[ÉDITO] Quentin : à gauche, la machine à nazifier tourne à plein régime. Et accélère

Chez LFI, mais pas seulement, le drame de Quentin déclenche un assaut frénétique contre le... nazisme.
Jean-Luc Mélenchon à Perpignan
Capture d'écran YouTube LFI

Quelques jours, à peine, après le meurtre de Quentin, l’entreprise de nazification animée par la gauche en général, et par LFI en particulier, tourne à plein régime. Ainsi, ce 10 mars, le député LFI Paul Vannier ne s’encombre pas de nuances, sur le réseau X : « La principale animatrice de Némésis est une néonazie. Marion Maréchal Le Pen et des députés RN se sont rendus à son rassemblement, le 8 mars dernier. » À un rassemblement néonazi, donc. Le message du député en accompagne un autre, signé d’un journaliste spécialiste de l’extrême droite (ils sont très nombreux), Ricardo Parreira, pour qui « le néonazi Gwendal Delange, ancien de Lyon populaire et aujourd’hui combattant en Ukraine dans le bataillon Azov, a publié sur les RS une photo en compagnie d’Alice Cordier. Tous deux y font un geste faisant référence à la Schutzstaffel (SS), active sous le IIIᵉ Reich. » Du IIIe Reich au mouvement Némésis d'Alice Cordier, victime de l’ultra-gauche lyonnaise, il n’y aurait donc qu’un tout petit pas…

Réponse d’Alice Cordier, sur X, ce 11 mars : « On peut s’arrêter avec la police des doigts ? Cette obsession de l’extrême gauche pour le nazisme commence à devenir suspecte. Déjà, ce clown reconnaît s’être trompé sur l’identité de l’homme sur la photo. Et comme mes joues en attestent, je suis un bébé, dans un bar de surfer, et un inconnu me montre le geste d’un groupe de rap. Merci, au revoir. »

« Le jeune mort à Lyon était un nazi ! »

Mais la gauche a lancé la sulfateuse et se déploie. Si la victime est « nazie », les antifas n’ont fait que rendre justice et l’affaire est close. Le 26 février, sur le site Histoires crépues, subventionné par le CNC, Quentin est, en toute délicatesse, traité de nazi et comparé à Hitler, relève Fdesouche. Histoires crépues a bien publié un communiqué regrettant « des propos incompatibles avec le respect dû aux personnes et aux victimes », assurant que la vidéo avait été retirée de ses plates-formes. Mais le même 26 février, l’animateur explique, dans une longue vidéo sur « la mort de Quentin Deranque », que « les antifascistes assument le rôle ingrat d’absorber la violence et d’en payer le prix politique ».

Lors d’un meeting à Perpignan, le 2 mars, Jean Luc Mélenchon tonne à la tribune : « Le jeune mort à Lyon était un nazi ! Arrêtez de l'appeler Quentin ! » Il faut déshumaniser de toute urgence le jeune étudiant pleuré par sa famille et ses amis. Sur France Inter, ce 23 février, la journaliste responsable de la revue de presse évoque tranquillement la transformation de la mort d’un SA en mythe par Goebbels en 1930 pour victimiser le parti nazi... Le même jour, Charline Vanhoenacker chante, sur la même France Inter, le temps « des fachos heureux et des nazis gentils ». Sans compassion excessive pour la victime d'un lynchage sauvage. Trois jours auparavant, le 20 février, Ségolène Royal écrivait, sans honte : « Que la présidente de l’Assemblée nationale se précipite pour faire une minute de silence à un militant présumé néonazi et antisémite interpelle. »

Le 5 mars, l’insoumise Gabrielle Cathala explique qu’elle a observé à contrecœur la minute de silence imposée à la suite du meurtre de Quentin : « On ne pleurera jamais un néonazi », lance-t-elle.

Samedi 8 mars, dans la manifestation célébrant la journée de la femme, des manifestantes portent une banderole : « Féministes et antifas : ici, on pleure pas les nazis ! » Des pochoirs sur la place de la République accompagnent ce sursaut de la pensée de gauche. Ils seront effacés le lendemain par les employés de la mairie de Paris. À Rennes, des manifestants antifas ont usé du même slogan.

Antifascisme carnavalesque

La liste pourrait être longue. Face à l’effet de souffle du lynchage d’un jeune homme métis, catholique, étudiant sérieux dont BV a retracé les derniers moments (voir l'article de Jean Bexon), la gauche se replie sur le réflexe de la lutte contre le nazisme. Et s'y accroche coûte que coûte. Plus elle est en danger, attaquée, acculée, plus elle met en scène et grandit son rôle face à un nazisme imaginaire mais commode. Invoquer le nazisme, qui incarne le mal absolu, autorise par magie tous les débordements, habille de vertu tous les excès, toutes les tentatives les moins démocrates pour étouffer le débat ou, comme ici, pour se sortir d’un mauvais pas dans l'opinion. Quitte à cracher sur un mort.

