Editoriaux - Politique - Tribune - 27 octobre 2019

Droite : les Larrivé, Aubert, Bellamy, Wauquiez, Morano, Ciotti et Retailleau vont-ils enfin prendre le bon train ?

Élection interne, européennes de 2019 : la droite française est en lambeaux. Elle a, en 25 ans, perdu les grands axes idéologiques qui la structuraient ainsi que les grandes personnalités qui l’incarnaient. Le phénomène se vérifie dans toute l’Europe occidentale.

Il est maintenant temps de savoir où se trouve cette droite et de la regrouper, si l’aile droite de LR est prête à tendre la main à ses cousins égarés et au RN, pour ne pas disparaître.

La vraie droite se retrouve ainsi dispersée :

– les LR tendance gaulliste (défense d’un État fort) et économiquement plutôt libérale ;
– les « souverainistes-conservateurs », d’inspiration catholique, pro-vie, défendant la famille, critiques sur l’Union européenne et l’immigration (Jean-Frédéric Poisson, Paul-Marie Coûteaux, le SIEL, Charles Beigbeder, les Ménard, le CNIP) ;
– les « patriotes-populistes », euroréalistes, anti-immigration (RN).

Sur les grands sujets, nous trouvons un certain nombre de visions communes (famille, identité, géopolitique), ainsi que des combats communs et des personnalités appréciées de part de d’autre (Éric Zemmour, , LMPT).

Cette convergence sur le fond – qu’on pourrait résumer en « pas d’ennemi à droite » – doit désormais supplanter la trop fameuse « union de la droite et du centre ». D’une part car le centre droit est mort (inutile, donc, de lui faire des concessions), d’autre part parce que ce qu’il en reste est parti chez LREM.

Il est donc politiquement contre-productif de ne pas faire l’union de tous ces mouvements. C’est électoralement irrationnel et idéologiquement incongru. Les droites européennes encore debout assument clairement leur positionnement : PiS polonais, ÖVP autrichien, Fidesz hongrois, cartel italien. En rester au vieux schéma « union droite et centre » n’apportera rien, alors qu’il y a tout à gagner (politiquement, électoralement et idéologiquement) à rassembler la vraie droite, les chapelles se complétant harmonieusement : ceux de LR apportent l’expérience gouvernementale et parlementaire, la visibilité médiatique, les autres la rigueur programmatique.

La réalité libérale-conservatrice rattrape de toutes les façons la droite, qu’elle le veuille ou non : Fillon en 2017, Bellamy en 2019, la convention des droites, le débat sur la PMA, etc.

Des embryons de rassemblement ont été lancés, il est maintenant temps que de grandes figures des Républicains suivent le chemin de Mariani afin de briser ce cordon sanitaire établi par la gauche, qui aura fait tant de mal à la droite et surtout à la France. Ce sont les personnalités citées plus haut qui sont sur cette ligne et incarnent (avec d’autres, moins médiatiques) ce qui reste de souffle et de pensée chez LR. À eux d’exploiter ce créneau jusqu’au bout.

LR est à l’agonie, la gauche est morte, LREM montre son vrai visage, les patriotes sont incontournables : il est temps de prendre le train et de passer à l’action.

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