De quoi gâcher (ou pas) les vacances de Macron : la charge de la dette s’alourdit

Alors que Macron est en vacances au Fort de Brégançon, on apprend que l’État doit compter sur 5,3 milliards d'euros de plus en moins pour le budget de la France !
Robert Guarino, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
Robert Guarino, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

La France est en vacances - pour ceux qui peuvent en prendre -, Emmanuel Macron profite à fond de son dernier été au fort de Brégançon avec madame et Sébastien Lecornu a annoncé qu’il allait dormir avec son téléphone tout le mois d’août à cause des incendies. Est-ce à dire que d’habitude, la République se met en mode avion en période de congés ? La question reste pendante. Quoi qu’il en soit, il est une institution – car c’en est devenu une en France – qui ne connaît pas de vacances, c’est la dette de l’État. Bercy vient en effet de casser l’ambiance estivale en annonçant que le poids de la dette s'était encore aggravé, et ce, à cause de l’augmentation des taux d’intérêt elle-même liée à la reprise de l’inflation en raison de la guerre dans le Golfe.

La dette, bientôt premier poste budgétaire de l’État

Ainsi, sur les six premiers mois de l’année 2026, la charge de la dette s’est élevée à 34,5 milliards d’euros, alors que l’an passé, sur la même période, l’État, par l’intermédiaire de son agence France Trésor, n’avait versé « que » 29,2 milliards à ses créanciers. C’est donc 5,3 milliards de plus en moins pour le budget de la France ! Comme nous l’explique le site officiel Vie publique, la charge de la dette est « l’ensemble des dépenses de l’État consacrées au paiement des intérêts de sa dette ». Seulement les intérêts, pas le « principal », comme on disait au temps de Jean de La Fontaine. Selon les projections de Bercy, cette charge de la dette, qui devait s’élever en 2026 à 78 milliards, pourrait atteindre 124 milliards en 2030. Vertigineux. Le remboursement des intérêts de la dette est donc en passe de devenir le premier poste budgétaire de l’État. Faut-il rappeler que le montant du budget des Armées - poste régalien par excellence - est de 57,1 milliards en 2026 ? Effrayant.

Avec cette nouvelle mauvaise nouvelle, autant dire qu’il faut oublier l’objectif d’un déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), prévu avec le budget 2026. Rappelons qu’à l’automne 2025, au début des discussions sur le PLF, le gouvernement envisageait un déficit de 4,7 %. Il avait, ensuite, dû lâcher du lest pour se concilier les socialistes et éviter la censure au début de l’année… Tout se paie. Et cher.

Intérêt et principal...

Mais pour avoir une idée plus concrète de ce que représente cette valse vertigineuse de milliards en plus ou en moins, plutôt que de parler en pourcentage de PIB - ce qui, finalement, nous parle assez peu, pauvres fourmis que nous sommes face à l’État-cigale -, il n’est pas inutile de reprendre, par exemple, les bilans annuels des deux dernières années avec la colonne des plus et celle des moins. Comme à la maison, si vous voyez ce que l'on veut dire, histoire d'avoir une idée de l’ampleur des dégâts.

Ainsi, en 2024, les dépenses nettes de l’État se sont élevées à 443,413 milliards d’euros alors que les recettes nettes n’ont été que de 289,467 milliards d’euros, soit un solde général négatif de 153,946 milliards d’euros (comptes de gestion établis par la Cour des comptes, page 26). Un montant qui a représenté pas moins de 53,18 % des recettes ! En 2025, les dépenses nettes de l’État se sont élevées à 441,872 milliards d’euros (dont une cinquantaine de milliards rien que pour les intérêts de la dette), alors que les recettes nettes n’ont été que de 318,707 milliards d’euros, soit un solde général négatif de 122,488 milliards d’euros (comptes de gestion établis par la Cour des comptes, page 30). Un montant du déficit qui n’a été « que » de 38,43 % des recettes. Disons que 2025 fut moins pire que 2024…

Maintenant, pour bien comprendre, imaginons une famille de Français moyens qui gagnerait, avec deux salaires et prestations sociales, 50.000 euros nets par an mais dépenserait 70.000 euros. Sur ces 70.000 euros de dépenses, la charge des intérêts de ses emprunts s’élèverait à plus de 8.000 euros (11 % de ses dépenses) ; sauf que dans la vraie vie des gens, comme dans celle des bêtes de La Fontaine, généralement, on doit rembourser en même temps l’intérêt et le principal. Donc, imaginons. La fête prendrait vite fin, bien avant que la bise ne vienne. Qu'Emmanuel Macron et sa dame profitent bien de leurs dernières vacances à Brégançon.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

141 commentaires

  1. Je pense que Macron s’en moque : après lui le déluge.
    Il dépense comme il veut l’argent des Français et organise le savonnage de la planche pour son successeur.

  2. La dette abyssale de notre pays est bien le dernier des soucis du couple ( diabolique) Macron . L’Europe destructrice des nations passe avant tout. La France n’existe plus pour Macron . Il fait le maximum pour détruire le pays dans tous les domaines. C’est bien le seul domaine où il est très performant…

  3. Macron bronzé et fait du jet ski en surfant sur les vagues des incendies, de la dette abyssale, de l’insécurité, de l’immigration massive, de la baisse du pouvoir d’achat etc…bref sur la mer chaotique qu’est devenue la France sous sa houlette . Pour lui il aura fait tout bien, le narcissique autosatisfait, pour le peuple il aura tout détruit. Pouvons nous attendre encore 9 longs mois ?

