Le Pr  a 72 ans et des poches sous les yeux (pauvre de lui) qui ne donnent pas l’image d’un homme en pleine santé… Le trop-plein de responsabilités, sans doute.

Depuis quatre ans, maintenant, cet éminent immunologue, spécialiste du VIH, préside le Comité consultatif national d’éthique et, depuis le 11 mars dernier, le Conseil scientifique qui règle nos vies, voire nos destinées.

Dans notre nouvelle église, la parole d’évangile sort de la bouche des médecins qui, peut-être, n’en demandaient pas tant. Le Président Macron a donc remis à son ami – car ils sont amis – les clés du pouvoir. Le Pr Delfraissy est très ouvert aux « avancées sociétales » ; on lui doit l’avis plus que favorable de son comité à l’ouverture de la pour toutes les femmes et au remboursement qui va avec. Tout cela au nom de l’équité, disait-il, en janvier. Parce qu’un enfant, c’est un droit et qu’on ne saurait en priver personne.

En ces premiers jours de mars, le Pr Delfraissy a été, en quelque sorte, sommé d’apporter au Président des réponses fermes et définitives sur un sujet que personne ne maîtrisait pourtant. « Il était impossible de dire des choses en l’air, au doigt mouillé », dira-t-il plus tard, mais trois heures de réflexion auront suffi à nous boucler et mettre l’économie à bas pour des mois, sinon des années. C’est la prédiction mathématique et apocalyptique d’un Britannique – 500.000 morts ! – qui va décider de notre sort. se retranche et se retranchera toujours derrière « les avis des scientifiques » pour mettre le pays totalement à l’arrêt.

La trouille, entretenue 24 heures sur 24 par les médias, a fait le reste. Ordres, contre-ordres, avis au doigt sec ou mouillé… trois mois que dure la valse-hésitation. Et voilà maintenant que le Pr Delfraissy, promu confineur en chef malgré lui, clame à qui veut l’entendre « Laissez-les vivre ! »

Reprenons : partisan d’un confinement strict, le professeur voulait garder les écoles fermées jusqu’en septembre ; a crié au loup – « c’est une décision politique ! », pas médicale – quand nous avons eu une permission de sortie le 11 avril. Aujourd’hui, il veut ouvrir en grand, aérer, en somme. « En clair, il nous explique qu’on est allé trop loin en suivant ses conseils, et il se protège ! », dit, au Point, un conseiller ministériel.

Pourra-t-on, un jour, admettre que les choses évoluent ? Que la vie du virus n’est pas gravée dans le marbre de la CGT avec ses désavantages acquis ?

S’agissant des écoliers, l’étude conduite par le Pr Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l’hôpital de Créteil, montre que les enfants sont très peu transmetteurs du Covid-19. Pour lui, c’est « une maladie d’adultes ». Et de souligner « les effets délétères du confinement sur les publics scolaires (inégalités accrues, décrochage…) ». Effets plus que délétères, également, sur l’économie du pays car on ne voit guère comment les parents pourront repartir au travail si les enfants demeurent à la maison…

Hélas, ce ne sont pas là les seuls drames. Exemple parmi des milliers d’autres, je le crains, deux de mes voisines ont rendu, fin avril, leur âme à Dieu. L’une, handicapée, recevait trois fois par semaine la visite du kinésithérapeute qui lui faisait prendre l’escalier et l’emmenait en promenade autour du pâté de maisons. Plus de kiné, et plus de visites de son fils. Fin de l’histoire.

L’autre, 95 ans et une vitalité stupéfiante, sortait deux fois par jour pour faire ses courses et une promenade jusqu’au port. Jamais d’ascenseur, soit l’équivalent de six étages chaque jour. Fini les sorties, bonjour la phlébite et l’embolie soudaine.

On leur a évité le Covid-19 mais le confinement les a tuées.

À lire aussi

Trop sexy ou pas assez voilée ? Le vigile du supermarché lui interdit l’entrée

Devant tant d’injonctions souvent contradictoires, le citoyen hésite : bikini ou burka ? …