Editoriaux - Histoire - Livres - Politique - Sciences - 4 août 2017

Le Crépuscule des idoles progressistes (6) : Un peuple et ses mœurs

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Durant le mois d’août, Boulevard Voltaire fait découvrir à ses lecteurs un livre récent que la rédaction a apprécié. Chaque jour, un nouvel extrait est publié. Cette semaine, Le Crépuscule des idoles progressistes, de Bérénice Levet.

Il entre dans la résistance au multiculturalisme, à la transformation de la France en une mosaïque de communautés accolées les unes aux autres, la conscience vive qu’un corps politique ne se fonde pas uniquement sur la reconnaissance de droits et de règles de coexistence. […]

“Un peuple, disait Montesquieu, connaît, aime et défend toujours plus ses mœurs que ses lois.” Parce que celles-ci sont abstraites quand les autres relèvent de l’expérience sensible, immédiate, concrète. Les coutumes, les habitudes, les usages sont l’âme d’une nation, comme sa langue, comme son histoire, comme sa littérature. Ils sont un ciment, une sorte de loi non écrite à laquelle chacun implicitement souscrit. Ils font signe vers une morale collective tacite.

Un peuple est une réalité sensible, un ordre symbolique qui s’incarne dans des manières de faire, des usages établis, des us et coutumes. Il ne saurait donc assister passivement à sa dissolution et ne peut admettre l’arrivée de populations étrangères que si elles s’emploient à se fondre dans le creuset national. Le devoir d’assimilation a son fondement dans le droit des peuples à la continuité historique.

L’“imitation” des codes, selon le concept et l’analyse du sociologue Gabriel Tarde, est le premier marqueur d’attachement à la nation dans laquelle on entre. Dans Situation de la France, Pierre Manent explique que nous ne pouvons rien exiger aujourd’hui des musulmans, notamment en matière de visibilité, de mœurs, parce que nous n’avons rien exigé lors des premières vagues d’immigration. Mais c’est oublier, ce que rappelle Christophe Guilluy, que les Français étaient suffisamment assurés d’eux-mêmes pour faire figure de référents aux yeux des nouveaux venus. La France n’avait pas besoin de formuler explicitement les codes auxquels ceux qui arrivaient devaient se plier dans l’espace public pour obtenir l’acculturation. Il faut attendre la fin des années 1970, le début de la décennie 1980 pour que ce statut se perde. L’assimilation se meurt d’une France qui ne s’aime plus. Il ne s’agit pas de s’aimer comme supérieure aux autres nations, mais comme une des versions, une des incarnations possibles de l’humanité.

Un peuple doit sans crainte refuser toute manifestation de sécession d’avec la communauté nationale. Qu’on le veuille ou non, le port du voile, les pantalons trois quarts et la longue barbe pour les hommes en sont des marques. Ce n’est pas élucubrations, fantasme, frilosité que de les interpréter ainsi.[…]

Les petits arrangements que nous signons avec les revendications communautaires mènent tout droit à la soumission finale, tout comme la politique à la Justin Trudeau des “accommodements raisonnables”.

Si la France était tout entière à l’image des étudiants de Sciences Po qui organisèrent le “Hijab day” ou des journalistes et intellectuels qui n’ont d’autres mots à leur vocabulaire que l’ouverture à l’autre, l’accueil de l’autre, la richesse de l’autre dans l’indifférence parfaite à notre identité héritée et à sa continuité, alors le scénario envisagé par Michel Houellebecq ne relèverait en rien du roman d’anticipation.

Mais la France se rebelle. Et nous avons tenté de fonder la légitimité de cette rébellion.

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