[ENTRETIEN] « Le Moyen Âge devient, chez certains, un contre-modèle assumé face à la modernité »

Après avoir été longtemps diabolisé, le Moyen Âge s'impose comme une forme de résistance culturelle...
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Chaque été, des fêtes médiévales sont organisées dans toute la France. Elles témoignent d'un goût pour notre passé qu'analyse Lorris Chevalier : « Besoin de sens, d'enracinement, désir de retrouver une histoire et une civilisation dont beaucoup de jeunes ont parfois le sentiment qu’elles ne leur ont pas été suffisamment transmises... »

On ne présente plus Lorris Chevalier aux lecteurs de BV. Docteur en histoire médiévale à l'Université Bourgogne et conseiller historique de Ridley Scott, celui-ci était intervenu lors de notre colloque en janvier dernier. Auteur de La Femme au Moyen Âge (Salvator), il analyse, dans cet entretien stimulant, le nouvel engouement des Français pour cette période de l'Histoire.

L'occasion de rappeler qu'« une civilisation repose aussi sur des habitudes, des savoirs, une morale, un patrimoine et surtout sur la volonté de transmettre quelque chose aux générations suivantes. C’est peut-être cette conscience de la transmission que notre époque gagnerait le plus à retrouver. »

 

Iris Bridier. Des Médiévales de La Bénisson-Dieu à celles de Provins, du succès du Puy du Fou aux tournois de chevalerie dans bon nombre de sites historiques dans toute la France, les spectacles médiévaux font florès, l’été. Ils témoignent d'un engouement des Français pour cette période. Avez-vous pu observer cette tendance et comment l’expliquez-vous ?

Lorris Chevalier. Oui, cette tendance est assez nette, même s’il faut la nuancer. On le voit, notamment, à travers le succès des fêtes médiévales. Le modèle connaît cependant un certain essoufflement, notamment en raison de la multiplication des micro-fêtes médiévales et d’une baisse des achats d’artisanat. Le public semble aujourd’hui rechercher davantage une expérience, une histoire, un véritable storytelling [approche narrative, NDLR].

C’est ce que Philippe de Villiers appelle le « réenchantement de l’Histoire ». Les fêtes médiévales sont ainsi amenées à se spécialiser : certaines assument pleinement un univers médiéval-fantastique, tandis que d’autres vont au contraire vers une reconstitution extrêmement documentée et historiquement rigoureuse.

On retrouve cette même attirance dans les reconstitutions historiques, les séries, les jeux vidéo, mais aussi dans l’intérêt croissant pour le patrimoine et les métiers anciens. Il y a derrière cela une véritable quête de sens : beaucoup de jeunes redécouvrent la valeur du travail manuel et semblent éprouver une forme de lassitude face au travail de bureau, à la multiplication des échelons hiérarchiques, à la standardisation et à la « mathématisation » toujours plus grande du travail.

On projette évidemment sur le monde ancien une vision parfois très idéalisée : celle d’un univers plus sauvage, plus authentique, plus concret, débarrassé du stress et de certaines contraintes du monde moderne. Mais cette idéalisation est intéressante en elle-même, car elle révèle quelque chose de notre époque.

Notre société est extrêmement virtuelle, rapide et standardisée. Le Moyen Âge représente, dans l’imaginaire collectif, presque l’inverse : des châteaux et des cathédrales, des savoir-faire, des métiers manuels, des fêtes populaires, des communautés, des traditions et un rapport beaucoup plus direct au réel.

Il ne faut donc pas réduire cet engouement à une simple nostalgie. Il traduit aussi un besoin de sens, d’enracinement et de concret, ainsi qu’un désir de retrouver une histoire et une civilisation dont beaucoup de jeunes ont parfois le sentiment qu’elles ne leur ont pas été suffisamment transmises.

 

I. B. Pourtant, le Moyen Âge a longtemps été résumé à une période obscurantiste, violente, crasseuse et méprisant la femme. Pourquoi a-t-on autant noirci et ridiculisé cette période ? Était-ce une façon de combattre une société encore très chrétienne ?

L. C. Il y a incontestablement eu une construction idéologique de cette « légende noire » du Moyen Âge. À partir de la Renaissance, puis plus encore au XVIIIe siècle, certains penseurs ont eu intérêt à présenter les siècles précédents comme une époque de barbarie, d’ignorance et d’obscurantisme afin de mieux faire ressortir, par contraste, les progrès et les idées nouvelles de leur propre temps.

La Révolution française a ensuite contribué à renforcer cette lecture. Pour combattre l’Ancien Régime, il fallait aussi s’attaquer symboliquement à ce qui l’avait précédé et à tout ce qui pouvait rappeler l’ancienne société chrétienne et féodale. Le Moyen Âge est ainsi devenu une sorte de repoussoir historique : en le présentant comme irrationnel, violent, superstitieux et arriéré, la modernité pouvait apparaître, par contraste, comme nécessairement émancipatrice. Il y avait donc bien, derrière cette représentation, une dimension idéologique : il ne s’agissait pas seulement de raconter le passé, mais aussi de légitimer un nouveau modèle de société.

Il faut toutefois éviter de tomber dans l’excès inverse. Le Moyen Âge n’était évidemment pas un âge d’or. Il a connu la violence, les famines, les épidémies, les guerres, les injustices et une société profondément hiérarchisée. Mais il est historiquement absurde de réduire mille ans d’Histoire à ces seuls aspects. C’est précisément cette simplification que les historiens ont progressivement corrigée. Aujourd’hui, le travail scientifique a considérablement avancé : nous ne sommes plus dans les années 1970 ou 1980, lorsque certaines dimensions de la vie quotidienne, des techniques, de l’économie ou des mentalités médiévales étaient encore beaucoup moins bien connues du grand public. Nous disposons désormais d’une connaissance extrêmement fine de cette période. Le problème est que les découvertes de l’historiographie mettent beaucoup plus de temps à atteindre l’imaginaire collectif que les clichés à s’y installer. Les stéréotypes ont la vie dure, mais je crois que nous sommes précisément en train de tourner une page.

Et il se produit, aujourd’hui, un phénomène assez intéressant : le stigmate est parfois en train de s’inverser. Une partie des passionnés du Moyen Âge, notamment dans certaines sensibilités masculines ou « masculinistes » — le mouvement étant très hétérogène et informel —, ne cherche plus nécessairement à réfuter les vieux clichés. Elle choisit parfois de les reprendre à son compte, mais en changeant complètement leur valeur. La violence, la rudesse, la virilité, la hiérarchie, le goût de la guerre ou encore une certaine conception traditionnelle des rapports entre les sexes ne sont plus présentés comme des preuves de « barbarie » qu’il faudrait tourner en dérision : ils peuvent au contraire être revendiqués comme des éléments d’un monde que l’on juge plus authentique ou plus assumé.

C’est une forme de réappropriation du stéréotype. Là où les générations précédentes pouvaient chercher à démontrer que « les hommes du Moyen Âge n’étaient pas si barbares », certains passionnés disent désormais, en quelque sorte : et quand bien même ils auraient été plus rudes, plus violents ou plus guerriers, pourquoi faudrait-il nécessairement s’en excuser ? Le stéréotype n’est plus combattu : il est retourné comme un marqueur identitaire.

Ce phénomène est particulièrement intéressant parce qu’il dit quelque chose de notre époque. Après des décennies pendant lesquelles le Moyen Âge a été utilisé comme repoussoir, il devient parfois, chez certains, un contre-modèle assumé face à la modernité. Ce n’est plus seulement une fascination historique, c’est une manière de questionner les normes contemporaines, la conception moderne de la masculinité, les rapports entre les sexes, le rapport au travail, à la force, à l’honneur ou à l’autorité.

Il faut évidemment distinguer la reconstitution historique de cette instrumentalisation idéologique : les hommes du Moyen Âge n’étaient ni des « masculinistes » avant l’heure ni les représentants d’un idéal politique contemporain. Mais le fait que certains projettent aujourd’hui sur eux leurs propres aspirations est révélateur. Après avoir été longtemps diabolisé, le Moyen Âge est désormais parfois idéalisé, voire revendiqué comme une forme de résistance culturelle à la modernité. C’est sans doute l’un des signes les plus intéressants du changement de regard que nous sommes en train d’opérer sur cette période.

 

Iris Bridier. En réalité, nos ancêtres s’avéraient plus raffinés que ce que l'on a bien voulu nous faire croire. Quelles sont les idées reçues que vous avez battues en brèche ?

