[ÉDITO] Immigration : même le doux Raphaël Glucksmann s’y met. C’est dire…

S'il est élu, Raphaël Glucksmann veut organiser une convention citoyenne sur la question de l'immigration...
Capture d'écran
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Cette fois-ci, c’est promis, juré, croix de bois, croix de fer, si je mens… Tous promettent - sauf Mélenchon, bien entendu -, s’ils sont élus en 2027, qu’ils traiteront la question qui traverse, taraude, tarabuste la société française depuis quatre ou cinq élections présidentielles : l’immigration. Mais ce coup-ci, ça sera pour de vrai, pour de bon, on ne biaisera pas, on n’évitera pas le sujet. Chacun à sa manière : sérieusement, avec pragmatisme, en responsabilité, sans démagogie, dans le respect des valeurs de la République, avec humanité, humanisme, etc.

Dans le camp national, de Marine Le Pen – ou Jordan Bardella – en passant par Éric Zemmour, à Nicolas Dupont-Aignan ou encore Bruno Retailleau, cette question de l’immigration n’est pas une question subsidiaire à dix points dans ce grand concours qu’est l’élection présidentielle. C’est une question centrale. C’est du reste l’ADN du Front national devenu Rassemblement national avec la grande intuition, malheureusement prophétique, de Jean-Marie Le Pen. Tous, donc. Notamment chez les héritiers plus ou moins putatifs, présomptifs, plus ou moins (plutôt moins…) avoués d’Emmanuel Macron, mais aussi au centre gauche, comme on le verra plus loin.

Édouard Philippe « assume ». On demande à voir...

Le sage Édouard Philippe – au passage, héritier aussi d’Alain Juppé… - veut, lui, une immigration « choisie et contrôlée ». C’est génial, personne n’y avait pensé avant. Mais attention, l’ancien Premier ministre ne veut pas remettre en question le « modèle économique et social » et estime qu’« il faut assumer qu’on a besoin d’une immigration, parce qu’on a une population active qui se contracte ». Sur la question du regroupement familial, le maire du Havre ratiocine et voudrait faire accepter une réserve d’interprétation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme imposant le respect de « la vie privée et familiale » de toute personne. En mars dernier, il expliquait qu’« on peut aussi modifier la Constitution pour dire : voilà comment on interprète l’article 8, on a une interprétation différente et on l’assume ». On demande à voir. Ou pas. Interprétation très personnelle de l'auteur de ces lignes : Philippe ne fera rien.

La belle usine à gaz de Gabriel Attal

Le nouveau phoenix Gabriel Attal ne dit pas autre chose. Chez Laurence Ferrari, le 27 avril dernier, même topo que Philippe : « Aujourd'hui, on ne choisit pas notre immigration. » Entre nous, ce n’est pas d’aujourd’hui ; c’est même d’hier et d’avant-hier. Et d’ajouter qu’« il faut qu'on assume, qu'il faut restreindre les autres motifs d'immigration, notamment le regroupement familial, au profit de l'immigration pour le travail ». Assumer, tout de suite, ça fait volontaire, sans complexe. Allez, on va pousser le bouchon, Ca fait presque de droite. Enfin, de droite qui, justement, assume et surtout, peut-être, s’assume. Le quatrième Premier ministre d’Emmanuel Macron propose de « définir les besoins de notre économie en matière d'immigration via les partenaires sociaux ». Les partenaires sociaux ? Y a la CGT, sauf erreur de notre part… Mettons. Et après ? « On transfère ces besoins au Parlement qui votera ensuite des quotas d'immigration par secteur d'activité, peut-être même par métier. » Vous la voyez venir, la construction de cette belle usine à gaz avec, à la clef, la censure du Conseil constitutionnel ?

Et maintenant, l'aimable Raphaël Glucksmann

Et puis, dans cette foire aux idées pour le concours général de 2027, un nouvel exposant (bête de foire ou de concours, on ne sait pas encore) vient de monter son stand flambant neuf. Le doux, l’urbain, l’aimable Raphaël Glucksmann. Qu’a-t-il à nous vendre ? Sur le fond, on ne sait pas trop pour l’instant, mais lui propose – s’il est élu, bien entendu –, sur cette satanée question de l’immigration – attention, accrochez-vous –, une… convention citoyenne ! Longtemps qu’on ne nous l’avait pas faite, celle-là. Et de promettre, comme le rapporte l’AFP : « Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l'assumerons et nous organiserons une convention citoyenne… avec des citoyens tirés au sort, représentatifs, qui seront confrontés aux données démographiques, économiques ou sécuritaires. » On imagine qu'elle sera placée sous l’égide du CESE et de sa nouvelle présidente Claire Thoury... Au passage, vous aurez noté, ici aussi, le verbe « assumer »...

« Données démographiques, économiques, sécuritaires », « immigration choisie et non subie », « immigration de travail », « quotas par métiers », « interprétation de l’article 8 »... Très bien - ou pas -, tout ça, mais, curieusement, un mot ne sort jamais de la bouche de ces belles personnes. Lequel ? « Identité ».

