Les fidèles qui se rendaient à la , dimanche matin, à , ont eu la surprise de voir sur les portails et les murs d’au moins sept églises des tags injurieux comme « Sexe anal dans le confessionnal » ou « Pas besoin de papa, le curé me viole déjà ! » Des références à peine voilées à l’actualité : le procès du père Preynat mais aussi à la manifestation anti-PMA organisée à Paris. Les maires de Bordeaux et de Talence, communes visées, ont aussitôt réprouvé ces actes odieux et annoncé qu’ils porteraient plainte.

Le vicaire général du diocèse, le père Samuel Volta, a déclaré que le diocèse était « attristé pour le sens du vivre ensemble » et la communauté catholique « meurtrie par ces comportements, qui sont à l’opposé de la paix que nous recherchons pour notre ville ». Il a remercié les maires concernés pour leur rapidité d’intervention, donnant la liste des églises concernées : il s’agit de Notre-Dame, sur la place Pey-Berland, face à l’hôtel de ville, Saint-Paul, Sainte-Croix, Sainte-Eulalie, Saint-Éloi et la basilique Saint-Seurin, ainsi que Notre-Dame à Talence. Des insultes ont également été inscrites sur l’enceinte d’Albert-le-Grand, situé dans le quartier Saint-Genès, un établissement privé sous contrat de bonne réputation.

Ces lieux ne semblent pas avoir été choisis au hasard. Ceux qui connaissent Bordeaux savent que ces églises ne tombent pas dans les excès du modernisme et sont très fréquentées. Quant à cette école, elle dispense une instruction et une éducation très prisées dans les milieux catholiques. Voilà qui pourrait orienter l’enquête, pour peu que les autorités cherchent vraiment à démasquer les coupables. Ce ne sont pas des personnes incultes, au sortir d’une soirée trop arrosée. Les allusions à l’actualité récente, la recherche d’assonances dans les graffitis font penser à une entreprise préméditée et planifiée.

Mais, à lire leurs productions, on peut présumer que leur capacité de réflexion est altérée par leur sectarisme. Profiter des actes répréhensibles de quelques membres égarés du clergé pour accuser l’Église de pédophilie relève d’une intelligence atrophiée, plus soucieuse d’attaquer le christianisme que de rechercher la vérité. Dénigrer les opposants à la pour toutes traduit un fanatisme invétéré et une intolérance sectaire. Ces actes sont, au mieux, le signe d’un humour déplacé, comme la chanson « Jésus est pédé » sur France Inter, au pire, une manifestation de .

Une fois de plus, des églises sont profanées ou couvertes d’inscriptions injurieuses. Un fait divers parmi d’autres. Si les autorités locales ont réagi, on attend en vain une condamnation du ministre de l’Intérieur, qui est aussi ministre des Cultes. Il semble plus prompt à dénoncer des dégradations commises dans des mosquées que dans des églises catholiques. Que n’eût-on entendu si des lieux de culte musulmans avaient fait l’objet de graffitis odieux ?

20 janvier 2020

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