Cyberattaque à Beauvau : « On entre dans les fichiers régaliens comme dans un moulin »
C’est un mystère qui reste entier, mais dont on devine déjà l’ampleur des conséquences sur le ministère de l’Intérieur. Dans la tempête provoquée par la cyberattaque qui a visé la Place Beauvau, son locataire, Laurent Nuñez, s’est exprimé, ce mercredi 17 décembre, sur France Info, pour confirmer « une intrusion malveillante, il y a quelques jours », au sein des services informatiques du ministère. Quelques dizaines de fichiers confidentiels exfiltrés, selon lui, un accès aux services de messagerie et des consultations de fichiers du traitement d’antécédents judiciaires (TAJ) et de celui des personnes recherchées (FPR) : il n’en fallait pas plus pour jeter le trouble sur ce qui pourrait bien devenir un scandale d’État.
Un piratage au ministère de l'Intérieur ➡️ "L'enquête est d'abord judiciaire pour essayer de retrouver très vite l'auteur. [...] On sait qu'il y a eu des compromissions, dont on ne connaît pas l'ampleur", dit Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur pic.twitter.com/eGqHp3MQYl
— franceinfo (@franceinfo) December 17, 2025
Une cybersécurité laissée à l’abandon
Une situation rendue possible, analyse le criminologue Xavier Raufer auprès de BV, par une succession de choix ayant conduit à l’abandon progressif de la cybersécurité en France. Et ce, alors même qu’un « exercice de crise de grande ampleur », baptisé REMPART25, avait été organisé, en septembre, par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) « pour faire monter d’un niveau la résilience cyber de la France », selon la communication gouvernementale. Mille entreprises et entités publiques avaient alors été invitées à « se confronter aux impacts fulgurants d’une crise d’origine cyber », autour d’un scénario unique conçu pour l’occasion.
Des exercices qui n’ont visiblement pas suffi à préparer le ministère de l’Intérieur aux conséquences que l’expert estime dues à plusieurs années de « numérisations massives » menées « à la hâte » dans de larges pans de l’administration et exécutées « avec des moyens insuffisants, notamment en matière de sécurité ». Une numérisation présentée comme source d’économies substantielles en réduisant le recours aux agents chargés des dossiers papier, mais réalisée, selon Xavier Raufer, au détriment de la rigueur nécessaire en matière de protection des données.
Des fichiers sensibles potentiellement compromis
Depuis la révélation du piratage, un groupe actif sur un espace de discussion fréquemment utilisé par les cybercriminels a revendiqué l’attaque, a indiqué Le Figaro, affirmant détenir les données de plus de 16 millions d’individus après avoir « compromis les fichiers de la police ». « Soit le ministère de l’Intérieur ne sait vraiment pas ce qui lui a été volé, et ce n’est pas glorieux, soit il nous ment, tellement c’est énorme. Dans les deux cas, c’est extrêmement dommageable : on entre dans les fichiers des ministères régaliens à peu près comme dans un moulin », déplore le criminologue.
S’agissant du traitement d’antécédents judiciaires, si la détention de ces données est confirmée, l’atteinte serait majeure, poursuit-il. « Si jamais des bandits achètent ces données aux pirates, ils savent exactement ce que le gouvernement sait sur eux. C’est ennuyeux : ils peuvent mieux se préparer aux activités de la police. » Une fuite qui viendrait balayer l’avance dont disposaient jusqu’ici les autorités sur les criminels et délinquants, comparée par l’expert à une « épée de Damoclès ».
Même inquiétude pour le fichier des personnes recherchées. Xavier Raufer raconte avoir déjà eu affaire à des individus hésitant à rentrer en France, craignant d’être arrêtés sans savoir s’ils faisaient l’objet de recherches. « Avec une fuite comme celle-là, si elle est confirmée, ils pourront se régaler », tranche-t-il.