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Il est sûr que le catastrophique problème de l’immigration dans notre pays colle à l’arrière train de tous ces politiques complices qui osent quand même venir nous exposer leurs solutions alors qu’ils sont responsables de cet enfer. Oui, le père Le Pen avait vu juste et il faut lui rendre cette justice que de le reconnaître.

  2. Pourquoi n’ évoque -t-il jamais les chrétiens persécutés que nous pourrions accueillir comme nous l’ avons fait autrefois ? Nous avons accueilli les Arméniens fuyant le génocide de 1915 , les cambodgiens fuyant Pol Pot , les Russes , les Polonais et autres populations slaves fuyant le communisme ; ces chrétiens se sont toujours parfaitement intégrés et ont toujours travaillé ; ils nous ont fait connaître leur magnifique liturgie et nous ont transmis leur anticommunisme viscéral ; certes ils ont pratiqué le communautarisme et c’ est normal car il est difficile d’ apprendre une langue étrangère à l’ âge adulte ;ils ont conservé des traditions culinaires ou vestimentaires mais cela n’ a jamais posé de problème ; je pense à une famille cambodgienne dont les grands-parents sont arrivés en 1975 :les enfants et petits enfants parlent le cambodgien en famille : ils s’ expriment dans un français parfait qui nous fait parfois honte ; ils sont d’ une honnêteté scrupuleuse en tant que chrétiens ; oui les migrants d’ alors étaient vraiment des chances pour la France .

  3. Ce qui pose problème c’est l’immigration musulmane. Stoppons drastiquement l’immigration venant des pays a majorité musulmane et le problème est a peu près réglé. Bienvenue aux vietnamiens, ukrainiens chrétiens etc

  4. Avant les élections, tout ce « petit » monde nous déverse tout ce que la majorité des Français souhaite entendre.
    La ficelle, quoique grosse, ne semble pas inappropriée, soit ces gens sont stupides, ou pire, ils tablent sur la mémoire défaillante du peuple…!

  5. Chacun use de ses propres circonvolutions langagières pour tenter de faire croire au peuple majoritairement hostile à l’immigration, qu’il va s’attaquer à la résolution du problème. Néanmoins la sagesse des nations nous apprend que ceux qui ont créé le problème sont bien incapables de le résoudre ! Alors la seule solution qui pourrait efficace : mettez tous ces incapables hors d’état de nuire en les renvoyant mariner dans sauce fade de leur médiocrité.

  6. « Ma cousine avant ma voisine, la Corrèze avant le Zambèze » disait le Menhir.
    Mais voilà, depuis est venu un impudent pour prétendre que le berceau de la langue française n’était plus la Touraine, mais le bassin du Congo. La marée noire ne se déverse pas que des soutes d’un pétrolier en perdition.

  7. Paroles, paroles, paroles… A gauche, au centre, au milieu du centre, à la gauche du centre, au centre de la droite, à la droite du centre, rien de nouveau ! Pas plus qu’au milieu de la droite !

  8. une convention citoyenne … nooooon ! des décisions, fermes et pragmatiques.GOUVERNER si ce mot a encore un sens.

  9. Cette immigration de masse étant une volonté de l’UE, ils peuvent toujours blablater . C’est facile, pas cher et ça peut rapporter gros

  10. L’immigration, un fonds de commerce pour ceux qui l’on facilité depuis bien des années. Pour relever le defi économie et social de la France, ils portent crédit à leurs détracteurs. Qu’importe aux français de porter leurs erreurs. Vaillant combattants, ils courent pour leur revenu et leur rente. Stop à ces fossoyeurs. Rasons gratis…. Et changeons ces attelages mortifères. A vous de choisir, le choix va être immense, choisissons le bon.

  11. Je n’appréciais pas Mitterrand, ce qui est un euphémisme poli…
    Pourtant j’aimerais être une p’tite souris pour interviewer Tonton, et lui demander ce qu’il pense de Glucksmann (là normalement il y aurait un smiley avec un clin d’œil).
    Qu’on ait apprécié ou pas Mitterrand, ce n’est pas la question, en revanche, ce qui est intéressant c’est le néant dans lequel est tombé le parti socialiste !
    Lamentable !

  12. Critiquer ses adversaires ne peut pas être l’activité politique majeure d’un journal… Raphaël Glucksmann, Thomas Porte, Mélenchon, Raphaël Arnault… Sont des nullités sans intérêt qui n’existent que parce que la presse produit des tonnes d’articles pour les critiquer…

  13. Convention avec des citoyens tirés au sort…imaginons 60 % de venus d’ailleurs…quelle est belle cette idée!

    • Tirés au sort pour définir le sort de la France ! pourquoi ne pas jouer l’avenir de la France à la roulette Russe ?
      Quoique, n’est ce pas déjà le cas lorsqu’on observe notre classe politique !!

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