Quelques jours après la dernière sortie du estimant que la sécurité des migrants devait toujours passer avant la sécurité des autochtones, les brebis décidément bien égarées du Secours catholique du Pas-de-Calais ont décidé qu’il n’était pas digne pour les migrants s’incrustant ou arrivant toujours dans , pourtant maintes fois démantelée, de se laver au robinet. Et de lancer une revigorante “Douche pour tous !”

Comme ils sont mi-mi, tous ces Victor, Vincent, Céline avec leur pancarte sur le ventre, sur laquelle ils ont pris un plaisir évident à écrire “Je viens prendre ma douche à Calais”. Et Léa, comme elle est touchante, avec son joli décolleté, sa croix autour du cou, arborant son bout de pancarte précisant “J’arrive pour une douche”

Vous comprenez, l’affaire, depuis le mois de février, n’avait que trop duré. Ils étaient au bord de l’exaspération, ces bons petits militants catholiques associatifs.

Eh oui, alors que le tribunal administratif, d’abord, puis le Conseil d’État, ensuite, les y obligent, les autorités locales refusent obstinément d’installer des douches pour permettre aux clandestins de se laver “dignement” ! Intolérable ! Voilà donc ces va-t-en-guerre de la douche partis en croisade. Et ils y mettent le paquet ! Et vas-y que je prouve ma solidarité avec les pas bien lavés en me déguisant en Africaine. Que je m’exhibe un gel douche dans une main et une brosse pour les toilettes dans l’autre – le rapport avec la douche ? Que je me photographie non seulement dans une douche mais aussi dans dans la nature, devant le panneau “Le Pas-de-Calais accueille le monde”. Et ils y collent même leurs enfants…

Car bien sûr, il est ridicule de penser que l’opération “Douche pour tous” va créer “un appel d’air” et que les migrants vont venir tout exprès à Calais pour se récurer. Surtout quand ils verront qu’il y a trois gars et une fille à la prendre tous ensemble… Sympa, la douche catholique calaisienne ! Qui sait si ça n’attirerait pas d’autres migrants et ne favoriserait pas les échanges interculturels…

Et, cette opération remportant, paraît-il, un franc succès, le chargé du Secours catholique, Vincent de Coninck, envisage “même un festival de douche en plein air”, voire… “une journée nationale de la douche mobile” ! Remarquez, il existe bien la journée internationale des toilettes… Mais pourquoi « mobile », au fait ? “Ah bah oui, pas fixe, sinon ça attirerait trop de monde, vous pensez bien”.

Euh oui, on pense bien, ou tout au moins on essaie. Et voici ce qu’on pense, en voyant ces militants expliquer qu’ils ont choisi “la dérision” pour faire plier le maire de Calais : en fait, ils pourraient tout aussi bien être ceux de ou de , et, comme ces derniers, on ne les a guère vus se mobiliser quand il fallait défendre les chrétiens d’Orient.

Et là, ce n’était pas une simple affaire de douche, fixe ou mobile, mais une question de vie ou de mort. Il aurait fallu, pour cela, un peu de lucidité et de courage, et d’abord, pour le Secours catholique, celui de revenir en profondeur sur des décennies de tiers-mondisme éhonté et de complaisance coupable envers l’. Mais visiblement, l’heure de l’aggiornamento n’a pas encore sonné pour le Secours catholique. Emporté par sa fuite en avant idéologique, il a choisi la dérision. Et pourtant, sur ces questions, l’heure n’est plus à l’angélisme ni à la dérision.

24 août 2017

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 10 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Corinne Lepage, ex-ministre de l’Écologie : écolo, vraiment ?

Le vice-président de la chambre d'agriculture d'Île-de-France ne s'y trompe pas, qui parle…