Une incertitude lourde de conséquences
Quelle que soit l’ampleur réelle des dommages, et même si le groupe à l’origine de l’attaque affirme vouloir entrer en négociation avec la France, l’intention des pirates demeure inconnue. Les données ont-elles seulement été volées ? D’autres ont-elles été altérées ou détruites ? Une rançon sera-t-elle exigée ? Si Laurent Nuñez a écarté cette dernière hypothèse, « dans tous les cas, le ministère de l’Intérieur doit agir comme si l’irréparable avait été commis, car tant que l’on ne sait rien, on est obligé d’envisager le scénario le plus grave », estime Xavier Raufer.
Une chose demeure certaine : la Place Beauvau ne sortira pas indemne de cet épisode.
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62 commentaires
La France n’était déjà plus bien vaillante, avec Macon elle devient un pays du tiers monde… et les Français ne disent rien, ne font rien. Ils se contentent de pleurer… mais il vont à la pêche les jours d’élections…
J’aime beaucoup Xavier Raufer.
Combien d’étrangers infiltrés dans les sphères de l’Etat ?
La DZ mafia aussi ?
Nous sommes en guerre avec Poutine, ah bon !
On ne contrôle pas les fenêtres du Musée du Louvres, ni la fraude sociale, ni nos frontières, ni nos informations stratégiques. Ce pays est dirigé par une bande de profiteurs irresponsables. Il faut balayer tout cela.
Comment ? Les balayer comment ? Ils tiennent tout. Madame Van der Leyen en tête.
Braderie ouverte jusq en 2027 La France est soldée et les petits hommes gris se remplissent les poches
Hélas il n’y a aucune raison pour que ça s’améliore après 2027…les miracles sont très rares…ce pays prend l’eau de toutes parts
C’est même bradé !
On se croirait en Ukraine.
minable. Une nouvelle fois à cause de l’impéritie de ce gouvernement et de ses prédécesseurs, à cause d’économies de bouts de chandelles…on se retrouve avec une main devant une main derrière et les yeux pour pleurer. ces politicards , responsables, entièrement responsables de cette gabegie ne seront évidemment pas sanctionnes…..à force de vouloir economiser, on en arrive à preter le flanc à ce genre d’attaque. entre parenthèse, on passee une nouvelle fois pour des guignols et des incapables….les truands doivent être morts de rire
A force de donner notre argent aux quatre vents sur la planète, on n’a plus les moyens de payer nos cracks français en cyber sécurité. Du coup les pays intelligents les ont récupéré et nous on continue à se faire piétiner! Macron lui pendant ce temps là applaudi son génie.
Le Louvre, Beaux Veaux ça entre de partout…A quand l’Elysée?
Pour l’Élysée ce serait top qu’ils kidnappent le locataire.
Ce serait un cadeau pour Noel magnifique !!!
A quand l’Elysée?
#
Pas la peine, le poisson pourrit par la tête!
Très bientôt avec le lisier des paysans.
Nos ministères seraient-ils infiltrés ? Dans tous les cas c’est très inquiétant.
Il faut supprimer, comme dans beaucoup de pays, la double nationalité. Et ceux qui en bénéficient ne doivent en aucun cas pouvoir rentrer dans l’administration, quel qu’elle soit.
Consternant, affligeant de voir ça. Le Ministère de l’intérieur détient des fiches sur tout le monde et se vol peut de donner peut avoir de graves conséquences, Faisons une moyenne, même si les moyennes ne veulent rien dire, entre des dizaines et 16 millions ont peut au moins tabler sur énormément de fichiers confidentiels volés et dans la main dont on ne sais qui , ça n’a pas l’air d’émouvoir nunez.
« Quelques dizaines de fichiers confidentiels exfiltrés ». Il n’y a pas que les frontières qui sont des passoires.
« Tassin » a fait un « conseil de guerre » en commençant par :
« SI j’tenais l’con qu’a fait sauter les codes ! … »
Et c’est ces mecs là qui sont « déterminés à garantir la souveraineté de la france » …
Il l’a dit CHIRAC : « Putain encore presque 2 ans … Ca va être long ! … »
On entre bien en France comme dans un moulin, pourquoi pas dans les fichiers régaliens.
Des « petits bras » !
Un hackeur de 22 ans a Limoges a été arrêté .
L’authentification a 2 étages a pas été systématique
A « beau veaux », ils se sont TOUS fait la même réflexion : « DANS quel état j’ère ! … »
Excellent !