Editoriaux - Politique - Union Européenne - 25 janvier 2019

Élections européennes : LREM remonte dans les sondages, ça vous étonne ?

Le récent basculement révélé par le sondage Elabe-BFM sur les intentions de vote des Français pour les européennes est extrêmement significatif et découle même d’une certaine logique. À savoir un Président complètement démonétisé et, semble-t-il, sur le point de décrocher réussit à redresser la tête après avoir repris la main en proposant aux Français d’aller discuter avec eux aux quatre coins de la France pour sortir de la crise.

On ne peut préjuger des suites de ce qu’il faut appeler grande opération de séduction déguisée. Après tout, la politique, c’est aussi ça… Les dés du débat sont-ils pipés, comme l’affirment certains ? Quoi qu’il en soit, il était évident qu’après avoir touché le fond en un temps record, Emmanuel Macron ne pouvait que remonter très vite.

Le fond occulte toujours finalement la forme quand on arrive à l’essentiel. Dans le cas du président de la République, c’était surtout la forme de son attitude jupitérienne qui l’a précipité dans les bas-fonds de l’impopularité. Et il semble que sa remontée ne soit pas seulement un frémissement sans lendemain car il a retrouvé un socle sur lequel il peut, à nouveau, s’appuyer. Durant tout le temps qu’aura duré cette crise des gilets jaunes, son gouvernement a pris le soin de privilégier l’ordre avant toute chose, à chaque fois qu’un ministre ou lui même intervenait à la télévision. Il semble que cette politique ait payé. Que l’on ait considéré ces manifestations de rue comme un joyeux bordel ou les prémices d’une insurrection généralisée, il apparaissait en filigrane que l’ordre, même s’il était le résultat d’une répression musclée des ardeurs de certains manifestants, demeurait l’angoissante priorité de tous les Français.

Côté opposition, il y a eu, depuis le début de cette crise, une parfaite identité de vues entre le Rassemblement national et les gilets jaunes sur la question du pouvoir d’achat et l’abandon du monde rural, mais il semble aujourd’hui qu’une partie au moins des contestataires ne veut pas confier ses intérêts à des politiques. Pris en tenaille entre une opinion publique largement défavorable à sa personne et la nécessité, pour lui, d’exercer coûte que coûte les prérogatives de sa fonction, le Président Macron a habilement réussi à faire passer la fonction avant l’homme. Ces quelques points grappillés au baromètre de popularité le sortent provisoirement de l’ornière où il se trouvait.

Il n’y a rien de changé dans l’univers macroniste qui puisse le rendre plus fréquentable à nos yeux. Sa politique mondialiste et bruxelloise reste toujours aussi toxique aux yeux des hommes de droite et des souverainistes que nous sommes.

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