Une mécanique dénoncée brillamment par Mathieu Bock-Côté dans son livre Le Totalitarisme sans le goulag (Presses de la Cité) et qu’il évoquait déjà en 2021 dans le cadre de la persécution d’Éric Zemmour. « Je ne crois pas que la nazification de l’adversaire soit de bonne guerre en démocratie. Je constate, cela dit, que lorsque la gauche est fracturée en chapelles, elle ne parvient à se rassembler qu’en désignant devant elle un ennemi absolu et elle cherche toujours à le grimer en Hitler nouveau. L’antifascisme carnavalesque, l’antifascisme de parodie, de pacotille, lui sert aujourd’hui de carburant électoral, pour se rassembler. » Et pour se sortir d’une mauvaise passe médiatique, à quelques jours des municipales. Un autre nom du mensonge, du cynisme, une autre déclinaison du principe bien connu : la fin justifie les moyens. Il faut, pour prendre la mesure de cette offensive, s'immuniser solidement contre le dégoût.

Picture of Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

49 commentaires

  1. On cherche en vain l’humanisme chez Mélenchon et ses ouailles. Il parait pourtant qu’ils sont de gauche. Ne serait-ce pas une grave supercherie ?

  2. « la bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini » Joseph Ernest Renan

  3. Le « nazisme » ils n’ont que ce mot là dans bouche pour faire écran de fumée comme si nous allions tomber dans le panneau. Ces gens là sont décidemment hors sol et hors normes, le pire c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte. Depuis que ce parti existe, ils n’ont jamais rien programmé de constructif à part provoquer l’adversaire verbalement et surtout physiquement, c’est tout ce qu’ils savent faire. Ils sont à vomir.

  4. Primo, classer le fascisme et le nazisme à l’extrême-droite de l’échiquier politique est hautement discutable. Secundo, le nazisme hiérarchisant les « races » humaines avec, en bas de l’échelle, les « sous-hommes », Quentin était soit un néonazi, soit un catholique, mais pas les deux à la fois. A méditer par les gauchos.

  5. Ces individus n ‘ ont que la haine à la bouche , et personne pour les remettre à leur place , ils calomnient en toute impunité puisqu ‘ ils règnent par la terreur et que l ‘ extrême gauche a pignon sur rue dans ce pays ; et avant d ‘ être des « antifas » ce sont surtout des Trotskistes , des communistes , des révolutionnaires prêts à tout pour leur grand soir

  6. Mais pourquoi donc aucun journaliste n’utilise l’argument imparable sur Quentin qui était « Action française » ?Ce mouvement monarchiste a compté nombre de Résistants et en tête de Gaulle et Leclerc qui ont combattu et vaincu Hitler mieux que personne. Alors qu’une certaine gauche s’est fourvoyée avec le nazisme. Et se complait à confondre monarchie et nazisme. Bref, vous n’êtes pas de gauche, donc vous êtes fasciste, donc d’extrême droite ! C’est bien connu. Le raisonnement était déjà celui de Staline. Et même de Sartre en France, qui traitait de chiens ceux qui étaient anticommunistes.

  7. Au siècle dernier STALINE disait lorsque quelqu’un n’est pas d’accord avec vous… traitez-
    le de  »fasciste » » il s’expliquera et vous aurez … gagné.
    Cette tactique perverse est toujours appliquée par cette gôche malsaine, et

    Némésis a raison : ils ne nous tuent pas parce que nous sommes nazis, mais ils nous nazifient pour nous tuer.

  8. Décidemment ces gauchistes qui salissent impunément la mémoire de Quentin sont de véritables ordures , pauvre garçon il ne méritait pas cela, si la droite agissait de même, le ministre de l’intérieur et le garde des sceaux auraient la main lourde pour les sanctionner, mais là, RIEN, on laisse faire, c’est un scandale absolu, il ne faudra pas s’étonner du résultat des prochains votes ! PNG

  9. Faute d’arguments la gauche en générale est obligé de d’avoir un narratif hitlérien depuis Mitterrand ce narratif à fait gagner cette gauche caviar qui s’associe maintenant avec les LFI hollande et royal veulent reprendre les électeurs de Mélenchon .

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Exclure les blancs des lois anti-racistes est aussi un racisme institutionnel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois