Frank Riester connaît, aujourd’hui, sa semaine de gloire. Déjà, on sait désormais qu’il existe, ce qui est toujours un bon point pour lui.

En effet, après le règne de Jack Lang, comment se faire un nom au ministère de la Culture ? Avant lui, il y avait Françoise Nyssen, autrement plus capée que lui puisque patronne des Éditions Actes Sud, qui ne publient pas que de la drouille, mais un brin emberlificotée dans une vilaine histoire de « conflit d’intérêts » l’ayant obligée à céder son fauteuil au Frank Riester en question.

De lui, il n’y a guère à raconter. Il est maire de Coulommiers, fort jolie ville au demeurant. Il a fait une école de commerce, la voie royale, avec Sciences Po, de toutes les cervelles molles de centre gauche ayant vocation à nous gouverner. Il est ensuite cadre de l’UMP, puis de LR. Plus « rock and roll », on ne fait pas.

Petit frisson de transgression : il est l’un des premiers députés de « droite » à faire état de son homosexualité. C’est donc très logiquement qu’il soutient ensuite Emmanuel Macron et la PMA pour tous et toutes. En attendant la GPA pour toutes et tous.

Cela n’étant évidemment pas suffisant pour subsister - d’un point de vue médiatique, s’entend -, il se mêle du dernier palmarès des César™. Ce qui lui vaut d’être sévèrement recadré par Jean-Michel Blanquer, son homologue à l’Éducation nationale : « Il ne faut pas confondre ce qui est du domaine de l’œuvre et ce qui est du domaine de la personne. » Vieux débat s’il en est, du genre « Peut-on rire de tout, mais pas avec n’importe qui ? » Ces gens, ce n’est certes pas l’imagination qui les tuera.

Après, que fait ce pauvre Riester dans ce boutre ? Là où les lobbies féministes sont en embuscade - haro sur le mâle blanc et hétérosexuel - mais où d’autres réseaux sont également à l’œuvre. Ainsi, l’avocat Gilles-William Goldnadel, dans Le Figaro : « Le mauvais signal, c’est lorsqu’un ministre suit docilement le courant démagogique descendant. Celui de l’obsession racialiste, des a priori sexistes, de la chasse à l’homme blanc, de la vocifération des médiocres, du double standard et des modes intellectuelles abêtissantes et abaissantes qui nous viennent des universités américaines en voie de fascisation accélérée. »

Il est vrai que du lynchage d’un Roman Polanski à Woody Allen, voilà qui peut donner une éventuelle coloration d’antisémitisme, tant larvé que présumé, à cette affaire. L’antiracisme de progrès, combiné à un féminisme d’avant-garde, est décidément un mélange des plus détonants.

Frank Riester, ou le cul entre deux chaises ? La fesse de gauche sur le siège de droite et inversement ? Entre les deux, l’infortuné se débat. Il veut faire du Blanquer mais semble à la peine en cet exercice ; on n’apprend pas tout dans les grandes écoles : « C’est très compliqué, cette question de Roman Polanski et du film J’accuse. […] On ne doit pas faire un mélange entre les œuvres et les artistes - en tout cas les hommes qui sont des artistes - parce qu’une œuvre doit être protégée. Je suis le garant de la liberté de création et de l’accès libre aux œuvres de l’art et de l’esprit. »

C’est « très compliqué », comme il dit, mais c’est beau. On n’y pige à peu près que pouic, mais c’est très beau.

Heureusement pour Frank Riester, il vient d’être diagnostiqué « positif » au coronavirus. Il y a donc du mieux, quelque chose de « positif » ayant été décelé en sa personne. Toujours plus fort, on sait désormais que, même si dispensé du traditionnel Conseil des ministres du mercredi, il devrait œuvrer de chez lui, par télétravail. Et voilà qu’en plus, on nous apprend qu’il travaille !

Semaine faste, tel qu’écrit plus haut…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 19/03/2020 à 10:54.

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10 mars 2020 à 19:50

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