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Coronavirus - Editoriaux - Santé - Société - 8 avril 2020

Déconfinement : nous ne sommes pas des cancres !

« Nous devons être patients, notre patience sauve des vies », ânonne Olivier Véran, notre nouveau maître d’école, ce mardi 7 avril, au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/BFM TV.

On l’a bien compris, ce ne sont pas les vacances, et pourtant, un air de cour de récréation souffle sur la communication de nos hommes politiques. L’un, de l’Intérieur, nous tape sur les doigts pour notre insouciance, l’autre, de la Santé, nous tance pour notre manque de concentration, et le préfet des études prolonge l’heure de la sieste des Parisiens : interdiction stricte de bouger entre 10 h et 19 h.

Infantilisation et culpabilisation sont les nouveaux ressorts de leçons magistrales répétées chaque jour aux Français. « C’est à chacun de nous, dans notre comportement quotidien, d’être capable de comprendre qu’en restant chez nous, on sauve des vie », insiste Olivier Véran. Les rôles sont attribués, il revient aux Français de sauver la France, sans broncher ni rechigner.

« On réfléchit, on anticipe, on s’adapte, on consulte, on informe en transparence », répond le ministre de la Santé aux questions pressantes d’un Bourdin impatient sur les promesses de déconfinement. Alors que les Français accomplissent l’impossible pour la quatrième semaine consécutive, le député de l’Isère meuble le manque d’actions et la vacuité du pouvoir par des figures rhétoriques d’instituteur dépassé.

Dans la classe de maître Véran, les téléphones sont autorisés, voire encouragés. « Le message à la population, c’est : téléphonez, téléphonez et téléphonez. Vous avez forcément des personnes âgées à domicile [dans votre entourage]. N’hésitez pas à les appeler pour leur demander si elles ont besoin de quelque chose, pour vérifier si elles vont bien, si elles ont le moral. » Encore une façon de nous convaincre que, dans cette guerre contre le coronavirus, le téléphone vaut tous les lance-pierres.

Nous pouvons nous contraindre, nous sacrifier et nous battre comme nous l’avons fait par le passé, mais il revient à notre ministre de la Santé, représentant du bien-être des citoyens, de concevoir que le déconfinement n’est pas un caprice d’enfant indocile mais une question de survie.

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