Editoriaux - Politique - 18 février 2019

Dati veut rassembler la droite à Paris : crédibilité zéro !

Dans une tribune publiée, dimanche dernier, dans le JDD, Rachida Dati, qui court parallèlement la course aux élections européennes, entend rassembler la droite aux municipales et la décomplexer.

Le premier et principal problème auquel elle se heurte est l’incohérence de son discours.

Car que dit-elle en préambule de son article ? “Ce que l’on peut reprocher à la municipalité (parisienne) actuelle, c’est la méthode davantage que les objectifs.”

Eh bien, non ! C’est précisément le fond du discours et de l’action d’Hidalgo qui plombe Paris. Le fait de traiter les problèmes d’aménagement et de circulation de la capitale de la France comme s’il s’agissait d’un village provençal est le cœur des difficultés auxquelles les Parisiens sont confrontés. La soi-disant évaporation du trafic que la politique de réduction de la chaussée devait entraîner ne se produit pas. Paris est au cœur d’une métropole radio-concentrique de onze millions d’habitants. De très nombreuses personnes sont obligées d’y venir pour prendre un train afin de se rendre dans toute l’Europe ou à un aéroport. Les motivations pour venir et se déplacer à Paris sont puissantes et persistantes, et ce n’est pas le réseau de transports en commun vieillissant, saturé et inadapté qui permet d’y faire face.

Aimer Paris propose qu’un nouveau réseau de tunnels autoroutiers vienne désengorger la capitale et permette de créer de vraies zones piétonnes, mais en respectant la logique : d’abord une alternative offerte aux automobilistes et, ensuite seulement, la restriction de la circulation à la surface.

Même chose en matière de logement : c’est le principe même du logement clientéliste dit social qui est contre-productif. Les préemptions de la ville sont la première cause de la montée du prix de l’immobilier.

Ou encore sur la gestion des services et la fiscalité : il ne faut pas hésiter à privatiser le service du balayage pour en obtenir de meilleurs résultats. Il convient, également, de se fixer des objectifs ambitieux de réduction du taux d’imposition et de non-remplacement de tous les fonctionnaires de la ville partant à la retraite avec redéploiement des effectifs là où ils sont nécessaires et non dans la mauvaise graisse des services de com’.

De même, il ne faut pas se contenter d’incantations contre l’immigration clandestine mais clairement dire que la ville cessera de subventionner toutes les associations vampires qui entretiennent le problème.

Bref, mis à part remplacer Hidalgo par elle-même pour faire la même politique, Rachida Dati n’a pas grand-chose à avancer. Et son équipée sera d’autant plus difficile qu’une partie des élus de « droite », à Paris, continue de loucher vers Macron en soutenant du bout des lèvres la candidature hautement ambiguë d’un Bournazel qui a passé son temps à voter l’essentiel des mesures d’Hidalgo ces dernières années.

En 2020, il faut ouvrir une vraie et grande alternative à Hidalgo, Griveaux et assimilés qui n’ont d’autre objectif que de poursuivre la politique qui conduit Paris au déclin et à la dégradation de son environnement.

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