Alors que la campagne de vaccination bat son plein avec, espérons-le, des résultats positifs, les recherches sur les traitements curatifs marquent le pas, et à part ceux proposés par l’industrie pharmaceutique pour promouvoir des médicaments hors de prix comme le remdesivir, ils ne sont pas favorisés par les autorités.

Passons sur les polémiques qui ont eu lieu à propos de l’usage de l’hydroxychloroquine et de l’ivermectine, alors que leurs utilisateurs estiment qu’il s’agit d’aides précieuses pour éviter une aggravation de la maladie, tout comme sur l’usage des antibiotiques (et des corticoïdes) que la Direction générale de la santé, dans un avis du 18 mai 2020, déconseillait formellement d’employer. Rappelons aussi que les autorités de ne recommandent que le paracétamol comme traitement du Covid (en attendant que le sujet s’étouffe pour l’envoyer en réanimation). Heureusement, de nombreux médecins n’ont pas tenu compte de ces avis et ont utilisé les médicaments qu’ils avaient à leur disposition pour traiter les patients atteints du Covid-19 avec, selon leurs dires (et leur parole vaut au moins autant que celle des professeurs parisiens qui hantent les studios de télévision), des résultats très satisfaisants.

Certes, on peut traiter les médecins généralistes d’ignares et de charlatans, mais il sera plus difficile de faire les mêmes reproches à l‘Institut Pasteur de Lille qui, en octobre 2020, annonçait avoir peut-être trouvé un médicament anti-Covid. Il ne s’agit pas d’un nouveau produit mais d’une molécule déjà bien connue, le clofoctol, apparentée à la des antibiotiques et commercialisée dans les années 80 jusqu’en 2005 sous le nom de Octofene. Ce n’était pas un antibiotique très performant sur les infections bactériennes mais l’Institut Pasteur qui l’a testé (comme des centaines d’autres molécules) sur le coronavirus a montré son efficacité in vitro pour inhiber la réplication du virus. Ce médicament  a déjà eu une autorisation de mise sur le marché et il ne reste plus qu’à effectuer des essais cliniques en double aveugle pour vérifier son efficacité chez les patients atteints du Covid.

Tout cela semblait simple ; trop, peut-être. L’institut Pasteur de Lille a donc fait une demande auprès des autorités compétentes pour entamer rapidement des essais. Mais le comité du ministère de la Santé (le CAPNET) chargé d’instruire le dossier, comme l’a révélé La Voix du Nord, le 10 février 2021, a décidé de ralentir considérablement le processus d’homologation de ce programme en lui refusant le statut de priorité nationale !

Décision totalement incompréhensible pour un vieux médicament qui a déjà fait la preuve de sa tolérance et de sa toxicité et dont on ne cherche simplement qu’à établir son intérêt dans une nouvelle application thérapeutique.

Il faut savoir également que l’Institut Pasteur de Lille et Apteeus (start-up associée à ces recherches) ont dû faire appel à des financements privés sous forme de mécénat pour continuer les études et le budget n’a pu être bouclé que grâce à l’intervention de LVMH, qui a versé 5 millions d’euros pour que continuent ces recherches.

Pourquoi tant de mauvaise volonté pour favoriser l’étude de médicaments qui, sans être la panacée absolue, peuvent se révéler d’une grande utilité pour traiter le Covid et éviter les évolutions vers des formes graves qui nécessitent la réanimation ?

Il ne s’agit en aucun cas d’interférer dans la campagne de vaccination en annonçant qu’il existe des traitements pour traiter le Covid, mais l’un n’empêche pas l’autre. Il existe de nombreuses maladies que l’on peut traiter mais pour lesquelles on utilise aussi un vaccin !

Cependant, il faut noter que les utilisés aujourd’hui pour lutter contre le coronavirus sont tous encore à des stades expérimentaux et qu’ils n’ont eu une autorisation de mise sur le marché à titre exceptionnel que parce qu’il n’existait pas de traitement contre le Covid.

29 juin 2021

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