L. C. La première idée reçue est celle d’un Moyen Âge perpétuellement sale et dépourvu d’hygiène. Les sociétés médiévales accordaient une véritable importance à la propreté corporelle, aux bains dans certaines périodes et certains milieux, ainsi qu’à l’entretien du linge. Il existait, également, une culture du parfum et des soins du corps.

Autre cliché : celui d’un monde totalement inculte. Or, le Moyen Âge a vu naître ou se développer des universités prestigieuses, une immense production intellectuelle, philosophique, théologique et scientifique. C’est aussi l’époque de la construction des cathédrales, qui témoigne d’une maîtrise remarquable de l’architecture, des mathématiques et de l’ingénierie.

On oublie, également, le raffinement de la cuisine, des vêtements, de la musique et des arts de la table dans les milieux privilégiés. La littérature médiévale est, elle aussi, extraordinairement riche : épopées, romans, poésie courtoise, récits historiques…

Enfin, concernant les femmes, il faut là encore sortir des caricatures. Leur condition juridique et sociale était très différente de la nôtre et souvent très inégalitaire, mais les femmes pouvaient exercer des responsabilités économiques, gérer des domaines, diriger des établissements religieux, transmettre des biens et jouer un rôle politique considérable selon leur statut.

 

I. B. Quelles sont les valeurs du Moyen Âge avec lesquelles la France ferait bien de renouer si elle ne veut pas sombrer dans la décivilisation ?

L. C. Je me méfierais d’abord de l’idée selon laquelle il suffirait de « revenir » au Moyen Âge. Nous ne vivons évidemment plus dans la même société et certaines réalités de cette époque sont, heureusement, derrière nous. « L’Histoire ne repasse pas les plat. » En revanche, nous pouvons retrouver certaines valeurs qui ont contribué à faire notre civilisation.

Je pense, notamment, au sens de la transmission. Les hommes du Moyen Âge avaient conscience de recevoir un héritage et d’avoir à le transmettre. Cela vaut pour la langue, les métiers, les monuments, les traditions, mais aussi pour les savoirs.

Il y avait également un sens du beau, particulièrement visible dans l’architecture, l’art sacré, la musique et l’artisanat. Construire une cathédrale sur plusieurs générations supposait une conception du temps beaucoup plus longue que celle qui domine aujourd’hui.

Il faut aussi mentionner le sens du bien commun et l’importance des communautés : la famille, le village, la paroisse, les corporations, les confréries, les communes. L’individu n’était pas pensé comme un être isolé mais comme quelqu’un inscrit dans des appartenances et des responsabilités.

Enfin, il y avait une certaine conscience des limites de l’homme. Le Moyen Âge savait que tout ne pouvait pas être réduit à la technique, à la consommation ou à la recherche du profit. Il plaçait au-dessus de l'individu des réalités qui le dépassaient : Dieu, la communauté, la justice, l’honneur, la mémoire des ancêtres.

Si l’on parle de « décivilisation », le véritable enjeu est peut-être là : une civilisation ne se maintient pas uniquement grâce à ses institutions ou à son niveau de richesse. Elle repose aussi sur des habitudes, des savoirs, une morale, un patrimoine et surtout sur la volonté de transmettre quelque chose aux générations suivantes. C’est peut-être cette conscience de la transmission que notre époque gagnerait le plus à retrouver.

Le modèle de la fête médiévale devra sans doute évoluer à l’avenir. La multiplication des manifestations, parfois très semblables les unes aux autres, a fini par créer une certaine lassitude et par donner l’impression d’une histoire médiévale interchangeable. Il ne suffit plus d’installer quelques échoppes, de proposer des démonstrations artisanales et un tournoi pour faire vivre le Moyen Âge. Il faut désormais raconter une histoire.

Il faut donc sortir de ce que l’on pourrait appeler la « fête à la saucisse », facile à reproduire mais qui finit par perdre son pouvoir d’émerveillement. Le public attend aujourd’hui une véritable expérience, avec un scénario, des personnages, un contexte historique et un événement à vivre. Autrement dit, il faut passer de la simple animation médiévale à une mise en récit de l’Histoire.

