le fameux R0) : celle-ci reflète très mal les réalités biologiques et, en outre, le R0 est extrêmement difficile à évaluer, allant en général du simple au double selon les estimations. Il ne faut donc pas compter sur ce calcul très théorique pour évaluer un enjeu de seuil protecteur, (presque) tous les épidémiologistes s’accordent là-dessus.

Dans la réalité des faits, sur la base de l’expérience d’épidémies précédentes, on peut par contre lister 7 conditions qui sont cumulativement nécessaires pour s’approcher d’un objectif d’éradication :

Les 4 premières sont inhérentes aux caractéristiques du virus :

Il doit avoir une bonne stabilité génique, conférer une immunité durable, ne pas avoir de réservoirs et ne pas occasionner de portages humains sains (diffusant silencieusement l’épidémie). Qu’en est-il du SARS-CoV2 ? Il mute beaucoup, immunise sur une courte durée (7-8 mois), dispose de réservoirs animaux et induit des portages sains, le plus souvent indétectables, évoluant et contaminant à bas bruit.

Les 3 dernières conditions tiennent au vaccin :

Il doit générer une réaction immunitaire efficace pour ne pas avoir « d’échappement vaccinal », avoir un effet efficace de diminution de la contagiosité et, enfin, être administré de la même façon partout dans le monde sans « trou dans la raquette » : sur le premier point, les dernières données d’ avec le variant Delta indiquent une protection contre l’apparition des symptômes (signe d’immunisation efficace) d’environ 66 %. Ainsi, une population intégralement vaccinée conserverait 34 % de personnes très faiblement immunisées. Sur le second point, les reprises épidémiques spectaculaires en Angleterre, en Israël, en Islande (populations très vaccinées) indiquent que l’effet « diminution de contagiosité » est malheureusement faible. Enfin, une vaccination homogène qualitativement et quantitativement à l’échelle mondiale apparaît tout simplement utopique.

Aucune des 7 conditions essentielles n’étant réellement remplie, l’immunité collective devient une fiction inatteignable, y compris avec l’obligation vaccinale. Ce constat est évident depuis pas mal de temps, quoique des épidémiologistes de plateau viennent de le découvrir…

Vouloir renverser, par ses petits moyens humains, tout un écosystème viral maintenant largement implanté, enchâssé dans le paysage sanitaire mondial, témoigne d’un ubris extraordinairement dangereux, surtout lorsque les moyens employés ont la que l’on connaît, mettant à mal nos libertés, notre tissu et notre unité sociale : c’est un « pari » totalement déraisonnable.

 

Comme pour tant d’autres pathologies, d’ailleurs, où l’éradication est totalement hors d’atteinte. Imagine-t-on mettre le pays à feu et à sang pour stopper « quoi qu’il en coûte », ici et maintenant, les 157.000 morts annuels du cancer en France ? C’est pourtant notre modus operandi pour le Covid.

 

Ainsi, les deux arguments – altruisme et éradication, piliers de ces mesures autoritaires – se lézardant de façon manifeste, on pourrait s’attendre à ce qu’on en revienne rapidement, à l’instar d’autres pays, à des principes de gestion plus raisonnés et calibrés, renonçant au passe et à la vaccination obligatoire. Malheureusement, la phrase ministérielle entendue ce week-end, indiquant que les mesures coercitives ne seraient pas levées « si le Covid ne disparaissait pas de nos vies » laisse peu d’espoir d’un retour rapide à la raison…

2 septembre 2021

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