Economie - Editoriaux - Santé - Société - 25 janvier 2019

Notre système social atteint ses limites

On ne sait pas combien dureront encore les petites fêtes fluo sur les carrefours et les massages de foule du samedi au Flash-Ball®, mais les grands comptes nationaux commencent à donner des signes d’anémie.

À commencer par ceux de la Sécurité sociale, qu’on nous annonçait miraculeusement à l’équilibre en 2019, et avec même 100 millions d’euros d’excédent. Faux espoir, parce que les dix milliards de petits cadeaux promis pour calmer les intermittents des ronds-points – comme la baisse du taux de CSG pour certains retraités ou l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires – plombent sérieusement les prévisions. Lourdement sollicitée, la branche retraite de la Sécu est appelée à siphonner les moyens des trois autres, surtout santé et famille, les accidents du travail pesant peu.

C’est dire si la création d’un 5e risque couvert par la Sécurité sociale promis par Emmanuel Macron en juin dernier – le risque dépendance face au vieillissement de la population – ne se fera pas avant un bon moment. Même si le gouvernement y réfléchit, avec une piste consistant à faire payer les EHPAD en fonction de ses moyens, sur le modèle des crèches. Et ensuite, pourquoi pas l’alimentaire et les pompes à essence ?

On voit à quel point notre système social hérité de 1945, où les communistes étaient en force, atteint ses limites. Au point que, cet automne, quand on croyait encore que la Sécu serait en excédent, le rapport Charpy-Dubertret remis au Parlement recommandait même que l’État y pioche par « solidarité financière », avec l’idée sous-jacente que, finalement, État et Sécu feraient aussi bien de faire pot commun, comme en URSS…

Ne serait-il pas temps de suggérer au “grand débat” qu’à l’instar de pays voisins qui ont mis de l’ordre dans leurs affaires, la France libéralise enfin ses assurances sociales en permettant aux salariés de toucher leurs salaires réels, et à tous les citoyens de cotiser à l’assureur de leur choix, et pour les garanties qu’ils souhaitent ?

Mais gageons que nous ferons comme d’habitude : l’État rendra d’une main un peu moins que ce qu’il a pris de l’autre. Il n’y a pas de trésor caché…

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