On pourrait imaginer davantage de fêtes à thèmes, construites autour d’un événement précis : l’arrivée de Saint Louis à Aigues-Mortes avant la croisade, le départ d’une armée pour l’Orient, la prise d’Orange, une grande fête donnée à la cour de Bretagne ou encore la reconstitution d’un tournoi dans ses dimensions à la fois sportives, politiques et festives. Ce type de manifestation permettrait de faire comprendre une époque tout en donnant au public le sentiment d’assister à un moment particulier de l’Histoire.

C’est probablement là que se trouve l’avenir des fêtes médiévales : ne plus seulement montrer le Moyen Âge mais le faire vivre et le raconter. Le public ne vient plus simplement voir des costumes ou acheter de l’artisanat ; il veut comprendre pourquoi il est là, ce qui s’est passé à cet endroit et avoir le sentiment, pendant quelques heures, d’entrer véritablement dans une histoire.

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Iris Bridier
Journaliste

Vos commentaires

42 commentaires

  1. Les cathédrales sont « encore debout » et on ne peut pas en dire de certaines réalisations contemporaines !! Mais à l’époque les « fausses factures et les commissions occultes  » n’existaient peut être pas ???

  2. En résumé, l’idéalisation actuelle du moyen-âge est le signe que notre société contemporaine va mal. C’est certain, et on s’apprête à revivre les féodalités et obscurantismes religieux médiévaux, en attendant une prochaine Renaissance

    • « on s’apprête à revivre les féodalités et obscurantismes religieux médiévaux ». Mais ça fait un bail que nous y sommes plongés. Les féodalités, bien que dissimulées, sont néanmoins évidentes, arc-boutées dans la vaine construction d’un nouvel ordre mondial dont personne ne veut. Les obscurantismes religieux sont également à multiples facettes, associant les idéologies franc-maçonnes aux lubies écologistes, le triomphe récidivant du communisme stalinien aux succès apparents de l’Islam conquérant. Les unes et les autres pêchent par le même défaut : l’absence d’accord du peuple, considéré comme un obstacle à soumettre, ce qui causera leur effondrement à terme. Pour une nouvelle renaissance ?

  3. En résumé, l’idéalisation actuelle du moyen-âge est le signe que notre société contemporaine va mal. C’est certain, et on s’apprête à revivre les féodalités et obscurantismes médiévaux en attendant une prochaine Renaissance.

  4. Pour « une immense production scientifique » vous repasserez. A l’époque on adule les « grands savants » de l’antiquité et c’est à peu prés tout. On fait de la rhétorique, mais on ne produit rien de nouveau. Après 1500, les choses changent, on découvre de nouveaux mondes, la technologie évolue et les mathématiques se développent plutôt après 1650. Je rappelais récemment à un maghrébin qui me disait que « les arabes avaient inventé toutes les mathématiques » que oui, jusqu’à la classe de troisième (et encore c’est faux, ils n’ont grosso modo rien inventé qui ne se savait déjà chez les babyloniens, les indiens, les grecs). Ensuite la géométrie un peu avancée (espaces vectoriels, topologie), calcul intégral et différentiel (Newton/Leibniz), nombres complexes, théorie des corps j’en passe et des meilleures, il faut attendre ce que l’on a nommé justement la re-naissance, celle où l’on comprend que notre génération peut faire mieux que les savants de l’antiquité. Et ce sont ces connaissances, avec l’or du Pérou (les colonies) :), et le pétrole qui vont lancer la révolution industrielle, après la révolution politique (1776 aux Etats Unis, 1789 en France). La relativité et la mécanique quantique (donc les transistors, les ordinateurs), c’est uniquement au 20eme siècle en Europe d’abord, puis aux Etats Unis, et bientôt en Chine.
    A part, le côté folklorique de la célébration d’une certaine idée enjolivée du moyen âge, je pense qu’aujourd’hui personne n’aurait l’idée de se faire soigner comme au moyen âge (il y en a qui ont essayé mais ils ont eu des problèmes). J’ai appris il y a plusieurs années que dans la petite commune où j’ai vécu lorsque j’étais adolescent, on avait brûlé des sorcières sur la place principale. Je ne peux repasser à côté de cette place sans repenser à ces pauvres femmes et à l’imbécilité de ces brutes épaisses qui peuplaient alors ma ville.
    A terme, on va revenir à un certain moyen âge. Le jour où les énergies fossiles vont réellement être épuisées, le jour où le litre d’essence sera à 200 euros, évidemment que la société va regresser et va devoir se réorganiser. A terme les pauvres seront plus pauvres (le smicard dans un siècle n’aura plus les moyens d’avoir un véhicule, même électrique), les gens probablement voyageront moins, et produiront beaucoup plus localement. Et même les politiques comprendront que la notion de culture existe, et qu’une société n’existe que si elle partage la même culture.

