Commenter, c’est quelquefois penser contre soi-même. C’est un exercice délicat mais aussi un défi stimulant auquel j’ai décidé de me prêter pour comprendre la Mélenchonmania qui sévissait actuellement.

Jean-Luc Mélenchon est un tribun, c’est enfoncer une porte ouverte que de le dire. Il fait partie de ces hommes politiques rares avec lesquels nous pouvons être en total désaccord mais qui en imposent dès qu’ils ouvrent la bouche. Jean-Marie Le Pen, Georges Marchais ou encore Philippe de Villiers l’ont été avant lui, faisant partie de ces hommes capables de manier notre verbe avec une aisance folle. C’est encore plus fascinant quand on compare ses prestations à celles d’un Emmanuel Macron au discours d’un vide intersidéral ou celles d’une un peu trop facilement acculée ces derniers temps.

Comment diable ce trotskiste peut-il tutoyer les favoris des sondages dans la course en tête à la présidentielle ? Pour moi, c’est d’une évidence absolue : le leader de la France insoumise se droitise.

Derrière cette provocation facile, qui ferait sans doute entrer l’intéressé dans une de ces colères noires dont il a le secret, si je la lui assenais en face, il y a pourtant une vérité qui me semble indiscutable : le Jean-Luc Mélenchon cuvée 2017 n’a plus grand-chose à voir avec le Mélenchon 2012. Habilement, le candidat s’est libéré de ces boulets qui le marginalisaient. Il s’est écarté de cette étiquette d’islamophile qui lui collait à la peau au travers des nombreux mouvements de soutien pour le moins ambigus, comme les marches pro-palestiniennes qui servaient en fait d’arrière-boutique à des excités de la charia et où les «  aux juifs » qu’on faisait semblant de ne pas entendre étaient monnaie courante.

Car, paradoxalement, Jean-Luc Mélenchon est sans doute l’un des rares candidats à vraiment aimer la France. Il aime ses mots, sa culture et son histoire. Il est, d’ailleurs, plus à sur ce point que Macron ou Bayrou qui, eux, ne reconnaissent pas de culture française. Il est plus patriote également, c’est incontestable. Le seul point où Jean-Luc Mélenchon se trompe encore, et c’est celui qui fait toute la différence entre un présidentiable et un présidentiel (au niveau des votes, j’entends), c’est qu’il n’a pas compris que pour protéger cette France qu’il aime tant, comme nous, il se doit de sanctuariser ce qui a fait sa grandeur.

Comment faire comprendre à l’ouvrier qu’il va sauvegarder son emploi ou améliorer ses conditions de vie s’il ne s’attaque pas au même moment un peu à l’ clandestine ? On peut me répondre qu’il s’agit là d’opposer des hommes, et je comprends parfaitement que l’immigré ait le droit de venir tenter sa chance, mais ce discours reste inaudible à de tels niveaux de chômage, de déficits et d’insécurité.

Un autre argument que l’on m’opposera est que l’ami Jean-Luc perdrait sur sa gauche en se droitisant davantage. Il n’en est rien et la démonstration est faite sous nos yeux et s’appelle Hamon. Le rescapé du PS représente, justement, ce qu’il reste de cette extrême gauche dépassée, islamophile, rêveuse béate, révolutionnaire des bacs à sable. La drague effrénée du vote communautariste ne prend plus et Mélenchon en est bien conscient en disant que la religion, ça suffit.

Je terminerai en allant encore plus loin : en abandonnant ce qu’il reste de folklore et en entrant de plain-pied en résonance avec ce qu’attend la majorité des Français aujourd’hui, il ne serait pas loin d’être élu dès le premier tour, tant sa force de conviction surclasse largement celle de ses adversaires.

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7 avril 2017

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