« Qu’avons-nous fait, nous, Européens, de notre souveraineté ? » Depuis cette déclamation par sur la colline du Pnyx, à Athènes, en 2017, pas grand-chose.

Le vote sur le rapport parlementaire des marchés publics de , ce jeudi 25 mars à Bruxelles, aura eu le mérite de baisser le rideau sur une pièce mal jouée.

Les araignées des villes n’ont plus peur de la lumière mais certains politiciens ont peur des débats. Les maastrichiens, pour reprendre le mot de Onfray, se sont mis d’accord pour voter vendredi sans débat au sur un sujet pourtant stratégique.

Dans cette pièce sans spectateurs, seul les élus du Rassemblement national et leurs alliés défendaient l’autonomie stratégique de l’. Au final, tous ces amendements affirmant cette préférence pour la production européenne ou locale, la nécessité de protéger nos fournisseurs d’éléments critiques ou regrettant les achats d’armes aux pays non européens ont été rejetés par ces groupes politiques soi-disant pro-européens.

Pourquoi la préférence pour la production locale ou européenne fait-elle peur ? Parce que la moitié ou le tiers des achats d’armements des pays européens proviennent des États-Unis ?

Un exemple : entre 2014 et 2019, la Pologne et la Roumanie ont reçu environ 90 milliards d’euros de Bruxelles. Ce qui leur a permis d’acheter 20 milliards d’euros d’armements américains. Dans le même temps, la contribuait pour près de 40 milliards nets au budget de l’Union européenne.

Pour simplifier, quand la France donne cent euros à la Roumanie et à la Pologne, « par solidarité », ces deux pays achètent pour cinquante euros d’armes américaines.

Alors, comment comprendre que le Parlement « européen » demande « à ceux qui ont une importante industrie de défense de montrer l’exemple ». Les Français devraient montrer l’exemple en achetant leurs armes à l’étranger… À qui ? Aux Roumains qui achètent des missiles américains ? Aux Danois qui achètent des missiles israéliens sans appel d’offres ?

Le collectif Vauban a brillamment décrit les efforts colossaux que la France a consentis aux dépens de son industrie dans La Tribune du 23 mars pour fusionner ses programmes de chars ou d’avion du futur. Il faut, ici, rappeler le contexte explosif des négociations sur l’avion du futur (le SCAF), dont les Allemands essayent de prendre le contrôle aux dépens de Dassault, ou de l’Eurodrone, dont les socialistes allemands refusent qu’il soit armé. Dans cette affaire, notre Président paraît à la remorque. Un cardinal de Richelieu aurait mis les princes allemands et l’Europe en marche pour nous au lieu de l’inverse.

« Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts », disait le . Aujourd’hui, à Bruxelles, les faux « européistes » trahissent l’industrie de Défense française et européenne en silence. Nous sommes les seuls vrais Européens, pour qui défendre et protéger l’Europe est essentiel.

27 mars 2021

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