  5. la violence du Moyen-Age…? Certainement. Mais quelle époque dans la vie de « l’humanité » n’a pas été violente ? Vous pensez vraiment que notre époque, celle dans laquelle nous vivons, n’est pas violente ? Que les précédentes avec toutes leurs guerres et leurs atrocités ne l’ont pas été ? Que cette grande période de « lumières » était tellement idéale qu’elle n’a pas connu ce qu’on a « appelé » la terreur ? (Oui, celle où les têtes tombaient sans même qu’il y ait une raison ?) Ce ne sont pas les époques qui sont violentes, ce sont les hommes.

  6. Tout à fait d’accord avec vous Benny Hill. Les mathématiques forment l’esprit, quelle que soit la formation que l’on envisage. Quand on voit le niveau des jeunes Français, c’et affligeant et la baisse du nombre d’heure en lycée, la baisse du nombre d’étudiants en mathématiques dans le supérieur….;Qui sait encore raisonner?

  7. Pour bien comprendre le moyen-âge,
    Il est intéressant de maîtriser l’apport des romains pendant 5 siècles, la conversion forcée de l’Europe au Christianisme, le développement de l’empire des Francs.
    Reconnaître et accepter que trois hommes ont forgé la France dans le sang et les larme.
    Charles Martel, Pépin le Bref, Charlemagne.
    Charles Martel est le premier devant son fils et son petit fils.
    732 est la première année du moyen-âge.
    Depuis 1300 ans une guerre religieuse est là… les gens sentent cette menace.
    Le moyen-âge nous prouve que notre monde de bisounours est un rêve…

    • On considère généralement que le moyen âge débute avec la fin de l’empire romain (476) soit en (future) France, le baptêmes de Clovis (496). On pourrait même remonter un petit peu plus ancien, avec l’empereur Constantin qui arrête les persécutions des chrétiens ou de l’empereur Theodose 1er qui impose la chrétienté et ferme les temples des autres religions. En 732 on est déjà bien dans le moyen âge, la religion dirige l’état. C’est en gros ce qui fait le moyen âge et pour cela que certaines cultures y sont encore.

  8. Assister voire participer à des reconstitutions du Moyen Âge c’est comme participer à une reconstitution du Débarquement : ça ressemble à la guerre, ça sent la guerre mais Dieu merci ça n’est pas la guerre.
    Je doute que ceux qui admirent le Moyen Âge voudraient vivre la conditions de leurs ancêtres qui étaient de simples serfs ! A l’époque pas de sécu, pas de RSA, pas de primes de rentrée scolaire, pas de prime chauffage…. ça tempère un peu l’enthousiasme.

  9. La mathématisation du travail est un problème ?
    Allez construire un château fort, une cathédrale, un pont, un bateau sans faire appels aux maths…on va rire.
    La maitrise des maths a permis à notre civilisation de faire des choses extraordinaires et de traverser les siècles.
    Il est peut-être là le problème de notre époque : ne plus être capable de voir grand et se projeter par manque de compétences en mathématiques.

  10. Il ne faut pas idéaliser le Moyen Age. Le Moyen Age c’est aussi Philippe Auguste qui chasse et traque tous les juifs de France, c’est Louis IX qui introduit l’Inquisition, c’est l’implantation du christianisme par la force et l’éradication de tout ce qu’il y avait avant, c’est la période des fausses décrétales, du commerce des indulgences, des fausses reliques, c’est la guerre totale contre les cathares et les sacs de Lavaur, de Béziers et de tant d’autre villes.
    Le Moyen Age c’est la peine de mort pour n’importe quel délit, c’est aussi les épidémies, les famines, la peste, le servage…
    Non, il ne faut pas idéaliser cette période

      • Les éléments présentés par Gaby sont factuels. La moindre mauvaise récolte et il y avait des famines (le petit poucet n’est pas qu’une légende). Comparez la peste noire avec le covid, et comment notre société actuelle peut réagir face aux pandémies. Vraiment deux mondes totalement séparés. Après vous avez le droit d’être antivax, de penser que la prière va guérir vos maux. Ca s’appelle la sélection naturelle. Encore un truc de ces terribles laïcards…

