La qualité du haut personnel politique en France ne cesse de m’étonner ou de m’inquiéter. J’entends déjà la critique : « Mais mon brave, puisque vous êtes si malin, allez-y donc vous- même. » Je suis d’accord avec le contempteur ! Mais quand même, cher contradicteur, il y a des propos qui alimentent mes doutes…

Ainsi, notre ancien président de la République Nicolas Sarkozy s’est-il subitement essayé à la recherche médicale en prenant la défense du professeur Didier Raoult, vendredi 4 septembre, lors d’un forum des entrepreneurs à Marseille.

« Chaque crise, il faut trouver des boucs émissaires. C’est une maladie française. L’adversaire, c’est le Covid, c’est pas tel ou tel médecin, et je pense notamment au professeur Raoult… C’est un homme d’une grande qualité qui a fait son possible pour soigner au mieux ses patients, qui a sans doute fait des erreurs comme on en fait tous, moi le premier. »

Certes, dans ses propos, l’ancien Président a reconnu explicitement qu’il n’était pas compétent pour juger du problème médical, alors pourquoi en parler ? Sommes-nous tous médecins pneumologues ?

Et pourquoi ne serions-nous pas tous géopolitologues ? Alors, il nous serait facile de rappeler cruellement à Nicolas Sarkory l’incroyable déstabilisation de l’État libyen, rempart commode contre les migrations de masse sahéliennes, sur les indications pertinentes du grand esprit universel BHL.

Et pourquoi ne serions-nous pas tous politologues pour lui rappeler le saut à pieds joints par-dessus les résultats du référendum de 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe ?

Nanti de son passé riche de telles erreurs, pour ne pas dire plus, Nicolas Sarkozy ne devrait-il pas s’abstenir de prendre position sur des sujets autres que la qualité des vins de l’année 2015 en Beaujolais ?

Mais il n’est pas le seul, dans le genre « Président ayant atteint son niveau d’incompétence », au sens du principe de Peter, lequel postule qu’après chaque succès suivi d’une promotion, tout acteur finit par atteindre un niveau d’incompétence définitive.

Imaginerait-on Charles de Gaulle s’adressant aux collégiens et lycéens, le jour de la rentrée, en disant en bon copain « C’est une rentrée un peu particulière, parce que le virus est toujours là et qu’il faut vous protéger » ?

Imaginerait-on même Valéry Giscard d’Estaing se laisser aller à dire qu’« une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien » ?

Certes, ces deux Présidents ont aussi connu leurs échecs, mais seule l’Histoire les a révélés a posteriori, pas l’actualité immédiate.

Alors, comprenez mes doutes et mes inquiétudes pour la France.

Finalement, le meilleur – non, plutôt le moins médiocre – n’aurait-il pas été le roi du scooter en goguette ? Lui, au moins, il a l’intelligence de ne pas trop « la ramener », pardonnez-moi la formule.

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