Derrière l’inénarrable et l’emblématique pour ne citer qu’elles, l’extrémisme féminin s’est engagé dans une croisade contre les . Nouvelle illustration de la technique d’Ulysse et de son cheval de Troie. La cause est juste. Que dire du combat et de ses arrière-pensées ?

Située dans le contexte historique du combat pour la libération sexuelle et de la femme cette campagne me fait penser à la phrase bien connue de Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »… Tant il est vrai que la violence fait son nid dans le sexe libéré de l’amour, dans la pornographie et dans les ruptures provoquées par l’instabilité grandissante des couples.

Au-delà de ce paradoxe, je suis inquiet par les revendications qui l’accompagnent. Le combat contre les violences conjugales justifie-t-il de remettre en cause notre état de droit ?

Tout se passe comme si la douleur des victimes disait tout des fautes commises à leur endroit et justifiait une solution judiciaire extrême, voire intégriste pour ne pas dire d’exception.

Nous vivons une époque qui choisit ses horreurs et les extrémise au point que rien ne devrait permettre qu’elles soient impunies. Les délais de prescription doivent être repoussés si ce n’est écartés. Les mesures de police doivent être absolues et sans faille. Les procédures ne devraient pas permettre la mise en œuvre de la présomption d’innocence dont certains n’hésiteront pas à demander qu’elle soit renversée. D’autres, souvent les mêmes, réclament la levée du secret médical, etc…

Nous nous apprêtons à sortir de l’état de droit, à revenir sur les droits de la défense, et même sur certains droits des victimes au nom d’un combat à ce point idéalisé et extrémisé qu’il justifie toutes les dérogations à des principes pourtant aussi vieux que la vie en société civilisée.

Nous n’aurons rien à gagner d’un tel système judiciaire, les victimes les premières. L’horreur justifie que la sanction soit adaptée – je parle de la peine pénale – mais pas que l’on s’affranchisse de principes fondamentaux et de règles de preuve comme de procédure qui doivent continuer de bénéficier à tout accusé ou prévenu. Admettre le contraire reviendrait à céder à la passion et à basculer dans un système de non- droit.

Non contente de poursuivre des objectifs qui sont à l’origine du phénomène qu’elle combat cette croisade pour une cause juste pourrait nous entraîner sur la pente glissante de l’arbitraire et des injustices. Qu’auront à y gagner les victimes des violences conjugales qui ne sont ni actrices, ni ministres, ni journalistes ?

 

Le blog de Bernard Hawadier

 

 

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