  11. la dimension chrétienne est primordiale au moyen âge à travers les moines , Leur ingéniosité était remarquable . L’écriture , l’œnologie , les psaumes et chants religieux , la fabrication des fromages, l’agriculture et le vinicole etc . Les bâtisseurs de cathédrales et les métiers de compagnonnage, et la transcendance qui l’accompagne pour réaliser de tels chefs d’oeuvre . Les sœurs ne sont pas en reste, elles faisaient offices de soignantes dans les hospices , ancêtre des hôpitaux qui dates aussi de cette époque qui est loin d’être sombres comme le confirme sombre qui nous a été imposé . C’est aussi au moyen âge que nous avons été contraint de nous affronter à la couronne d’Angleterre pour affirmer à l’issue de la guerre de cent ans notre appartenance à notre France chrétienne. L’esprit de chevalerie et les codes d’honneur . Le roi St Louis , les croisades pour défendre l’accès à la terre Sainte. L’image du moyen âge a été écorné parce que trop chrétien . Il fallait enlever la dimension religieuse chrétienne pourtant omniprésente à cette époque .
    Pour susciter l’envie de s’intéresser à nos racines, il faudrait faire pour les jeunes ce que j’ai fait lors de ma retraite . Utiliser des guides qui soient suffisamment pédagogues pour faire visiter les quartiers moyenâgeux historiques qui ont survécu par les élèves, qu’ils soient musulmans ou laïques ou athées , et qu’ils se fassent leur propre idée de ce que représente le moyen âge pour la France . Ce n’est pas un pays dans la repentance perpétuelle qui pourrait rendre les jeunes fiers d’être français . L’histoire se limitant à la révolution de 1789 ne suffira pas car elle est destructrice d’une partie de sa mémoire . La France des lumières ne parlera pas directement aux plus jeunes puisqu’il faut aborder la philosophie pour cela . Autant dire que lorsque l’on se gargarise de cet héritage , il faut déjà avoir la possibilité de bénéficier d’une bonne base culturelle au départ qui n’est pas donné à tous ;. Mais la révolution était bourgeoise avant tout .

    • Il vous faut remonter nettement plus dans le temps. Les grecs ont des scientifiques et des ingénieurs. Les romains n’ont que des ingénieurs (ils ne feront pas progresser la science), Les barbares qui les envahissent n’ont ni les uns ni les autres. En l’an 800 plus personne en Europe n’était capable de construire le moindre aqueduct. Le moyen âge sont 1000 ans de retard scientifique imputables directement à la religion chrétienne et son pouvoir politique. Mais on doit à la chrétienté (entre autre) la possibilité d’en sortir. Plus de peine de mort pour apostasie chez les chrétiens, l’inquisition n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. Tout fout le camp….

      • Vous notez le pire et je note le.mieux.
        Je.ne.renie pas.la Grèce et Rome ,mais’que sont elles devenues ?.Trop sûres d’elles , comme notre civilisation. .Ce sont des barbares qui les ont fait tomber .
        Les hommes sont des hommes .Et rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est a Dieu l’histoire est aussi une continuité et ne.peut être sectionnée en partie qui nous intéresse pour détruire ce qui ne nous convient pas et ne pas prendre l’intégralite des élements en.compte et le contexte. Decontexrualiser est un exercice dans lequel certains excellent .Parce qu’ils sont d’abord idéologues avant d »être honnêtes .
        Les mechants inquisiteurs chrétiens et les gentils protestants . Le pétainiisme pire que le nazisme , surtout depuis que nous sommes partenaires avec les allemands .etc.
        L’histoire est un livre ouvert et certains en utilisent des bribes comme on sortirait des phrase de leurs contextes. Je dirais : c’est plus compliqué que cela ! . Et plus simple ! Il suffit de lire .. Le roman national simplifiait au possible mais que dire des raccourcis faciles des gauchiste qui ignorent tout ce qui precède la révolution. Qui traite un Lepen de nazi et un Mitterrand de résistant . Qui était à Vichy au début des années 40 ? Comment s’appelait l’Algérie avant 1830 ? Etc

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