« Qui sont les 113.000 personnes devenues françaises en 2019 ? » C’est le titre d’un article publié, le 4 septembre, dans Le Parisien. Il nous confirme qu’en matière de naturalisation, l’évolution des chiffres de l’INSEE, au cours de ces dernières années, est indépendant de la tendance politique du gouvernement : le record est atteint en 2004, sous le mandat de Jacques Chirac, avec 168.000 ressortissants étrangers devenus français. Après une baisse amorcée en 2005, à l’arrivée de au ministère de l’Intérieur, qui donne un tour de vis durant son quinquennat en les réduisant de moitié, la bride est relâchée par François Hollande pour atteindre un chiffre de 114.000 en 2017, à peu près stable depuis : 113.000 en 2019.

Selon un comparatif européen réalisé en 2018 par Eurostat, la France est le quatrième pays à octroyer le plus la nationalité, loin derrière le Royaume-Uni et proche de l’Allemagne et de l’. De quoi rassurer, à première vue, les détracteurs d’une trop grande largesse dans son attribution. Mais cette étude nous confirme également que les Maghrébins sont les plus nombreux à être accueillis – Marocains, Algériens, Tunisiens –, suivis des Turcs et de personnes originaires d’ subsaharienne. Des populations majoritairement de confession musulmane, dont la volonté de s’assimiler reste à démontrer pour beaucoup. On en a la preuve aujourd’hui où de plus en plus d’analystes, jusque dans les sphères du gouvernement, s’inquiètent des risques de séparatisme. Le roi Hassan II nous avait pourtant prévenus, en déclarant que « les Marocains de France ne s’intégreront jamais ».

Cet avertissement d’un connaisseur de la mentalité du Maghreb n’a pas été pris en considération. Cette situation de pré-sécession est alimentée par des minorités agissantes qui exacerbent la victimisation des anciens colonisés, avec la complicité de mouvements politiques, le plus souvent associés à l’extrême gauche et, plus généralement, des partisans d’une société multiculturelle. Ce n’est pas faire preuve de racisme ou de xénophobie de constater qu’une immigration incontrôlée a des conséquences sur la cohésion de la nation et que la nationalité française ne peut pas être attribuée à la légère.

Lorsque , à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la République, évoque parallèlement les enjeux de l’égalité des chances, du « vivre ensemble », les risques du séparatisme, tout en remettant un livret de naturalisation à cinq nouveaux Français, il brouille les cartes en mélangeant les thèmes et se garde de mettre l’accent sur le séparatisme inhérent à la politique migratoire des différents gouvernements. Car, en dehors des naturalisations, dont on peut espérer qu’elles sont triées sur le volet, le droit du sol, l’immigration clandestine, le maintien sur le territoire français de la plupart des demandeurs d’asile déboutés contribuent au renforcement des facteurs de désunion culturelle.

Prendre en exemple de réussite de l’intégration Léon Gambetta, Marie Curie ou Félix Éboué n’a pas de sens. Le problème ne vient pas de ceux qui se sont facilement intégrés, parce que leur culture était proche de la culture française, mais de ceux qui refusent de s’intégrer, donnant la priorité à leur propre culture ou à leur religion.

Un gouvernement digne de ce nom devrait admettre ces vérités et en tirer les conséquences. En les passant sous silence ou, pire, en les niant, il œuvre contre la cohésion nationale qu’il prétend défendre.

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