[ÉDITO] Pécresse : « La droite n’est pas à vendre. » Ni à acheter, non plus ?

Valérie Pécresse défend l'idée d'une alliance de la droite et du centre pour 2027 et réfute toute alliance avec le RN.
Capture d'écran BFM
Capture d'écran BFM

Valérie Pécresse parle d’or. Elle vient de signer une « opinion » dans La Tribune du dimanche dont le titre claque, en creux, comme une pancarte immobilière accrochée au balcon d'un immeuble haussmannien : « La droite n’est pas à vendre. » Une annonce qui n'est pas sans nous rappeler une phrase de ce grand politologue que fut Coluche : « Si la gauche est achetée par Moscou, la droite est à j’ter par la fenêtre. »

Pécresse : moins de 5 % en 2022

D’abord, pour commencer, « la droite », c'est quoi ? La « droite républicaine », évidemment. Qu’est-ce à dire, encore ? Les LR. La droite qui préfère voter communiste, comme Xavier Bertrand ou Édouard Philippe, plutôt que de voter RN ? Exactement. Important, de bien cerner le périmètre avant d’aller plus loin. Sans doute encore estourbie par les propos de Nicolas Sarkozy sur son refus, désormais, d’apporter son soutien à un quelconque « front républicain » contre le Rassemblement national, Valérie Pécresse met en garde ceux qui, dans son camp, « caressent l’idée d’une alliance avec le Rassemblement national » : « Au-delà des calculs électoraux simplistes, ils croient pouvoir le "raisonner", le "manœuvrer". Illusion, compromission, disparition ! », prévient celle qui, à l’élection présidentielle de 2022, a fait le pire score de toute l’histoire de sa « famille politique », avec moins de 5 % des voix (Éric Zemmour fit plus de 7 %), l’obligeant même à faire appel aux dons pour rembourser sa campagne, frôlant ainsi, justement, la « disparition ».

L'éternel retour de « la droite et du centre »

Illusion ? Justement. À lire cette tribune, on peut raisonnablement se demander si la présidente de la région d’Île-de-France ne se berce pas d’illusions, celles de la très ringardisée alliance de « la droite et du centre ». Comme Gérard Larcher. Comme Xavier Bertrand. Comme tous les « chapeaux à plumes », comme les appelle Éric Ciotti, qui a laissé le sien au vestiaire des LR pour s’en aller voler de ses propres ailes. Est-ce pour autant que le député des Alpes-Maritimes s’est fait manger tout cru par le RN ? Ses interventions à l’Assemblée nationale et celles de son petit – mais musclé - commando de députés, il faut le dire, assez talentueux, ne donnent pas cette impression.

Mais Valérie Pécresse estime que « la seule alliance » qui « a du sens aujourd’hui », pour redresser la France, bien sûr, c’est celle qui réunira sa « famille politique éclatée » : « anciens de l’UMP, gaullistes [NDLA : c’est-à-dire ?], centristes, membres d’Horizons, déçus du macronisme [re-NDLA : les LR actuellement au gouvernement, comme Annie Genevard, font-ils partie de cette catégorie ?] ». Bref, un retour vingt, trente ans en arrière. Du reste, c’est un peu l’impression cruelle que donne cette tribune. On y retrouve cette vieille ficelle qui, jadis, a payé : « C’est aux électeurs du RN qu’on veut parler, pas au RN. Ils ne doivent pas être stigmatisés, ce ne sont pas des « égarés de la République »… Si ce coup-là, on ne le leur a pas fait cent fois, aux électeurs du RN, on ne leur a jamais fait…

Une « famille politique éclatée » : la preuve par le PLFSS...

Autre ficelle, moins vieille celle-là : le programme économique « d’extrême gauche du RN ». Et là, l’argumentation de Valérie Pécresse ne manque pas de sel – ni de poivre -, puisqu’elle évoque les prises de position du RN au sujet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, oubliant au passage que 18 députés de sa « famille politique »soit plus d’un tiers du groupe LR - ont voté ce PLFSS ! Un vote qui allait ainsi contre les consignes de Laurent Wauquiez qui prônait l’abstention, mais aussi contre celles de Bruno Retailleau qui a qualifié ce PLFSS de « hold-up fiscal ». Pour rappel, le RN a voté contre le PLFSS. C'est effectivement ce qu'on doit appeler une « famille politique éclatée ». Et pas sur des choses anodines, puisqu'il s'agit tout de même d'un budget avoisinant la bagatelle de 700 milliards...

On l'aura compris, « la droite » n’est pas à vendre. Certes. Mais avec des gardiennes d’immeuble telle Valérie Pécresse, et compte tenu de la rapidité à laquelle le bien se déprécie actuellement, on peut se demander s’il se trouvera encore un client pour l’acheter, le jour venu.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

156 commentaires

  1. Le Centre, toujours le Q entre deux chaises, certainement pas mais le droite toutes les droites en touillant bien, » oui! » et vite et ne pas se tromper en 2027, Y’aura du boulot , c’est un euphémisme mais ce sera le seul moyen de redresser la barre et de remettre les églises au milieu des villages.
    Courage, volonté, ténacité et s’il le faut, rigidité faut savoir ce que l’on veut.

  2. V. Pécresse souhaite une alliance avec le centre et plus à gauche (ex-Macronistes). La Présidente de la région Ile-de-France ne fait que nous rappeler ses 4,78 % à la Présidentielle. V. Pécresse à un retard à l’allumage de deux décennies voir plus. » La Droite n’est pas à vende « , phrasé où il faut chercher ce que cette élue comprend en « La Droite »… Les électeurs de droite se sont déjà envolés vers d’autres cieux.

  3. Si Valérie Pecresse a un problème avec la RATP, ou la SNCF peu importe, elle s’adressera donc aux voyageurs de la SNCF, pas à la SNCF !

    • Elle n’a aucun problème, ni avec la RATP, ni avec la SNCF, car elle compte bien en devenir présidente, fortune faite et pour services rendus à la nation. Comme les autres.

  4. Amusante expression !
    Qu’est-ce qu’un politique ? C’est une personne qui ne survit QUE par le nombre de suffrages obtenus au prix des compromissions multiples et calculées… On voudrait nous faire gober qu’ils ne sont pas à vendre ?
    C’est d’un comique !

    • ” La politique est le moyen pour des hommes et femmes sans principes, de diriger des hommes et des femmes sans mémoire”. Voltaire

  5. Si la démagogie était de la monnaie elle serait la femme la plus riche de France …. Voir du monde madame 4% !

  6. pas à vendre encore faudrait-il qu’il y ai quelque chose à vendre, des retardés comme Bertrand Larcher, Wauquiez, Pécresse 28 abstentions et 3 LR ont voté contre le PLFSS, c’est ce qui s’appelle une déroute dans ce qu’on veut appeler une union ils n’arrivent pas $ être d’accord entre eux et pourtant ils sont moins de 60, on se marre.

  7. Certains dirigeants (Pécresse , Bertrand , etc.) n’ont pas encore compris que la majorité l’électorat du LR est plus proche du RN que défunt « arc républicain » .

  8. Les LR sont pas à vendre ? personne ne veut plus les acheter car inexistants. Son avis …on s’en moque, la base en tous cas veut l’union des droites…. point.

  9. Et bien pas alliance alors vous avez perdu d avance les présidentielle et autres.
    Car la gauche vas refaire alliance.

  10. la droite n’est pas à vendre ? dit V. Pécresse, bah çà tombe bien il n’y a pas d’acheteur ! Non mais Mme 5% est toujours aussi nulle, elle n’évolue pas elle regresse !

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