    • Voilà ce qui arrive lorsqu’on met des saltimbanques au pouvoir (macron et le joueur de piano à queue… par exemple). Les français ne peuvent pas dire qu’ils ne savaient pas. Il n’est pas nécessaire de sortir de Saint Cyr pour voir que c’est un malfaisant.

  4. Bercy vient en effet de casser l’ambiance estivale en annonçant que le poids de la dette s’était encore aggravé et ce, à cause de l’augmentation des taux d’intérêt elle-même liée à la reprise de l’inflation en raison de la guerre dans le Golfe. >>>> NON, à cause d’un abrutis, qui a indexé les OAT sur l’inflation à la demande des banques ! Merci B Lemaire !

  5. Et pendant ce temps YBP veut dépenser 50 millions pour une horreur architecturale et Macron change les vitraux à Notre Dame. A l’étranger, j’ai honte de dire que je suis Français.

  6. Gacher les vacances lse macron ???? C’est mal le connaitre … Il s’en fiche comme de sa première barboteuse.
    Monsieur passe des vacances de rêves (les dernières espérons le aux frais de la princesse) Après qu’il s’en aille en paix cela nous fera des vacances bien méritées à nous tous les Français.

  7. J’ose espérer qu’il n’y a pas de piano à Bregançon… histoire que le fumeux Mozart ne casse pas les oreilles de Brigitte !!!

  8. Le « Mozart de la finance » devait penser que les taux d’intérêt resteraient bas voire négatifs ad vitam æternam. Et que la prime de risque demandée par les prêteurs n’évoluerait jamais avec l’augmentation des sommes empruntées. Ce qui est fou, c’est qu’en faisant « rouler la dette » comme ils disent càd en empruntant pour rembourser les emprunts précédents (autrement dit en faisant de la cavalerie), les nouveaux emprunts faits pour rembourser les anciens sont inévitablement faits à des taux d’intérêt supérieurs à ceux des emprunts qu’ils servent à rembourser (puisqu’on est en période de hausse des taux). Quand on pense qu’il paraît que ceux qui gèrent les finances de ce pays sont de vrais génies et que notre Président fut (c’est ce qui nous a été vendu) le « Mozart de la finance » …. Moi je pense plutôt que ses anciens employeurs ont été très heureux de le voir donner une nouvelle orientation à sa carrière. Pour le moment, ça tient vaille que vaille mais le risque ne me semble pas nul qu’un jour tout s’écroule et que la bulle de la dette souveraine française explose. Et alors, là…., j’ai les pires craintes pour notre système social, dont les retraites, pour le fonctionnement des services publics, qui n’est déjà pas brillant, on en conviendra, etc …. Car le problème est qu’une très grande partie des emprunts ne sert pas à l’investissement (cad à créer de la richesse) mais à financer le fonctionnement quotidien.

    • Une coupe drastique dans les dépenses sociales pendant 10 ans, sortie de l’union européenne, rapprochement avec la Russie (ressources gazières et pétrolières moins chères et plus écologiques, sortie de l’OTAN, fin radicale des relations avec l’Algérie (dénonciation de tous les accords)… ce serait un bon début pour inverser la pente.

  9. Je serais très étonné que cela empêche Macron de dormir. Il considère qu’il a tout bien fait et n’est responsable de rien et de toutes façons, il se moque du sort de la France que toute sa politique visé à détruire et de celui des Français qu’il méprise.

  10. alimenté par une série de chiffres inutiles cet article prend le vent de la Cour des Comptes, il sert d’alibi à l’incurie et l’incompétence du gouvernement et de ses hauts fonctionnaires … le diagnostic clair et sans ambiguité , ainsi que des mesures d’économies , sont donnés par l’IFRAP et sa présidente Agnes Verdier-Molinié … à paraître d’ici peu « Le Casse du siècle » , livre écrit par Sarah Knafo qui connaît parfaitement les rouages de l’état …Ce livre pourrait être un coup de tonnerre

    • Le livre de Sarah Knafo va être un coup de tonnerre c’est certain ! J’espère qu’il sera également un livre programme comme on en écrit lorsqu’on se présente à une élection… :)

  11. J’ignore si « la repiblique se met en mode avion: » ,mais vu que son freluquet de president y est quasiment en permanence,en avion pas etonnant que nos finances , ne l’intéressent pas plus que ça…

  12. Supposons que je sois complotiste donc que j’imagine qu’il existe des responsables politiques qui complotent contre leur peuple.
    Le décor étant planté, je vous livre mon hypothèse personnelle.
    Le gouvernement ne fera rien pour réduire la dette avant 2027 car il a compris que le RN va gagner les élections. Le nouveau gouvernement n’aura d’autre choix que de redresser les comptes publics surtout que la Cour de Comptes d’Amélie ne lui pardonnera rien.
    Il fera forcément des mécontents, les syndicats, les partis de gauche et les médias publics feront le reste et le pays sera ingouvernable.
    Cela s’appelle la politique du pire et il faut être un cerveau malade comme moi pour imaginer un tel cynisme de la part de ceux qui considèrent que seule leur gamelle est sacrée.

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